11 octobre 2008

Crises

Et pour l'ambiance ce hit instantané d'octobre 1987, du temps où je faisais de la radio.


Si ma contribution à la blogosphère a fondu comme le Dow Jones ces derniers jours, ce n’était pas faute d’en lire. Depuis mars j’ai pris l’habitude de lire beaucoup de chroniques économiques, aussi les turbulences des dernières semaines ne m’ont pas tellement surpris. Il y a l'incontournable Paul Krugman au New York Times, économiste patenté qui, voyant les hésitations des politiciens à faire face à la crise, reprenait ce mot: «We are a Banana Republic with nukes». On verrait bien en effet Bush à la tête du San Theodoros. D'ailleurs le caricaturiste Ted Rall le voit aussi:




J'aime bien aussi Naked Capitalism d'abord pour le titre et ensuite pour les analyses critiques des nouvelles économiques. Le plus noir de ces blogueurs est sans doute l'économiste Nouriel Roubini, surnommé Dr. Doom par le New York Times. Sur son site RGE Monitor il a prévu dès février la longue décomposition du système financier mondial. Et pendant que j'écris ces lignes, les ministres des finances du G20 discutent des mesures à prendre on souhaite qu'ils aient lu sa dernière analyse. Et je suis assez pessimiste sur les résultats.

Au fond, cette crise financière était assez prévisible. La bulle immobilière américaine (mais aussi européenne) ne pouvait pas tenir: le prix des maisons ne peut pas augmenter indéfiniment de 10% par année. De même, les outils de financement sophistiqués ne peuvent pas créer des capitaux qui n'existent pas. Mais si je n'ai aucune pitié pour les boys à MBA qui se retrouveront à la rue, j'en ai pour tout ceux qu'on a bernés dans ce système. Pour les retraités qui voient fondre leurs épargnes de jour en jour. Pour les gens de classe plus ou moins moyenne qui perdent leur maisons. Chez Calculated Risk, autre fine lame de l'analyse financière j'ai vu ce video assez triste et dérisoire sur les conséquences étranges de cette crise. C'est en anglais mais je ne résiste pas à la mettre ici. La présentatrice est, disons assez californienne.




En tout cas. Reste à souhaiter que les dirigeants politiques et les rapaces de la finances apprennent la leçon.

On peut toujours espérer.

1 commentaire:

Ghyslain Chamberland a dit...

C'est inquétant de voir comment un papillon attiré par la lumière de ses rêves voit ceux-ci se transformer en cauchemars. Les vendeurs de rêves, qui vendent des échasses hypothécaires complètement mangés par les mites, s'écroulent à leur tour.
Pathétique cette culture du mensonge économique.

Banana Republic with nukes... C'est tellement vrai.

Vivre avec un tel voisin, comme les États-Unis, est inquétant. Comme être un voisin de la tour de Pise. On espère qu'il ne ventra pas trop dans notre direction...

Inspirant tes liens...