13 septembre 2009

Un iMessage

Ce blogue est maintenant un iBlogue, écrit par un iChaouin ou un iMagoua, c'est selon. Ce sera mon gros cadeau d'anniversaire et de rentrée. Un iMac où je me perds encore un peu dans le grand écran 24 pouces, avec un tout petit clavier sans chiffres que j'aime beaucoup, même si je sens que ça va me prendre pas mal de temps à me faire à la norme du clavier (je tape plutôt sur des machines à clavier canadien anglais, ce qui finit par faire plein de àa ou de èe ).

Ce qu'il a de bien d'un Mac, c'est la simplicité. On le sort de la boite, on le branche et il marche. Encore faut-il se souvenir que la barre de menus n'est plus dans les fenêtres mais en haut, ce qui m'a pris trois heures et plein de clics droit sans effet. Et mille autres choses à paramétrer parce que c'est pas par défaut, que Safari n'est pas Firefox etc. Et ma vielle expérience maqueuse est inutile. Mon vieux Mac, qui marchait encore l'an dernier, était sous le système 6. Un clone de son boitier de Mac 128 est d'ailleurs en vitrine à la section arts décoratifs du Musée des Beaux-Arts de Montréal.

Depuis, il y a eu pour moi Windows 95, 97, 2000, NT et XP. Chez Mac on a cassé la série noire des systèmes 7-8-9 en rebaptisant le 10 sous X et sa cohorte de félins. Je suis sous le signe du léopard, on m'a aussi donné celui des neiges mais il les attendra sagement avant que je ne l'installe, mettons que j'ai plein de trucs à réapprendre avant. Un ami me disait que ce sera facile de me faire au mac, il est tellement intuitif. Sans doute. Si ce n'était de mon premier Mac en 1985, je n'aurais jamais aimé les ordis tellement les terminaux et le système de de l'université étaient rébarbatifs et geek friendly.

Cela dit, tout nouvel ordinateur n'est pas intuitif. Ne serait-ce que par les mille habitudes à changer et les plus de 20 ans passés sur ces machines je suis disons déviargé de l'intuition informatique qui de toutes façons m'a toujours semblé être une illusion de geek. Mais quand même, un Mac c'est bien pensé, bien designé. Juste l'idée de faire des tits dessins sur les touches F m'a permis de découvrir à quoi elles servent, ce que je n'ai pas eu le temps de comprendre en 15 ans de windows.

Mais bon me voici donc au volant d'une excellente machine, dans un nouveau bureau que j'aménage tranquillement dans un des chambres que je louais, nouvel espace qui va me faire du bien. J'habite mieux ma maison.

Me reste juste à savoir à quoi sert le iPod Touch qui venait gratuitement avec l'ordi.

24 août 2009

à votre santé !

D'ordinaire, il y a toujours un son de fontaine au jardin mais la pompe est en panne. Je suis devant mon mini portable en ce soir d'anniversaire. Je regarde les couleurs des fleurs changer avec le couchant. J'écoute de la musique que j'aime et je pense à tous ces amis de blogues que je lis ou qui me lisent. Et je les remercie d'être ce qu'ils sont.



Santé tout le monde !

22 août 2009

8 juillet 2009

Quelques brèves

Rien à dire sur Michael Jackson, à part que a) jamais tellement aimé, même si ses tounes étaient accrocheuses, elle avaient le défaut d’être trop savamment marquetées à mon goût b) les grands médias se sont surpassés dans la couverture mur a mur d’un événement complètement insignifiant. Et après on s’inquiète du déclin de la grande presse.

Vous pensiez que la crise est en train de se résorber ? Si les bourses se sont un peu remplumées, les chômeurs américains sont toujours plus nombreux et les emplois très rares. Pour mémoire, souvenez-vous qu’en général l’assurance-chômage n’y est disponible que six mois. On s’en reparlera cet automne.

J’aime bien Jean-Claude Michéa. Comme George Orwell c’est un anarchiste tory, un homme de gauche conservateur. Son analyse des contradictions de la société moderne et du naufrage de la gauche est assez décapante. Pourquoi en effet laisser à la droite le monopole du gros bon sens ? Lisez donc cet entretien.

Y’en a marre des dépressions froides en altitude venues du Nord et qui nous empoisonnent le temps depuis le début de l’été. Je veux bien que l’Arctique se réchauffe, mais pas au détriment des latitudes moyennes. Après tout, ce sont NOS gaz à effet de serre. Et je déteste jardiner dans la boue.

Et pour le reste, ça fait plaisir de revoir un ami de jeunesse perdu de vue depuis 25 ans. Oui c’est un gros cliché mais c’est comme si c’était la veille. Et c’est fou comme si on change pas mal moins qu’on ne le croit en vieillissant.

Ça rassure.

***

Et tiens une belle découverte musicale, Hawa Dolo une belle musique d’Ali Farka Touré, de son album In the heart of the moon. Elle m’a émue un samedi matin triste. La video est un peu chromo, le texte qui l’accompagne aussi probablement, mais fermez vos yeux.

22 juin 2009

Prairies urbaines

Un soir d'errances sur le web, suis tombé sur un article qui parlait de la ville de Flint au Michigan, ex grand centre de construction automobile, qui veut carrément bulldozer certains quartiers à l'abandon pour les remettre en forêts ou prairies. Le Daily telegraph reprend d'ailleurs l'info. C'est un phénomène qui touche beaucoup d'autres villes de la rust belt américaine. Ces prairies urbaines sont dans le fond l'aboutissement du déclin d'un quartier progressivement délaissé par ses habitants qui partent en banlieue, ce qui le rend pas cher, éventuellement criminalisé, encore plus déserté, pour finalement être détruit par vandalisme et en partie rasé par la ville.

Cela donne des lieux étranges avec des densités plus faibles que les villages, même s'il sont souvent à deux pas des centre-villes. J'ai passé une soirée cet hiver à en explorer virtuellement (merci Street view de Google maps) à Flint,à Cleveland. Dans le genre, ceux de Détroit sont exemplaires:


Agrandir le plan

On a un certain malaise à voir ces lieux devenus presque bucoliques, probablement peu fréquentables, ultimes plaies d'une grave maladie urbaine. Cela me rappelait une lecture de l'Histoire du paysage français où Jean-Robert Pitte parle de ces villes de l'empire romain à son déclin devenues trop grandes et indéfendables qui se sont rapetissées en construisant des remparts à même les monuments du temps de leur apogée.

Les barbares venaient d'ailleurs.
Ce n'est plus le cas maintenant.

Mais toujours les riches gardent leurs villas.

19 juin 2009

vacances

Je suis officiellement en vacances aujourd'hui. Disons que depuis le début juin ça c'était calmé, mais reste qu'entre les activités pédagogiques, le cours aux adultes, les réunions et la planification de la prochaine session, l'esprit était encore pas mal au boulot. Ne me reste que la planification fine des cours de la prochaine session que je ferai au cours des prochaines semaines. Et si je ne me plains pas de mes conditions de travail, sachez que les deux mois de vacances d'un enseignant ne sont pas volées. Un bon prof ne peut simplement pas oublier son travail quand il arrive à la maison. Les piles de copies le lui rappellent.

Que faire des ces deux mois ? à court terme beaucoup de jardinage, j'ai deux plates bandes à refaire et replanter (oui Carole tu auras des photos!), le muret éboulé s'est transformé en rocaille à grand déploiement et j'ai modifié complètement une autre héritée des proprios précédents. Geste territorial, à haute portée symbolique.

Il y a aussi de la peinture en masse, de la redécoration encore là pour m'approprier cette maison toujours encore un peu étrangère. Ça fait maintenant deux ans que j'y suis et disons qu'elle m'a porté chance, je n'ai jamais eu autant de boulot. Heureusement d'ailleurs, ça coûte les rénos.

Je ne me fais pas trop de projets cet été sinon que de passer du temps à Québec et peut-être dans le Bas du fleuve et en Gaspésie si mes amis là-bas ont quelque paillasse disponible. Petits voyages d'ailleurs bien débutés cet été avec la découverte avec les collègues profs de la région de Thetford Mines. Étrange ville mangée par les terrils et les mines d'amiante qui l'ont fait exister longtemps. La campagne autour est sans doute l'une des plus belles du Québec. sans doute parce que épargnée par le tourisme et l'abus de résidences secondaires.

Et comme cadeau de fin de session : un ultraportable (netbook) qui me permet de vous écrire en direct du jardin, où les lilas tardifs achèvent de fleurir. J'ai résolu aussi de lire la Recherche du temps perdu. Suis rendu à la page 57. Il ne m'en reste que 2387.

Ne vous étonnez pas si mes phrases s'allongent.

30 mai 2009

Non message

Quand on ouvre un fichier de texte, il y a toujours cette barre d'insertion qui flache.
Qui exige.
Je lui dis non
ce soir.

23 mai 2009

Une belle chanson

Toujours néyé de corrigeage je suis.
Alors un classique en pensant à mon ami Bertrand que j'aimerais bien revoir. Une chanson argentine reprise par un chanteuse française. Assez connue.


Et tiens, une autre. Au Ed Sullican Show. Le droit d'auteur étant coriace en France, même si la chanteuse est morte il y a 46 ans et que la chanson date des années 1930.


Très noir et blamc.

6 mai 2009

Le gaz

Noyé de corrections je suis.
Toumani Diabaté me les rend moins pénibles. Quand je faisais de la radio, il y avait cette toune que Yves Bernard m'avait mis dans la tête. Il venait à chaque année essayer de convaincre le patron de l'intérêt de la musique africaine et ethniqye en général. Moi, j'aimais bien la musique africaine. Actuel était pour, et je me disais que tant qu'à mettre de la musique de danse, pourquoi pas mettre des musiques du monde, en plus ça fitte dan le mandat radio communautaire du CRTC

J'ai découvert un continent, Me suis jamais rendu à la musique de danse.
Belle chanson que je retrouve: Africa par Songhai, un mélange de musique espagnole et malienne. Toute l'Afrique est là. Nommée par d'autres.
Elle a tant à dire pourtant.


Mais ce que je me demandais vraiment : cette chanson de Brel est-elle sexiste ?

Je ne suis pas féministe,
ce n'est pas normal.

Mais je m'en fous.

2 mai 2009

Putasserie

Si on se fie à l'envahissement des pubs, Le Monde est plus pute que le New York Tines.
Cyberpresse ou Canoé beaucoup moins, mais il est vrai que ce sont des danseuses.

19 avril 2009

Tague

Ouais suis en retard. Mais c'était déjà écrit. Il fait trop beau pour bloguer.
Voici donc ma réponse à la tague littéraire qui circulait chez les blogues que je lis.

1. Coins cornés ou marque-page ? J’aime trop les livres pour les corner. J’ai souvent des signets, mais rarement quand j’en ai besoin, alors tout ce qui traîne y passe, factures etc. Ou bien je renverse la livre là où j’en suis. Bon signe si je le reprends.

2. Un livre en cadeau ?
C’est ce que je donne généralement, ça simplifie le magasinage.

3. Lis-tu dans ton bain ?
Suis un homme de douche et les quelques fois que j’ai essayé de lire au bain j’ai trouvé ça très inconfortable.

4. As-tu déjà pensé à écrire un livre ?
Souvent, mais pas de la littérature. En fait, avoir le temps, j’écrirais un manuel pour chacun des cours que je donne.

5. Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?
Du bien si elles m’accrochent et alors la série y passe en temps record, j’ai lu comme ça les Chroniques de San Francisco dernièrement. Je me souviens il y a trente ans d’avoir séché des cours pour finir le Seigneur des Anneaux. Mais a priori les séries ne m’attirent pas tellement. Pur snobisme de ma part.

6. As-tu un livre-culte ?
Plusieurs. Ado, je prenais les bois avec le Walden de Thoreau. Aujourd’hui, j’ai plutôt des auteurs cultes : Jacques Ferron, Giono, Lewis Mumford., Julien Gracq et tant d’autres.

7. Aimes-tu relire ?
Oui, depuis des années je lis et relis les chroniques d’Alphonse Allais ou de Vialatte en m’endormant. Des fois aussi un Maigret ou un San Antonio pour l’ambiance et les souvenirs de jeunesse.
.
8. Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livre qu’on a aimés ?
Cela m’est arrivé souvent du temps où je faisais de la radio, y compris ceux de livres que je n’ai pas aimé. Sinon, je ne cours pas les rencontres mais comme j’ai un bon ami et voisin dans le milieu littéraire m’est arrivé de rencontrer et d’écluser quelques bières avec des écrivains que j’admire. Suis toujours gêné de leur dire que j’aime leurs livres. Eux aussi je pense, et ce n’est pas le moment non plus. Il s'agit de boire un coup entre amis.

9. Aimes-tu parler de tes lectures ?
Oui sûrement, tout le problème étant de trouver des interlocuteurs.

10. Comment choisis-tu tes livres ?
Au hasard des librairies, par des recommandations d’amis ou d’autres lectures. Je m’encombre aussi de bouquins dénichés pas cher dans les foires, ventes et autres librairies d’usagés. Je ne les lis pas toujours.

11. Une lecture inavouable ?
La Tribune de Sherbrooke ;-)

12. Des endroits préférés pour lire ?
N’importe où pour vu que je sois bien, le plus souvent assis, suis inconfortable couché.

13. Un livre idéal pour toi serait ?
Celui que je n’ai pas lu.

14. Lire par-dessus l’épaule ?
Jamais. C’est trop indiscret.

15. Télé, jeux vidéo ou livres ?
Je n’ai pas de télé, les jeux vidéo m’indiffèrent, mais internet est un gros concurrent.

16. Lire et manger ?
Que des journaux ou revues, les livres se tiennent rarement seuls. Mais parfois quand suis vraiment dedans, il y a moyen de coincer les pages sous une assiette avec un ustensile quelconque pour éviter qu'elles ne glissent.

17. Lecture en musique, en silence, peu importe ?
Peu importe, des fois de la musique ou la radio en fond, mais quand je lis, je n’entends rien.

18. Lire un livre électronique ?
Je lis beaucoup à l’écran de l’ordi, mais je ne vois pas tellement l’idée de m’encombrer d’un bidule supplémentaire.

19. Le livre vous tombe des mains, aller jusqu’au bout ou pas ?
Jamais. J’espère quand même dépasser un jour la page trois d’ À la recherche du temps perdu.

20. Qu’arrive-t-il à la page 100 ?
Ce qui devait arriver.

21. Un livre que tu donnerais à ton pire ennemi ?

Il n’en mérite pas un. Il ne lit probablement pas anyway.

13 avril 2009

Actions urbaines

J'ai passé la fin de semaine à Montréal, ou pour être précis dans ma banlieue natale. Ma virée culturelle du samedi était chargée. Musée des beaux arts: check pour l'expo Van Dongen. Il dessinait dans les journaux satiriques de la belle époque. Y compris le Canard libre qui deviendra enchaîné plus tard. Il y avait aussi plein de monde à l'expo commémorative du bed in de Yoko Ono et John Lennon. Expo touchante, avec toutes les déconstructions de circonstance. On en sort quand même ému, malgré la foule.

Suis allé ensuite au Centre canadien d'architecture. Il y avait Actions cette expo que j'ai bien aimé, qui parle de choses concrètes pour améliorer la vie en ville. Le problème étant que pour en parler je devrais utiliser tout le vocabulaire branchouille contemporain. Dérives urbaines, appropriation de l'espace, subversion, dans un mode festif et transgressif. Il y a de joyeuses idées dans tout ça. Mais comme je ne travaille pas pour un organe urbain, vous m'épargnerez le texte de circonstance, utilisez dans un ordre aléatoire tous les vocables ad hoc et vous aurez un compte-rendu.

De ces appropriations de lieux, j'ai bien aimé celle d'implanter des bancs dans les espaces vacants.

Il n'y a aucun banc sur les terrains de Centre Canadien d'architecture.

Ça ferait désordre.

Allez voir le site de l'expo Actions, ça fait quand même réfléchir.

8 avril 2009

Grand déjeuner chez Desmarais

Un collègue me faisait remarquer l''autre jour à quel point la Caisse de Dépôt était devenue proche des Desmarais. C'est là que son ex président Henri-Paul Rousseau travaille. Il me disait aussi que cet ultra fédéraliste qu'est Desmarais devait être heureux, voire derrière, sa déconfiture puisque voilà un outil financier important pour le moins amoché. Avec les déclarations fédéralistes de son ami Sarkozy cela fait deux soutiens de poids neutralisés. J'ai souri, un peu troublé, mais bon, comme je ne suis pas porté sur les thèses conspirationnistes j'ai laissé passer.

Or que lis-je dans le Devoir ?(1). Le nouveau président de la caisse s'empresse de rencontrer tout le Québec Inc au siège social même de la Power Corporation.

Je ne suis plus troublé. Inquiet plutôt.


(1) Accès abonnés. On en parle pas dans Cyberpresse. Évidemment.

5 avril 2009

Dessine moi (avec) un mouton

On connaissait le génie des alpages et ses moutons délriants mais ça ce sont des bergers brillants


Trouvé chez Naked Capitalism

4 avril 2009

Rapaillages d'un samedi

Juste avant d'écrire ce billet j'étais allé fumer une cigarette sur la galerie, histoire de profiter du temps doux et de voir si les fleurs se pointent. C'est alors que j'ai fais oups !

Le muret du coté est finalement tombé. Depuis quelques semaines il était bombé et probablement que les pluies d'hier ont en quelque sorte crevé l'abcès. Ce n'est pas une surprise, il était tombé déjà juste avant que j'emménage ici et disons que sa reconstruction s'est faite à l'abri de toutes les règles de l'art. On ne doit pas empiler plus que quatre de ces horribles blocs de béton, il y en a six ou sept. Comme en plus le très chaouin propriétaire précédent a mal posé les tuyaux de drainage, le limon sableux du mort-terrain se sature d'eau, devient visqueux et en coulant fait s'écrouler le muret.

Résultat final: je vais rescaper les bulbes de tulipes déterrés brutalement et voir si au fond ce muret sert à quelque chose. La pente plus au fond tient bien sans blocs et comme ils sont horriblement laids...

On rebloguera plus tard.

Petite annonce. À donner: blocs de bétons parfaits pour murets de mauvais goût dans banlieues cheap.

28 mars 2009

Premières fleurs

Il a fait un temps superbe aujourd'hui. Et voici mes premières fleurs
Des crocus évidemment. Souvent faux signal du printemps réel, il neigera encore, mais il y a un certitude: le cycle des fleurs est en marche.

Et on est deux semaines en avance sur l'an dernier ;-)

27 mars 2009

Limites techno

Je me rends compte que j’ai des limites aux technologies. Je crois que c’est sain. Je ne m’en vante pas tellement. Elles viennent souvent d’une simple paresse. Ainsi Twitter. Suis bien trop lâche pour faire rapport de ce que je fais. D’autant que je pense que ça n’a strictement aucun intérêt pour qui que ce soit.

De même, je n’ai pas de téléphone portable. Si je ne suis pas chez moi, c’est que je suis occupé à autre chose, alors je ne vois pas l’urgence. Suis ailleurs. Sans compter que cela évite cette question ridicule : Té où ? Question oiseuse que la ligne «terrestre» évite. (La métaphore est intéressante: peut-il y avoir une liaison autre que terrestre ?)

Il arrive de temps en temps que le cell d’un étudiant sonne en classe. Ils en sont toujours très gênés et la classe ridiculise souvent le coupable. C’est agaçant, mais j’en profite souvent pour faire remarquer à l'ensemble des étudiants à quel point ils sont esclaves, communicables à merci et obligés de rendre des comptes tout le temps et toujours. Je les rassure ensuite un peu en me traitant de vieux croûton qui n'en a pas besoin.

Leurs réactions perplexes me suffisent.

24 mars 2009

Elis Regina

Pas le temps d'écrire alors...



Voici la seule version brésilienne: Au studio. Parce que toute chanson contemporaine est souvent trichée.


Grande chanteuse.

15 mars 2009

Alleluia !

Ça commence à sentir le printemps.



John Cale chante de Hallelujah de Leonard Cohen, une de mes chansons fétiches que je viens de retrouver. Comme le plaisir de marcher en souliers et sans manteau d'hiver.

7 mars 2009

Ces gens là

Curieux, mais j'ai fais un lien entre cette chanson là et la crise.

Jacqes Brel - Ces Gens La

Faut vous dire, monsieur, que chez ces gens là, on ne pense pas,
on compte.

4 mars 2009

Relâche

Quelle belle invention que la semaine de relâche. Une ville comme Sherbrooke redevient provinciale faute d'étudiants. J'avais prévu la passer à corriger mais comme j'ai du retarder mes examens, me voici avec plus de temps que prévu. Pris enfin cette photo de la rivière Saint-François au parapluie magrittien perdu dans les glaces.Du temps aussi pour décrocher et lire. J'ai mis la main sur une des rares choses de Jacques Ferron que je n'avais pas lues, ses lettres à John Grube. Je pense parfois que c'est dans ses lettres et entretiens qu'on saisit bien la profondeur de Ferron, sur cet étrange pays qu'il sentait, comme un psychanaliste s'identifie à son patient. Il me reste cette phrase parmi tant:

Le Québec est comme une bête vivante ; il n'est pas facile à comprendre. Il ne se serait pas choisi pour héros tant d'hommes forts s'il n'était pas peureux

Tout le problème étant qu'il les choisit louseurs, ce qui lui permet de demeurer dans les limbes. Par peur d'exister.

***
Je ne savais pas trop quoi penser de cette histoire de reconstitution de la bataille des Plaines d'Abraham. Autant il est bizarre de vouloir célébrer une défaite, autant je ne vois pas tellement de problème à laisser jouer aux soldats des adultes déguisés en costumes d'époque. Grâce au site de l'ONF j'ai vu le film de Jaques Godbout sur la question. J'ai un vague souvenir que Le sort de l'Amérique n'avait pas été tellement bien accueilli à l'époque.

Au fond, j'aime bien le point de vue qui ressort du film: les Plaines d'Abraham sont une défaite de la France, pas celle des Canadiens du temps. D'ailleurs la nation canadienne-française n'existait pas encore à l'époque. Là dessus, je suis du même avis que Ferron ou Fernand Dumont: ce qui sera la nation québécoise commence à poindre vers 1840. C'est à dire au moment où Lord Durham saisit la teinte nationaliste des troubles de 1837 au Bas-Canada. alors que la même révolte dans le Haut-Canada n'était que sociale et anti-coloniale. Que ces événements soient suivis par la parution première histoire nationale du Québec, celle de Garneau en est un symptôme évident.

***
Une seule chose m'a un peu agacée dans le film de Godbout: ce vieux cliché de l'histoire qui n'est plus enseignée au Québec et que c'est donc dommage. C'est faux. Le problème est plutôt qu'à force de se chercher une légimité scientifique l'histoire n'est plus un récit. Le voudrait-elle qu'elle serait mise en pièces par la post-modernité ambiante. Sans compter qu'elle oblige à penser qu'on a pu vivre autrement, ce qui nuit à la consommation des ménages, seule clef la relance économique.

Et je ne parle pas des obstacles au commerce.

26 février 2009

À la santé de ma nièce

Depuis quelques années j'héberge ma nièce qui aime bien la danse et la chorégraphie. Ce n'est pas ma spécialité. Mais luii ai montré celle là. Elle a été surprise. Et comme c'est sa fête, cadeau.



You're gotta be be cool for the world's that's commin' ahead

24 février 2009

Indécrottables.

On lit sur Cyberpresse une excellente suggestion de deux doctorants en économie et en sciences politiques : confier la gestion des avoirs de la Caisse de Dépôt au secteur privé qui serait plus efficace que le public.

Que voilà une bonne idée! Je suggère des noms: Citigroup, AIG assurances, Lehman Brothers Goldmann Sachs et autres grands noms de Wall Street. Toutes des entreprises en si bonne santé financière qu'on aurait ainsi accès à l'argent du gouvernement américain pour renflouer la Caisse.

En plus, on économiserait énormément en frais de gestion: Le PDG de la Caisse de Dépot reçoit un salaire de base de 450,000$ plus disons un million en bonis divers. Arrondissons à 1,5 millions de dollars. Pour gérer des actifs un peu moindres, le PDG de la Banque Nationale du Canada encaisse 4,7 millions. On imagine les salaires des cadres à l'avenant.

***
Si j'avais ces deux zozos comme étudiants, je crois que je leur suggèrerais une carrière dans la soudure ou l'entretien ménager.

20 février 2009

Un peu de botanique

Marie-Victorin est un de mes héros intellectuels. Je ne m'étendrai pas ici sur ses qualités scientifiques ou littéraires, mais la Flore Laurentienne est un des grands livres québécois; il m'a d'ailleurs permis de passer à travers le seul Réjean Ducharme que j'aie lu, l'Hiver de force (que j'ai adoré). Il avait également un curieux sens de l'humour: voici un extrait des notes d'un cours d'été qu'il donnait début 1940:


Trouvé sur le site Flore Laurentienne *

Mais voilà, dans sa clef d'identification, Marie-Victorin a oublié de définir au long les congrégations des espèces de Cornettacées. Sauras-tu, lecteur, m'aider à les identifier ? Je n'en connais que trois. (C.N.D, C.S.A et S. SS NN J.-M.)

Étant de sexe masculin, je suis plus familier avec la famille des Romanocollinacés.


*Et chapeau à la dame qui s'en occupe, c'est un grand, noble et beau travail.

17 février 2009

Les oligarques

Je vous gâte aujourd'hui. Deux topos en un jour. Et toujours sur le front économique. Promis, je reviens à d'autre chose en fin de semaine.

C'est une entrevue de Simon Johnson, ancien économiste au FMI maintenant universitaire, qui parle avec Bill Moyers dans son Journal sur PBS.



C'est que au fond les grands banquiers étant les seuls à comprendre (et encore) ce qu'ils ont fait ces dernières années. Ils sont aussi les seuls experts en mesure d'en évaluer les dégâts. Tout le problème vient de ce qu'ils se sentent tellement au dessus du monde qu'ils se croient encore les sauveurs du monde qu'il ont détruit eux-mêmes.

Et savourez ce deuxième extrait. On y voit mon sénateur vermontois préféré Bernard Sanders carrément excédé ne pas comprendre pourquoi ces mêmes banquiers sont toujours là, à bouffer les milliards de l'état, à en demander d'autres alors que leurs banques sont insolvables.



C'est ce capitalisme rentier, nageant dans les fictions financières qui coule actuellement. S'il croit encore à ses chimères il est bien seul.

L'iceberg de la réalité a frappé.

* Fin de l'entretien ici.

Simon Johnson est un des contributeurs d'un autre excellent blogue de crise: The baseline scenario.

Récessions comparées

Un autre intéressant petit graphique:
Désolé pour la mise en page.

C'est une comparaison d'indices boursiers en crise.Pour les non-initiés, bear market est de l'argot financier pour un marché baissier (1) . La courbe indique la baisse en % des indices depuis le pic pré- récession . Ma prédiction ? On accote 1929 cet été.

Trouvé chez dshort via Calculated risk

(1) Et non pas le surnom d'un bar bien connu du village gai, au coin de Sainte-Catherine Est et Papineau.

14 février 2009

Saint -Valentin

La Saint-Valentin a été inventée pour vendre des cartes.
Pour les couples. Je ne suis pas en couple.
En voici un, légendaire.
Ginger Rodgers et Fred Astaire dans Swing Time.
Comme dans ce temps là, ça distrait des dépressions ambiantes

Essayez de faire pareil avec votre chum ou votre blonde.

8 février 2009

Encore plus chaouin

Comme vous le voyez j'ai ravaudé un peu ce blogue. Du vieux bois, ça fait plus chaouin. Malheureusement dans l'opération j'ai perdu ma liste de liens, j'en ai remis quelques-uns mais c'est longuet comme opération, alors ne vous gênez pas pour réparer les oublis que j'ai fait en me laissant un commentaire. Et ne le prenez pas personnel.

Un chaouin ça travaille chaouinement

3 février 2009

Un beau graphique


Que j'ai trouvé chez Some Assembly Required qui l'a trouvé dans The Oil Drum

Heureusement que les patrons doivent travailler moins longtemps pour payer l'essence. Ils peuvent se consacrer à bummer quelques milliards aux gouvernements.

2 février 2009

Parlez, parlez...

Un ami m'envoie le discours de poodle en chef légionnaire honoraire. Soyons franc, il a un bon rédacteur.

Soixante-dix ans plus tard, lors de son voyage initiatique aux
Etats-Unis, Alexis de Tocqueville passera 15 jours au Canada. Il sera
marqué par le Québec.

A son correspondant, l'Abbé Le Sueur, il écrira ceci dans une lettre
datée du 7 septembre 1831 :

«Ce qui nous a intéressés le plus vivement au Canada, ce sont ses
habitants. Je m'étonne que ce pays soit si inconnu en France. Il
n'y a pas six mois, je croyais comme tout le monde que le Canada
était devenu complètement anglais. (...)

Aujourd'hui, il y a dans la seule province du Bas-Canada 600 000
descendants de Français. (...) Ils sont aussi Français que vous et
moi. (...) Comme nous, ils sont vifs, alertes, intelligents,
railleurs, emportés, grands parleurs et fort difficiles à conduire
quand leurs passions sont allumées.»


Il me semble voir Jean Charest à sa maison de North Hatley ou de Westmount lisant la correspondance de M. de Tocqueville. Ben sûr.

***

Ce texte contient même ceci:
Aujourd'hui, la relation entre la France et le Québec met en scène deux peuples adultes et libres, séparés par un océan, mais réunis par l'histoire, par le sang et par le coeur.
Ah bon. Le Québec est libre ? Faudrait prévenir le fédéral. Ou la vice-reine. Voire notre souveraine. Et quand on lit que le tout ça se passe sous l'oeil attendri du co-légionnaire plus ancien qu'est Paul Desmarais, mentor et ami du président de la République Française, on comprend qu'il en a remis une couche sur l'unité canadienne.
Puis, Nicolas Sarkozy a repris à peu de choses près les termes qu'il avait utilisés l'automne dernier à Québec pour manifester son appui à l'unité canadienne. «Croyez-vous que le monde avec la crise sans précédent qu'il traverse a besoin de division? A besoin de détestation?» a-t-il dit.

«Est-ce que pour prouver qu'on aime les autres, on a besoin de détester leurs voisins? Quelle étrange idée! Est-ce que le message de la Francophonie ne doit pas être un message de rassemblement, d'union, un message d'entente, d'ouverture, de tolérance», a ajouté M. Sarkozy
Ça aurait pu être dit par Jean Charest (ou Jean Chrétien) un certain automne 1995. On l'invitera sans doute la prochaine fois. Dans un rallye d'amour financé illégalement avec l'argent des contribuables. Avec des odes à la diversité. À l'identité. À la différence. Dans la mesure où elles ne nuisent pas au commerce.

À Power Corporation, on a essuyé une larme. De joie.

Les pions sont bien placés.

28 janvier 2009

Blogueurs de crise

Il fait mauvais ce soir. Pour les automobilistes s'entend. Le 14 février hante Sherbrooke. Ce n'est pas qu'on soit obsédé de la Saint-Valentin, c'est plutôt qu'on se souvient de celle il y a deux ans où la ville avait bloqué. Tantôt la côte King était fermée. Ça semble moins pire ce soir. Je suis au chaud, j'écoute Dylan, en buvant un bon petit rouge ramassé à la Régie tantôt.

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Depuis les derniers mois, je suis attentivement l'actualité économique et comme j'ai l'intention de ravauder mon blogue dans les prochains jours, pourquoi ne pas y inaugurer une liste de blogueurs de crise que je suis régulièrement. Of course la plupart de ces sites sont en anglais (suis ouvert aux suggestions). Anyway money talks. In english ouite parfois ze frenche accentte. Et pour se mettre dans l'ambiance, quelques chansons de circonstance.


David Byrne, The sound of buisness (Music for the Knee play)


Leonard Cohen, the Future, the future.

Et si tout cela vous déprime, un peu de rock indépendant français :
Pigalle, Renaitre, Regards affligés...


Le plus classique est Paul Krugman. Il écrit dans le New York Times. Il est prix Nobel. Il a son blogue. Dans les quasi institutionnels, par le sérieux et parce qu'ils ne sont pas inféodés, il y a Calculated Risk blogue immobilier mais qui déborde sur l'économie, ses graphiques sont légendaires. Naked Capitalism (titre prophétique, le roi est effectivenet nu) reprend les textes du jour et les déconstruit soigneusement. Un dernier, Jesse, réfugié en Suisse évidemment, où il tient un Café Américain parfois amer mais toujours lucide. Je serais malhonnête de dire que je comprends toujours ces experts, mais à force de les fréquenter ils me donnent l'intelligence de choses que je ne comprends pas.

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Dans ce monde, il y a des piétons astucieux. Tropical bear est le genre d'amateur français comme on les aime. De l'île de la Réunion cet amateur serait riche à Wall Street mais voilà, c'est un bricoleur astucieux et lucide comme on en voit dans les films de Tati, mettons. Comme c'est un prof, il a le souci d'expliquer, aussi ses archives sont riches. Dans le genre britannique, tongue in cheek, j'adore Some assembly required, parce que il a inventé une forme de bloggage qui est un exercice de style, une forme, mais aussi un fond qui n'oublie jamais la dimension bêtement écologique de cette crise.

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Dernier groupe, que j'appellerais les résistants. De ceux là il y en a plein de québécois qui sont déjà la et d'autres que je devrais ajouter. Ils auront leur note à eux seuls. Signalons pour ce soir quelques américains. C'est qu'il y en a qui ne croient plus aux USA. Qui pensent que tout va s'effondrer. C'est une idéologie à laquelle je n'adhère pas trop, celle des survivialistes, de ceux qui se préparent en amassant des réserves de nourriture et des gros guns, préparés qu'ils seraient à la catastrophe à venir. Mais est-ce une idéologie si différente de celle des granos des années 1970 ? Et pour avoir habité à la campagne il est utile de se faire des réserves, au cas où.

De ces très noirs prophètes, j'ai dit comme j'aimais Clusteredfuck Nation, critique des banlieues infinies dans lesquelles ont vit en général. J'aime bien aussi les cris de ce très vermontois Ashes to Ashes, lui aussi préoccupé de ce que les USA soint aux abonnés absents. Et si il y a beaucoup de merdes paranoiaques beauf dans ce mouvement de survie (ceux qui amassent les fusils plus que les grains ou les fêves) mais Dégringolade me semble plus critique, plus humain. Parce que entre une recette de bière maison ou de fêves de survie, il n'a pas oublié qu'on a besoin de livres.

En ce sens, c'est un sage.

26 janvier 2009

Muray le disque



Ceux qui lisent ce bloque depuis un certain temps savent le plaisir que j'ai à fréquenter ce grand auteur qu'était Philippe Muray. C'est sans doute un des meilleurs critiques de cet étrange monde dans lequel on vit. Son ironie brillante et râleuse, son verbe abondant, quelque part entre Céline et San Antonio, avait le don de gratter le bobo parisien ou québécois là où ça fait mal, c'est à dire dans la conscience.

Il s'était amusé à écrire Minimum respect, un recueil de poèmes, des vers de mirliton disait-il. Non sans avoir assassiné la poésie au préalable:

«Ce qu'il y avait d'inqualifiable, jusqu'à moi, dans la poésie, c'était la poésie. Celle ci évacuée, on remarquera qu'il ne reste que de l'excellent : rimes se situant très en dessous du seuil de pauvreté, alexandrins utilitaires, strophes de circonstance aggravante, rythmes contraints à la plus sourcilleuse efficacité, refrains contagieusement drôles, cadences infernales, comptines mémorables, vers enfin, vers luisants de bonheur de ne plus avoir de troubadours sur le dos comme par le passé.
(...)
Ce qui handicapait la poésie, jusqu'à moi, c'était le lyrisme, c'est à dire la poésie»

Philippe Murray, Minimum respect, Éditions Les Belles Lettres
Belle intro non ?

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Sur une idée de Benoît Duteurtre, Muray avait eu le temps d'enregistrer quelques-uns de ses poèmes, accompagnés de musiciens étonnants. Cela donne un des disques les plus jouissifs que j'aie entendu depuis longtemps. Surprenant. Je se me serais pas attendu à ce qu'un néo-réactionnaire, honni aux Inrocks soit si près du slam. Écoutez plutôt:




Celle-ci est surprenante d'actualité:



Et une dernière pour la route, dans un genre différent:



Curieux comme ça fait penser à un certain poème fameux.

Le disque de Murray est disponible sur son site
. Plein de ses textes traînent sur internet, amusez vous.

Pendant que l'histoire s'arrête.

22 janvier 2009

Brève de comptoir

-Pis Obama ?
Ça changera rien.
Comment ça ?
Comme d'habitude. Le Noir ramasse la marde du Blanc.

20 janvier 2009

Obamarre ?

Non pas que je veuille cracher dans la soupe. Je souhaite, naïvement probablement, que l’arrivée du nouveau président aide les États-Unis à aller mieux. De toutes façons, il ne peut pas faire pire que Bush. Et laissons lui un peu de temps de réaliser ses espérances.

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J’en ai cependant contre l’hystérie médiatique qui entoure cette investiture. Désautels y a consacré toute son émission. Toute. Le discours et les festivités à Washington Les réactions à New York à Chicago, les remarques de l’omniscient Dany Lafferrière (expert en quoi ? en négritude ?). Obama ci Obama là. Il ne se passait rien d’autre dans le monde.

C’est un moment historique, direz-vous, une noir président des USA. Ben non c’est plutôt un événement hystérique. Que je sache, l’histoire est dernière nous pas à l’avant. Bravo pour l’espoir mais pour l’histoire l’arrivée de George Bush a eu beaucoup plus d’effet. Pour le pire évidemment., mais ce calamiteux président, ne serait-ce que par son effet repoussoir, soulève par devers son successeur des attentes qui sont peut-être trop hautes.


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Une fois les bals finis, la gueule de bois sera solide. Un système financier en banqueroute, où les Danaïdes bancaires n’en finissent plus d’aspirer les milliards sans que leurs tonneaux s’emplissent. Des obligations militaires à long terme aussi coûteuses qu’illusoires. Vous avez aimé l’Irak ? Vous allez adorer l’Afghanistan. Demain le Pakistan. Après-demain le Mexique ? Ou les Etats-Unis eux-mêmes ?


L’un des paradoxes de cette crise c’est que les craintes qu’elle soulève sont le reflet exact des espoirs que l’arrivée d’Obama promet. Il le dit d’ailleurs lui-même : «On this day, we gather because we have chosen hope over fear, unity of purpose over conflict and discord. » . C’est un beau et grand discours et je ne peux que souhaiter que sa générosité soit suivie d’effets réels. S’il y réussit, alors ce sera historique.


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C'est que le changement souhaitable est connu depuis longtemps. Moins de tévé, moins de chars moins de pétrole, moins de bébelles et moins de bombes. C'est dans Thoreau, Jefferson ou Lewis Mumford. Plus de vie, de réel, de nature et de beauté.

Dur à faire comprendre quand le monde est un écran qu'on regarde dans un bungalow.

5 janvier 2009

Un gros mot

«The fact is that recent economic numbers have been terrifying, not just in the United States but around the world. Manufacturing, in particular, is plunging everywhere. Banks aren’t lending; businesses and consumers aren’t spending. Let’s not mince words: This looks an awful lot like the beginning of a second Great Depression.»

En clair: attachez vos tuques. Avec de la broche.


4 janvier 2009

Un rituel de poids

Naviguer sur le web amène à des découvertes curieuses. Ainsi les mesures du monde sont définies par le Bureau international des poids et mesures, dans cette brochure. C'est probablement le seul organisme au monde où le texte français prime sur sa traduction en anglais. On y définit comme suit le kilo: (Les gras sont miens)

«2.1.1.2 Unité de masse (kilogramme)

Le prototype international du kilogramme, un objet fabriqué spécialement en platine
iridié, est conservé au BIPM dans les conditions fixées par la 1re CGPM en 1889 (CR,
34-38) lorsqu’elle approuva ce prototype et déclara :
Ce prototype sera considéré désormais comme unité de masse.

La 3e CGPM (1901 ; CR, 70), dans une déclaration tendant à faire cesser l’ambiguïté
qui existait dans l’usage courant sur l’utilisation du terme « poids », confirma que :
Le kilogramme est l’unité de masse ; il est égal à la masse du prototype
international du kilogramme.

Il en résulte que la masse du prototype international du kilogramme est toujours égale à 1 kilogramme exactement, m (K ) = 1 kg. Cependant, en raison de l’accumulation inévitable de polluants sur les surfaces, le prototype international subit une contamination réversible de surface d’environ 1 μg par an en masse. C’est pourquoi le Comité international a déclaré que, jusqu’à plus ample information, la masse de référence du prototype international est celle qui suit immédiatement le nettoyage lavage selon une méthode spécifique (PV, 1989, 57, 15-16 et PV, 1990, 58, 10-12).»
Je ne sais pas si on a fait une cérémonie élaborée de ce rituel du lavage du kilogramme sacré ? On imagine une théorie d'hommes en blancs et tout un processus de récurage très zen.

En tout cas il a l'air assez délicat et étrange à manipuler ce kilo :

Image empruntée ici

En cette saison de résolutions, voilà un kilo qu'on ne doit pas perdre.

1 janvier 2009

Bonne année quand même

Bon je prends une pause entre les cent mille copies qui sont ma seule lecture depuis les derniers jours. D'ailleurs quelqu'un peut-il m'expliquer l'urgence de déposer les notes un vendredi 2 janvier alors personne n'est au collège avant le 5 ?
Première résolution: Mieux répartir mes corrections.

Deuxième résolution: Lire moins de choses alarmistes sur la crise. Comme ces prédictions. N'en retenir qu'il va falloir s'adapter en un an ou deux à mode de vie plus frugal et plus sain, même si pour le moment je vis une période de vaches grasses.

Troisième résolution voyager plus cet été. Quand je pense que je n'ai pas mis les pieds à Québec depuis deux ans... J'ai en tête le projet d'un bon manuel ou synthèse de géographie du Québec à réaliser d'ici deux ou trois ans, il me faudra donc voir et revoir sa géographie par les pieds comme disait le bon Raoul Blanchard. Beauce, Abitibi, Mauricie, Outaouais, Saguenay me voici !

Pour le reste, il ne me reste qu'à souhaiter à mes quelques lecteurs de passer au travers d'une année qui s'annonce agitée et houleuse et de conserver ce qui s'appelle l'espérance à travers les grandes et petites joies du quotidien.

Carpe Diem

20 décembre 2008

L'économie, ça finit par coûter cher

Il y a des fois où je pense que je lis trop de blogues économiques. Ça rend extrêmement pessimiste. On a l’impression d’assister à une grosse catastrophe au ralenti. Une sorte de désastre abstrait. Les milliards pleuvent, se gonflent et se dégonflent. Le prix du pétrole passe de 50$ à 150$ le baril pour redescendre à 40$ en moins de deux ans. En six mois le dollar canadien passe de la parité à 80 sous US. La bourse perd la moitié de sa valeur. GM est en faillite.

Si, sous Eisenhower, ce qui était bon pour GM était bon pour les Etats-Unis et vice versa, devient inquiétant sous Bush.

C’est qu’à suivre les indicateurs économiques, on a l’impression de revoir ce veux cliché des films de série B quand la machine devient folle et que les aiguilles des cadrans se mettent à tourner en tout sens. Il y a un mois, le ministre des finances du Canada coupait les dépenses par peur d’un déficit, voilà qu’il songe à en faire un de 30 milliards en 5 ans et que c’est une bonne chose. D’ailleurs l’exemple vient d’en bas. Sans le dire, les USA viennent à de nationaliser en douce le secteur bancaire, les assurances, maintenant l’automobile. Demain l’électricité, la santé et pourquoi pas l’acier, les chemins de fer et les transports ? Ironique qu’un Bush ennemi soit disant déclaré du big government finisse sa carrière en socialiste obligé. Mais, comme on dit au Monde Diplomatique, socialisons les pertes, privatisons les profits.

Personnellement, cette crise ne me touche pas. Je n’ai pas tellement d’argent investi. Le boulot ne manque pas, au contraire. Et dans mon domaine, force est de croire que l’avenir est pas mal. Les chômeurs seront instruits. Les étudiants, ayant moins de boulot, pourront même peut-être même s’intéresser un peu plus à leurs cours

Et c’est là où je rêve que cette crise ramène aux choses ordinaires. A une société plus tranquille, plus locale.

Humaine, mettons.

8 décembre 2008

radio canada trop tot ?

.A 8 38 radio canada annonçait les libéraux majoritaires
il est 21h 04, il ne sont plus majoritaires ? Trop vite ? encore trop de luttes très chaudes dans la région de Québec...

addenda 22h30 Faux espoir finalement mais libéraux n'ont pas eu la victoire attendue, c'est toujours ça de pris...

Petit bilan électoral

Il fait moins 21 ce matin d’élections, ce qui n’est pas catastrophique puisque je suis à 2 minutes à pied du bureau de vote. Que dire de cette malheureuse élection qui s’est noyée dans le cirque politique fédéral ? Les enjeux n’étaient certes pas très élevés : la tempête économique qui débute force à naviguer à vue et l’incertitude à venir va brouiller les projets des partis.

Disons que le retour vers le centre des libéraux et le bourassisme qu’on a imposé à Charest lui a réussi. Il a mené une campagne terne, sans doute, mais efficace. Du côté du PQ si Pauline Marois a bien fait si elle n’a pas soulevé l’enthousiasme. Et soyons francs, à part la question nationale les deux partis de gouvernement on des projets qui se ressemblent, à part peut-être la touche un peu plus étatiste du PQ.

Tout le piment de cette élection tient dans le niveau de déconfiture de l’ADQ. Il sera sûrement suffisant pour permettre au PQ de reprendre ses positions traditionnelles dans les Laurentides, Lanaudière, les couronnes Nord et Sud de Montréal et au centre du Québec. Au total, probablement une quinzaine de gains possibles. Quelques gains aussi des libéraux aux dépends de l’ADQ dans les comtés plus conservateurs (Shefford, Huntingdon, Iberville ?) La Mauricie sera plus disputée; libéraux et péquistes vont probablement récupérer chacun quelques dépouilles l’ADQ.

Cette élection va se jouer dans deux régions : Québec et Chaudière-Appalaches. Le degré de résistance du vote adéquiste y fera la différence entre une gouvernement libéral majoritaire ou minoritaire ou même péquiste minoritaire (rêvons un peu). J’ai l’impression qu’on y sous-estime la résistance de l’adéquisme. Je l’ai souvent dit, cette mouvance autonomiste molle conservatrice voire même réactionnaire correspond à une strate de l’électorat qui ne se reconnaît pas dans les deux partis de gouvernement que sont le PQ et les libéraux. A ce titre, le maintien des conservateurs dans cette région du Québec me laisse entrevoir celui de l’ADQ surtout dans les banlieues nord et sud de Québec ainsi qu’en Beauce et dans Lotbinière. Or, c’est précisément là où les libéraux aimeraient gagner pour s’assurer une majorité. A surveiller donc.

Ailleurs, dans les régions plus péquistes du Saguenay, Bas-Saint-Laurent , Gaspésie et Abitibi, je n’exclus pas deux ou trois gains libéraux mais probablement pas de vague. Les îles de Montréal et Laval me semblent figées sauf dans les rares circonscriptions habituellement disputées comme Crémazie.

Attendez vous à ce qu’on n’élise Jean Charest dans Sherbrooke qu’une fois la dernière boîte de scrutin vidée. Et enfin, dans mon comté de Saint-François, je souhaite que mon candidat péquiste Raymond Hébert l’emporte sur la ministre Gagnon-Tremblay. Elle pourra continuer à se momifier tranquillement chez elle.

A ce soir peut-être, et allez voter !

6 décembre 2008

Message personnel

Ce soir je n'ai pas la tête à me lancer dans de vastes analyses. Mais c'est un billet que je veux faire depuis un bout de temps.
Dans l'émission de Monique Giroux il y a des chansons qui sont des plaisirs coupables. Immensément quétaines. En général, Dalida y règne. Voici la mienne.


Version originale. La blonde de l'auteur, Michel Berger, France Gall l'a reprise ainsi:

"Message personnel"


Les deux se sont retrouvées sur un plateau de télé. Françoise Hardy fait une belle vieille non ?




Il y en a une version étrange par Isabelle Huppert dans le film Huit femmes.


Et même Juliette Gréco se l'est tapée cette toune. C'est une autre génération.


Tous mes amis savent que c'est une chanson qui me va bien, je crois.

1 décembre 2008

What's in a name ?

Photo: Yves Boisvert (depuis le temps qu'il voulait la prendre)

Le jeune député de Sherbrooke quelque part dans les années 1980.
Il est toujours membre du barreau local.
Mais il habite Westmount.

26 novembre 2008

Drôle de débat, drôles de médias

J'ai écouté le débat d'hier à la radio. J'en garde un souvenir confus ce matin. Beaucoup d'échanges se sont perdus en devenant des monologues parallèles, chacun enterrant l'autre pendant que Stéphane Bureau était impuissant à ramener l'ordre. Généralement en donnant la parole à Charest. Qui en profitait pour débiter ses platitudes habituelles, cet homme me hérisse quand il joue au partisan.

Je n'aime pas tellement Pauline (il n'y que des prénoms au PQ cette saison) mais je dois dire qu'elle s'en est bien tiré, minouchant suavement son programme et jouant la déterminée quand venait le temps de donner quelques baffes (méritées) à notre poodle national qui japillait trop. Juste assez compatissante avec Mario pour ne pas effaroucher sa base électorale, avec ce ton doucereux et ferme d'une travailleuse sociale intervenante. Dumont a été égal à lui même. Démagogue à clips, il a su garder son monopole du gros bons sens et esquiver les conséquences de ce qui lui tient lieu de programme.

Sur le fond, Charest a fait une bonne imitation de la tradition bourassiste chère aux libéraux. Prospérité économique et lénification générale des esprits, tout ira très bien. Pauline, qui partage en gros le même programme, à la souveraineté près, a su marquer cette différence sans trop s'alourdir. Quant à l'ADQ, on cherche encore la substance sous les slogans.

Le cas de l'éducation est patent. Marois et Charest s'entendent pour diminuer la taille des classes ce qui, sans être la panacée qu'on croit, aidera au moins les profs à mieux encadrer les cas lourds de plus en plus nombreux dans les classes. Les deux savent que la réforme pourra être utile à faire face à des élèves trop souvent passifs, zombifiés par la télé, les ordis ou le joint de pot occasionnel. Mario rêve quant à lui d'un high school américain du Kansas des années 1950 et oublie qu'on y trouve parfois maintenant des détecteurs d'armes aux entrées. Ce qui est possible à Rivière-du-Loup ne l'est pas nécessairement dans Côte-des-Neiges ou Montréal-Nord.

Au total, Charest a un peu perdu parce que le jupon de son arrogance du premier mandat dépassait trop souvent, ce qui va lui nuire. Pauline Marois a gagné sûrement en stature: si elle a réussi à moins m'énerver que d'habitude peut être saura-t'elle également ramener les brebis dispersées de son troupeau. Mario Dumont a joué les cordes sensibles de son électorat créditiste et conservateur, là aussi il sauvera quelques meubles ce qui, dans le camp adéquiste, décrit bien son équipe.

***

En ouvrant le compte rendu du sondage de La Presse tôt ce matin sur Cyberpresse on lit (lisait?) ceci :
Trente-huit pour cent des répondants qualifient la performance de la chef péquiste d'«excellente» ou «très bonne». C'est huit points de pourcentage de moins que le chef libéral Jean Charest, qui récolte 30% d'appuis très positifs.
On manque de calculatrices, rue Saint-Jacques.

***
En quête de live blogging suis allé lire Patrick Lagacé et Michèle Ouellet dans Cyberpresse. Entre leurs commentaires sur les sujets on y débat surtout esthétique, entre Botox et perruque.

Édifiant.

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Toujours chez Gesca: match nul, Mario gagne, Charest convainc, pas Marois. Leur propre sondage les contredit, mais une seule chose compte.

L'actionnaire est content.

25 novembre 2008

Questions pour un débat

Je ne sais pas encore si j'écouterai le débat des chefs, possible point tournant de la campagne électorale au Québec. Je crains qu'il ne soit aussi somnifère que le reste. Mais voilà que Michel David du Devoir a décidé de poser les vraies questions. À choix multiples, en plus. Petit échantillon sur le thème de l'économie:
«Économie et finances

À Jean Charest: Quelle est la meilleure illustration de votre capacité de mener de grands projets?

a) la centrale thermique du Suroît

b) le déménagement du casino

c) le CHUM

À Pauline Marois: Quelle est la meilleure illustration de la bonne gestion économique d'un gouvernement péquiste?

a) le métro de Laval

b) la Gaspésia

c) les 771 millions perdus par la SGF

À Mario Dumont: Puisque Gilles Taillon semble résolu à quitter la politique, qui serait votre ministre des Finances?

a) moi

b) ma conjointe

c) j'abolirais le ministère»
Tout le reste est à lire.

20 novembre 2008

Déjà vu

Alors que les mauvaises nouvelles financières s'accumulent quelques blogues économiques se tournent au delà de la crise de 1929 pour aller vers la Grande dépression des années 1873 à 1890.
Le parallèle est troublant.

19 novembre 2008

Un candidat différent

J'aime bien Victor-Lévy Beaulieu. C'est une grande gueule qui, à lui seul, a plus d'humour que les trois chefs de partis qui nous affligent. Il est candididat indépendant-iste dans Rivière du Loup. Si c'était mon coin, je voterais pour lui, ne serait-ce que pour améliorer le niveau du discours politique. Son site web vaut un petit détour.

5 novembre 2008

Une belle victoire ?

Il devait être 10h 30 hier soir quand je me suis couché, trop endormi pour attendre la fin officielle de l’élection américaine dont le résultat était déjà évident. Toute la journée, je naviguais entre deux intuitions sur les résultats. Soit une heureuse surprise et un raz-de-marée démocrate au-delà des espérances, ou, au contraire, une victoire d’Obama un peu plus en demi-teinte. Levé trop tôt ce matin, je n’ai pu constater qu’un résultat plus près de ma deuxième idée.

En bon québécois qui aime les louseurs, j’ai commencé par écouter le discours de concession de McCain Un discours généreux, ouvert et rassembleur, digne de cet homme que je ne peux m’empêcher de trouver sympathique. Et pourtant, on sentait la hargne de son auditoire qui ne se gênait pas pour huer à chaque fois le le nom de l’adversaire honni était prononcé. Réflexe fanatique que l’inconsciente Palin a su si bien attiser ces derniers mois.

J’ai écouté ensuite le discours victorieux et noble d’Obama. Il était émouvant, à la hauteur du grand orateur qu’il est. Mais est-ce moi ? Il me semble que je l’ai vu presque agacé vers la fin quand la foule reprenait comme une incantation guerrière le yes we can qui revenait en refrain dans sa péroraison ? Et si cette victoire n’était pas si triomphale ?

En bon géographe, je retourne donc aux cartes. À celles si bien faites du New York Times qui m’ont accompagnées hier soir dans ma soirée électorale, mes quelques échappées vers les réseaux n’ayant que confirmé mon allergie au clinquant et à la superficialité télévisuelles. C’est que ces cartes ont quelque chose que la plupart de celles que j’ai vues n’ont pas : la profondeur du temps. On peut y comparer les résultats depuis 1992. Et comme aux USA all politics are local voici celle du vote d’hier par comtés :



Et voici celle de la deuxième élection de Clinton en 1996 (celles de 1992 et de 2000 sont assez semblables)




Et c’est là que s’éclaircit mon analyse : Obama et les démocrates avec lui n’ont pas su rejoindre l’Amérique rurale profonde hors de la Nouvelle-Angleterre et de la région des Grands-Lacs, ce que Clinton avait réussi à faire. Il lui faudra donc aller vers ce terrain probablement pas naturel aux démocrates. Je lui souhaite d’être à la hauteur de ce grand défi : la crise qui s’en vient est profonde et les Etats-Unis que lui laissent le calamiteux Bush sont affaiblis.

Espérons qu’il sache construire des ponts qui aillent quelque part, les autres étant une spécialité de l’Alaska.

27 octobre 2008

Des élections, Encore ?

C'est sans doute un ballon électoral que vient de lancer Jean Charest. Pas sûr que l'opinion ne le suive, déjà que les élections fédérales n'ont rien changé ou presque, je ne sesn pas tellement les québécois avoir autre chose que le goût de réélire à peu près la même Assemblée nationale. En ce sens, l'analyse de Chantale Hébert est pertinente: l'électorat est volatil. Il ne serait pas étonnant que les sondages qui laissaient croire au retour de certains adéquistes (je ne parle pas de députés) vers les libéraux donnent une autre lecture une fois la campagne lancée.

C'est que l'adéquisme est un phare. Non pas que les idées de Mario Dumont soient particulièrement brillantes, mais bien parce qu'elles allument l'électorat par intermittence. Possible que ces élections dont personne ne veut ramènent à l'ADQ les gens de rien inquiets de la situation économique.

À moins que ce qui s'annonce au plan économique ne serve d'alibi à Charest pour tenter d'aller chercher un mandat fort avant que ne ça devienne pire.

Pas très réjouissant tout ça.

25 octobre 2008

Rien à dire ou plus

Ce soir, je n'ai rien à dire que des banalités. De rénos ou d'autrement. Alors on laisse la place à d'autres qu'on invite sans que les os leur fassent mal.
Une vieille habitude de radio. Quand il fait chaud en juillet.



Chanson d'automne aussi.

22 octobre 2008

Le temps qu'il fait

Ce matin en me levant très tôt pour terminer de corriger une pile de copies :


Oui c'est un cliché mais je ne pouvais pas y résister ;-)

16 octobre 2008

Nationalisations

Si je comprends bien, la France et les Européens nationalisent partiellement des banques déjà nationalisées autrefois ?

Socialisation des pertes et privatisation des profits qu'y disaient.

14 octobre 2008

Élections

Dans une heure on pourra avoir les résultats des élections. Mais je me doute tellement du résultat. Pour résumer, les conservateurs vont perdre trois ou quatre comtés dans l'Atlantique au profit des libéraux. Au Québec, le Bloc va probablement gagner 4 ou 5 circonscriptions sur les conservateurs, au Saguenay et à Québec mais la tarte du patrimoine restera là, l'ex de Mme Couillard aussi. Peut-être un ou deux gains libéraux à Montréal dont hélas celui du fils de.

Dans le reste du Canada, les conservateurs vont probablement grignoter quelques libéraux dans les banlieues de Toronto, mais moins qu'on ne le croit. Dans les Prairies, les quelques points rouges ou jaunes de la mer bleue disparaitront au fur et à mesure qu'on s'approchera des Rocheuses. Comme toujours, la Colombie-Britannique votera n'importe comment.

Et Harper sera minoritaire.

Il est 20h 55, je m'endors déjà un peu.

11 octobre 2008

Crises

Et pour l'ambiance ce hit instantané d'octobre 1987, du temps où je faisais de la radio.


Si ma contribution à la blogosphère a fondu comme le Dow Jones ces derniers jours, ce n’était pas faute d’en lire. Depuis mars j’ai pris l’habitude de lire beaucoup de chroniques économiques, aussi les turbulences des dernières semaines ne m’ont pas tellement surpris. Il y a l'incontournable Paul Krugman au New York Times, économiste patenté qui, voyant les hésitations des politiciens à faire face à la crise, reprenait ce mot: «We are a Banana Republic with nukes». On verrait bien en effet Bush à la tête du San Theodoros. D'ailleurs le caricaturiste Ted Rall le voit aussi:




J'aime bien aussi Naked Capitalism d'abord pour le titre et ensuite pour les analyses critiques des nouvelles économiques. Le plus noir de ces blogueurs est sans doute l'économiste Nouriel Roubini, surnommé Dr. Doom par le New York Times. Sur son site RGE Monitor il a prévu dès février la longue décomposition du système financier mondial. Et pendant que j'écris ces lignes, les ministres des finances du G20 discutent des mesures à prendre on souhaite qu'ils aient lu sa dernière analyse. Et je suis assez pessimiste sur les résultats.

Au fond, cette crise financière était assez prévisible. La bulle immobilière américaine (mais aussi européenne) ne pouvait pas tenir: le prix des maisons ne peut pas augmenter indéfiniment de 10% par année. De même, les outils de financement sophistiqués ne peuvent pas créer des capitaux qui n'existent pas. Mais si je n'ai aucune pitié pour les boys à MBA qui se retrouveront à la rue, j'en ai pour tout ceux qu'on a bernés dans ce système. Pour les retraités qui voient fondre leurs épargnes de jour en jour. Pour les gens de classe plus ou moins moyenne qui perdent leur maisons. Chez Calculated Risk, autre fine lame de l'analyse financière j'ai vu ce video assez triste et dérisoire sur les conséquences étranges de cette crise. C'est en anglais mais je ne résiste pas à la mettre ici. La présentatrice est, disons assez californienne.




En tout cas. Reste à souhaiter que les dirigeants politiques et les rapaces de la finances apprennent la leçon.

On peut toujours espérer.

10 octobre 2008

De retour

Trois mois sans rien écrire ici. Pas tant que je n’avais rien à dire mais que je n’en avais pas le goût. Attendre l’été pour qu’il arrive à la rentrée. Et avec lui le prétexte de ne plus avoir de temps. Grosse session à temps plein. Et maintenant une pile de copies assez haute pour me redonner le plaisir de procrastiner la correction.


Passer du temps à me demander s’il ne serait pas plus simple de mettre un pont final à ce blogue. Mais ceux qui me connaissent savent que j’ai horreur de finir les choses. J’aime garder une porte ouverte au cas où. Attendre.


J’ai passé une bonne partie de l’été à attendre. Que le l’été arrive. Que finisse mon cours aux adultes. Que j’aie le courage d’arrêter de fumer. Que j’aie une occasion d’aller à Québec. Que ça me tente d’écrire. Que je devienne cinquantenaire. Que l’éclairage soit parfait pour prendre la photo du jardin que Carole m’a demandée.


Et l’été s’est passé.

L’automne est superbe.


Assez pour redonner le goût d'écrire.