Il fait mauvais ce soir. Pour les automobilistes s'entend. Le 14 février hante Sherbrooke. Ce n'est pas qu'on soit obsédé de la Saint-Valentin, c'est plutôt qu'on se souvient de celle il y a deux ans où la ville avait bloqué. Tantôt la côte King était fermée. Ça semble moins pire ce soir. Je suis au chaud, j'écoute Dylan, en buvant un bon petit rouge ramassé à la Régie tantôt.
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Depuis les derniers mois, je suis attentivement l'actualité économique et comme j'ai l'intention de ravauder mon blogue dans les prochains jours, pourquoi ne pas y inaugurer une liste de blogueurs de crise que je suis régulièrement. Of course la plupart de ces sites sont en anglais (suis ouvert aux suggestions). Anyway money talks. In english ouite parfois ze frenche accentte. Et pour se mettre dans l'ambiance, quelques chansons de circonstance.
David Byrne, The sound of buisness (Music for the Knee play)
Leonard Cohen, the Future, the future.
Et si tout cela vous déprime, un peu de rock indépendant français :
Pigalle, Renaitre, Regards affligés...
Le plus classique est Paul Krugman. Il écrit dans le New York Times. Il est prix Nobel. Il a son blogue. Dans les quasi institutionnels, par le sérieux et parce qu'ils ne sont pas inféodés, il y a Calculated Risk blogue immobilier mais qui déborde sur l'économie, ses graphiques sont légendaires. Naked Capitalism (titre prophétique, le roi est effectivenet nu) reprend les textes du jour et les déconstruit soigneusement. Un dernier, Jesse, réfugié en Suisse évidemment, où il tient un Café Américain parfois amer mais toujours lucide. Je serais malhonnête de dire que je comprends toujours ces experts, mais à force de les fréquenter ils me donnent l'intelligence de choses que je ne comprends pas.
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Dans ce monde, il y a des piétons astucieux. Tropical bear est le genre d'amateur français comme on les aime. De l'île de la Réunion cet amateur serait riche à Wall Street mais voilà, c'est un bricoleur astucieux et lucide comme on en voit dans les films de Tati, mettons. Comme c'est un prof, il a le souci d'expliquer, aussi ses archives sont riches. Dans le genre britannique, tongue in cheek, j'adore Some assembly required, parce que il a inventé une forme de bloggage qui est un exercice de style, une forme, mais aussi un fond qui n'oublie jamais la dimension bêtement écologique de cette crise.
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Dernier groupe, que j'appellerais les résistants. De ceux là il y en a plein de québécois qui sont déjà la et d'autres que je devrais ajouter. Ils auront leur note à eux seuls. Signalons pour ce soir quelques américains. C'est qu'il y en a qui ne croient plus aux USA. Qui pensent que tout va s'effondrer. C'est une idéologie à laquelle je n'adhère pas trop, celle des survivialistes, de ceux qui se préparent en amassant des réserves de nourriture et des gros guns, préparés qu'ils seraient à la catastrophe à venir. Mais est-ce une idéologie si différente de celle des granos des années 1970 ? Et pour avoir habité à la campagne il est utile de se faire des réserves, au cas où.
De ces très noirs prophètes, j'ai dit comme j'aimais Clusteredfuck Nation, critique des banlieues infinies dans lesquelles ont vit en général. J'aime bien aussi les cris de ce très vermontois Ashes to Ashes, lui aussi préoccupé de ce que les USA soint aux abonnés absents. Et si il y a beaucoup de merdes paranoiaques beauf dans ce mouvement de survie (ceux qui amassent les fusils plus que les grains ou les fêves) mais Dégringolade me semble plus critique, plus humain. Parce que entre une recette de bière maison ou de fêves de survie, il n'a pas oublié qu'on a besoin de livres.
Ceux qui lisent ce bloque depuis un certain temps savent le plaisir que j'ai à fréquenter ce grand auteur qu'était Philippe Muray. C'est sans doute un des meilleurs critiques de cet étrange monde dans lequel on vit. Son ironie brillante et râleuse, son verbe abondant, quelque part entre Céline et San Antonio, avait le don de gratter le bobo parisien ou québécois là où ça fait mal, c'est à dire dans la conscience.
Il s'était amusé à écrire Minimum respect, un recueil de poèmes, des vers de mirliton disait-il. Non sans avoir assassiné la poésie au préalable:
«Ce qu'il y avait d'inqualifiable, jusqu'à moi, dans la poésie, c'était la poésie. Celle ci évacuée, on remarquera qu'il ne reste que de l'excellent : rimes se situant très en dessous du seuil de pauvreté, alexandrins utilitaires, strophes de circonstance aggravante, rythmes contraints à la plus sourcilleuse efficacité, refrains contagieusement drôles, cadences infernales, comptines mémorables, vers enfin, vers luisants de bonheur de ne plus avoir de troubadours sur le dos comme par le passé. (...) Ce qui handicapait la poésie, jusqu'à moi, c'était le lyrisme, c'est à dire la poésie»
Sur une idée de Benoît Duteurtre, Muray avait eu le temps d'enregistrer quelques-uns de ses poèmes, accompagnés de musiciens étonnants. Cela donne un des disques les plus jouissifs que j'aie entendu depuis longtemps. Surprenant. Je se me serais pas attendu à ce qu'un néo-réactionnaire, honni aux Inrocks soit si près du slam. Écoutez plutôt:
Celle-ci est surprenante d'actualité:
Et une dernière pour la route, dans un genre différent:
Non pas que je veuille cracher dans la soupe. Je souhaite, naïvement probablement, que l’arrivée du nouveau président aide les États-Unis à aller mieux. De toutes façons, il ne peut pas faire pire que Bush. Et laissons lui un peu de temps de réaliser ses espérances.
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J’en ai cependant contre l’hystérie médiatique qui entoure cette investiture. Désautels y a consacré toute son émission. Toute. Le discours et les festivités à Washington Les réactions à New York à Chicago, les remarques de l’omniscient Dany Lafferrière (expert en quoi ? en négritude ?). Obama ciObama là. Il ne se passait rien d’autre dans le monde.
C’est un moment historique, direz-vous, une noir président des USA. Ben non c’est plutôt un événement hystérique. Que je sache, l’histoire est dernière nous pas à l’avant. Bravo pour l’espoir mais pour l’histoire l’arrivée de George Bush a eu beaucoup plus d’effet. Pour le pire évidemment., mais ce calamiteux président, ne serait-ce que par son effet repoussoir, soulève par devers son successeur des attentes qui sont peut-être trop hautes.
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Une fois les bals finis, la gueule de bois sera solide. Un système financier en banqueroute, où les Danaïdes bancaires n’en finissent plus d’aspirer les milliards sans que leurs tonneaux s’emplissent. Des obligations militairesà long terme aussi coûteuses qu’illusoires. Vous avez aimé l’Irak ? Vous allez adorer l’Afghanistan. Demain le Pakistan. Après-demain le Mexique ? Ou les Etats-Unis eux-mêmes ?
L’un des paradoxes de cette crise c’est que les craintes qu’elle soulève sont le reflet exact des espoirs que l’arrivée d’Obama promet. Il le dit d’ailleurs lui-même : «On this day, we gather because we have chosen hope over fear, unity of purpose over conflict and discord. » . C’est un beau et granddiscours et je ne peux que souhaiter que sa générosité soit suivie d’effets réels.S’il y réussit, alors ce sera historique.
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C'est que le changement souhaitable est connu depuis longtemps. Moins de tévé, moins de chars moins de pétrole, moins de bébelles et moins de bombes. C'est dans Thoreau, Jefferson ou Lewis Mumford. Plus de vie, de réel, de nature et de beauté.
Dur à faire comprendre quand le monde est un écran qu'on regarde dans un bungalow.
«The fact is that recent economic numbers have been terrifying, not just in the United States but around the world. Manufacturing, in particular, is plunging everywhere. Banks aren’t lending; businesses and consumers aren’t spending. Let’s not mince words: This looks an awful lot like the beginning of a second Great Depression.»
Naviguer sur le web amène à des découvertes curieuses. Ainsi les mesures du monde sont définies par le Bureau international des poids et mesures, dans cette brochure. C'est probablement le seul organisme au monde où le texte français prime sur sa traduction en anglais. On y définit comme suit le kilo: (Les gras sont miens)
«2.1.1.2 Unité de masse (kilogramme)
Le prototype international du kilogramme, un objet fabriqué spécialement en platine iridié, est conservé au BIPM dans les conditions fixées par la 1re CGPM en 1889 (CR, 34-38) lorsqu’elle approuva ce prototype et déclara : Ce prototype sera considéré désormais comme unité de masse.
La 3e CGPM (1901 ; CR, 70), dans une déclaration tendant à faire cesser l’ambiguïté qui existait dans l’usage courant sur l’utilisation du terme « poids », confirma que : Le kilogramme est l’unité de masse ; il est égal à la masse du prototype international du kilogramme.
Il en résulte que la masse du prototype international du kilogramme est toujours égale à 1 kilogramme exactement, m (K ) = 1 kg. Cependant, en raison de l’accumulation inévitable de polluants sur les surfaces, le prototype international subit une contamination réversible de surface d’environ 1 μg par an en masse. C’est pourquoi le Comité international a déclaré que, jusqu’à plus ample information, la masse de référence du prototype international est celle qui suit immédiatement le nettoyage lavage selon une méthode spécifique (PV, 1989, 57, 15-16 et PV, 1990, 58, 10-12).»
Je ne sais pas si on a fait une cérémonie élaborée de ce rituel du lavage du kilogramme sacré ? On imagine une théorie d'hommes en blancs et tout un processus de récurage très zen.
En tout cas il a l'air assez délicat et étrange à manipuler ce kilo :
Bon je prends une pause entre les cent mille copies qui sont ma seule lecture depuis les derniers jours. D'ailleurs quelqu'un peut-il m'expliquer l'urgence de déposer les notes un vendredi 2 janvier alors personne n'est au collège avant le 5 ? Première résolution: Mieux répartir mes corrections.
Deuxième résolution: Lire moins de choses alarmistes sur la crise. Comme ces prédictions. N'en retenir qu'il va falloir s'adapter en un an ou deux à mode de vie plus frugal et plus sain, même si pour le moment je vis une période de vaches grasses.
Troisième résolution voyager plus cet été. Quand je pense que je n'ai pas mis les pieds à Québec depuis deux ans... J'ai en tête le projet d'un bon manuel ou synthèse de géographie du Québec à réaliser d'ici deux ou trois ans, il me faudra donc voir et revoir sa géographie par les pieds comme disait le bon Raoul Blanchard. Beauce, Abitibi, Mauricie, Outaouais, Saguenay me voici !
Pour le reste, il ne me reste qu'à souhaiter à mes quelques lecteurs de passer au travers d'une année qui s'annonce agitée et houleuse et de conserver ce qui s'appelle l'espérance à travers les grandes et petites joies du quotidien.
Il y a des fois où je pense que je lis trop de blogues économiques. Ça rend extrêmement pessimiste. On a l’impression d’assister à une grosse catastrophe au ralenti. Une sorte de désastre abstrait. Les milliards pleuvent, se gonflent et se dégonflent. Le prix du pétrole passe de 50$ à 150$ le baril pour redescendre à 40$ en moins de deux ans. En six mois le dollar canadien passe de la parité à 80 sous US. La bourse perd la moitié de sa valeur. GM est en faillite.
Si, sous Eisenhower, ce qui était bon pour GM était bon pour les Etats-Unis et vice versa, devient inquiétant sous Bush.
C’est qu’à suivre les indicateurs économiques, on a l’impression de revoir ce veux cliché des films de série B quand la machine devient folle et que les aiguilles des cadrans se mettent à tourner en tout sens. Il y a un mois, le ministre des finances du Canada coupait les dépenses par peur d’un déficit, voilà qu’il songe à en faire un de 30 milliards en 5 ans et que c’est une bonne chose. D’ailleurs l’exemple vient d’en bas. Sans le dire, les USA viennent à de nationaliser en douce le secteur bancaire, les assurances, maintenant l’automobile. Demain l’électricité, la santé et pourquoi pas l’acier, les chemins de fer et les transports ? Ironique qu’un Bush ennemi soit disant déclaré du big government finisse sa carrière en socialiste obligé. Mais, comme on dit au Monde Diplomatique, socialisons les pertes, privatisons les profits.
Personnellement, cette crise ne me touche pas. Je n’ai pas tellement d’argent investi. Le boulot ne manque pas, au contraire. Et dans mon domaine, force est de croire que l’avenir est pas mal. Les chômeurs seront instruits. Les étudiants, ayant moins de boulot, pourront même peut-être même s’intéresser un peu plus à leurs cours
Et c’est là où je rêve que cette crise ramène aux choses ordinaires. A une société plus tranquille, plus locale.
.A 8 38 radio canada annonçait les libéraux majoritaires il est 21h 04, il ne sont plus majoritaires ? Trop vite ? encore trop de luttes très chaudes dans la région de Québec...
addenda 22h30 Faux espoir finalement mais libéraux n'ont pas eu la victoire attendue, c'est toujours ça de pris...
Il fait moins 21 ce matin d’élections, ce qui n’est pas catastrophique puisque je suis à 2 minutes à pied du bureau de vote. Que dire de cette malheureuse élection qui s’est noyée dans le cirque politique fédéral ?Les enjeux n’étaient certes pas très élevés : la tempête économique qui débute force à naviguer à vue et l’incertitude à venir va brouiller les projets des partis.
Disons que le retour vers le centre des libéraux et le bourassisme qu’on a imposé à Charest lui a réussi. Il a mené une campagne terne, sans doute, mais efficace. Du côté du PQ si Pauline Marois a bien fait si elle n’a pas soulevé l’enthousiasme. Et soyons francs, à part la question nationale les deux partis de gouvernement on des projets qui se ressemblent, à part peut-être la touche un peu plus étatiste du PQ.
Tout le piment de cette élection tient dans le niveau de déconfiture de l’ADQ. Il sera sûrement suffisant pour permettre au PQ de reprendre ses positions traditionnelles dans les Laurentides, Lanaudière, les couronnes Nord et Sud de Montréal et au centre du Québec. Au total, probablement une quinzaine de gains possibles. Quelques gains aussi des libéraux aux dépends de l’ADQ dans les comtés plus conservateurs (Shefford, Huntingdon, Iberville ?) La Mauricie sera plus disputée; libéraux et péquistes vont probablement récupérer chacun quelques dépouilles l’ADQ.
Cette élection va se jouer dans deux régions : Québec et Chaudière-Appalaches. Le degré de résistance du vote adéquiste y fera la différence entre une gouvernement libéralmajoritaire ou minoritaire ou même péquiste minoritaire (rêvons un peu). J’ai l’impression qu’on y sous-estime la résistance de l’adéquisme. Je l’ai souvent dit, cette mouvance autonomiste molle conservatrice voire même réactionnaire correspond à une strate de l’électorat qui ne se reconnaît pas dans les deux partis de gouvernement que sont le PQ et les libéraux.A ce titre, le maintien des conservateurs dans cette région du Québec me laisse entrevoir celui de l’ADQ surtout dans les banlieues nord et sud de Québec ainsi qu’en Beauce et dans Lotbinière. Or, c’est précisément là où les libéraux aimeraient gagner pour s’assurer une majorité. A surveiller donc.
Ailleurs, dans les régions plus péquistes du Saguenay, Bas-Saint-Laurent , Gaspésie et Abitibi, je n’exclus pas deux ou trois gains libéraux mais probablement pas de vague. Les îles de Montréal et Laval me semblent figées sauf dans les rares circonscriptions habituellement disputées comme Crémazie.
Attendez vous à ce qu’on n’élise Jean Charest dans Sherbrooke qu’une fois la dernière boîte de scrutin vidée. Et enfin, dans mon comté de Saint-François, je souhaite que mon candidat péquiste Raymond Hébert l’emporte sur la ministre Gagnon-Tremblay. Elle pourra continuer à se momifier tranquillement chez elle.
Ce soir je n'ai pas la tête à me lancer dans de vastes analyses. Mais c'est un billet que je veux faire depuis un bout de temps. Dans l'émission de Monique Giroux il y a des chansons qui sont des plaisirs coupables. Immensément quétaines. En général, Dalida y règne. Voici la mienne.
Version originale. La blonde de l'auteur, Michel Berger, France Gall l'a reprise ainsi:
J'ai écouté le débat d'hier à la radio. J'en garde un souvenir confus ce matin. Beaucoup d'échanges se sont perdus en devenant des monologues parallèles, chacun enterrant l'autre pendant que Stéphane Bureau était impuissant à ramener l'ordre. Généralement en donnant la parole à Charest. Qui en profitait pour débiter ses platitudes habituelles, cet homme me hérisse quand il joue au partisan.
Je n'aime pas tellement Pauline (il n'y que des prénoms au PQ cette saison) mais je dois dire qu'elle s'en est bien tiré, minouchant suavement son programme et jouant la déterminée quand venait le temps de donner quelques baffes (méritées) à notre poodle national qui japillait trop. Juste assez compatissante avec Mario pour ne pas effaroucher sa base électorale, avec ce ton doucereux et ferme d'une travailleuse sociale intervenante. Dumont a été égal à lui même. Démagogue à clips, il a su garder son monopole du gros bons sens et esquiver les conséquences de ce qui lui tient lieu de programme.
Sur le fond, Charest a fait une bonne imitation de la tradition bourassiste chère aux libéraux. Prospérité économique et lénification générale des esprits, tout ira très bien. Pauline, qui partage en gros le même programme, à la souveraineté près, a su marquer cette différence sans trop s'alourdir. Quant à l'ADQ, on cherche encore la substance sous les slogans.
Le cas de l'éducation est patent. Marois et Charest s'entendent pour diminuer la taille des classes ce qui, sans être la panacée qu'on croit, aidera au moins les profs à mieux encadrer les cas lourds de plus en plus nombreux dans les classes. Les deux savent que la réforme pourra être utile à faire face à des élèves trop souvent passifs, zombifiés par la télé, les ordis ou le joint de pot occasionnel. Mario rêve quant à lui d'un high school américain du Kansas des années 1950 et oublie qu'on y trouve parfois maintenant des détecteurs d'armes aux entrées. Ce qui est possible à Rivière-du-Loup ne l'est pas nécessairement dans Côte-des-Neiges ou Montréal-Nord.
Au total, Charest a un peu perdu parce que le jupon de son arrogance du premier mandat dépassait trop souvent, ce qui va lui nuire. Pauline Marois a gagné sûrement en stature: si elle a réussi à moins m'énerver que d'habitude peut être saura-t'elle également ramener les brebis dispersées de son troupeau. Mario Dumont a joué les cordes sensibles de son électorat créditiste et conservateur, là aussi il sauvera quelques meubles ce qui, dans le camp adéquiste, décrit bien son équipe.
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En ouvrant le compte rendu du sondage de La Presse tôt ce matin sur Cyberpresse on lit (lisait?) ceci :
Trente-huit pour cent des répondants qualifient la performance de la chef péquiste d'«excellente» ou «très bonne». C'est huit points de pourcentage de moins que le chef libéral Jean Charest, qui récolte 30% d'appuis très positifs.
On manque de calculatrices, rue Saint-Jacques.
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En quête de live blogging suis allé lire Patrick Lagacé et Michèle Ouellet dans Cyberpresse. Entre leurs commentaires sur les sujets on y débat surtout esthétique, entre Botox et perruque.
Je ne sais pas encore si j'écouterai le débat des chefs, possible point tournant de la campagne électorale au Québec. Je crains qu'il ne soit aussi somnifère que le reste. Mais voilà que Michel David du Devoir a décidé de poser les vraies questions. À choix multiples, en plus. Petit échantillon sur le thème de l'économie:
«Économie et finances
À Jean Charest: Quelle est la meilleure illustration de votre capacité de mener de grands projets?
a) la centrale thermique du Suroît
b) le déménagement du casino
c) le CHUM
À Pauline Marois: Quelle est la meilleure illustration de la bonne gestion économique d'un gouvernement péquiste?
a) le métro de Laval
b) la Gaspésia
c) les 771 millions perdus par la SGF
À Mario Dumont: Puisque Gilles Taillon semble résolu à quitter la politique, qui serait votre ministre des Finances?
Alors que les mauvaises nouvelles financières s'accumulent quelques blogues économiques se tournent au delà de la crise de 1929 pour aller vers la Grande dépression des années 1873 à 1890. Le parallèle est troublant.
J'aime bien Victor-Lévy Beaulieu. C'est une grande gueule qui, à lui seul, a plus d'humour que les trois chefs de partis qui nous affligent. Il est candididat indépendant-iste dans Rivière du Loup. Si c'était mon coin, je voterais pour lui, ne serait-ce que pour améliorer le niveau du discours politique. Son site web vaut un petit détour.
Il devait être 10h 30 hier soir quand je me suis couché, trop endormi pour attendre la fin officielle de l’élection américaine dont le résultat était déjà évident. Toute la journée, je naviguais entre deux intuitions sur les résultats. Soit une heureuse surprise et un raz-de-marée démocrate au-delà des espérances, ou, au contraire, une victoire d’Obama un peu plus en demi-teinte. Levé trop tôt ce matin, je n’ai pu constater qu’un résultat plus près de ma deuxième idée.
En bon québécois qui aime les louseurs, j’ai commencé par écouter le discours de concession de McCain Un discours généreux, ouvert et rassembleur, digne de cet homme que je ne peux m’empêcher de trouver sympathique. Et pourtant, on sentait la hargne de son auditoire qui ne se gênait pas pour huer à chaque fois le le nom de l’adversaire honni était prononcé. Réflexe fanatique que l’inconsciente Palin a su si bien attiser ces derniers mois.
J’ai écouté ensuite le discours victorieux et noble d’Obama. Il était émouvant, à la hauteur du grand orateur qu’il est. Mais est-ce moi ? Il me semble que je l’ai vu presque agacé vers la fin quand la foule reprenait comme une incantation guerrière le yes we can qui revenait en refrain dans sa péroraison ? Et si cette victoire n’était pas si triomphale ?
En bon géographe, je retourne donc aux cartes. À celles si bien faites du New York Times qui m’ont accompagnées hier soir dans ma soirée électorale, mes quelques échappées vers les réseaux n’ayant que confirmé mon allergie au clinquant et à la superficialité télévisuelles. C’est que ces cartes ont quelque chose que la plupart de celles que j’ai vues n’ont pas : la profondeur du temps. On peut y comparer les résultats depuis 1992. Et comme aux USA all politics are local voici celle du vote d’hier par comtés :
Et voici celle de la deuxième élection de Clinton en 1996 (celles de 1992 et de 2000 sont assez semblables)
Et c’est là que s’éclaircit mon analyse : Obama et les démocrates avec lui n’ont pas su rejoindre l’Amérique rurale profonde hors de la Nouvelle-Angleterre et de la région des Grands-Lacs, ce que Clinton avait réussi à faire. Il lui faudra donc aller vers ce terrain probablement pas naturel aux démocrates. Je lui souhaite d’être à la hauteur de ce grand défi : la crise qui s’en vient est profonde et les Etats-Unis que lui laissent le calamiteux Bush sont affaiblis.
Espérons qu’il sache construire des ponts qui aillent quelque part, les autres étant une spécialité de l’Alaska.
C'est sans doute un ballon électoral que vient de lancer Jean Charest. Pas sûr que l'opinion ne le suive, déjà que les élections fédérales n'ont rien changé ou presque, je ne sesn pas tellement les québécois avoir autre chose que le goût de réélire à peu près la même Assemblée nationale. En ce sens, l'analyse de Chantale Hébert est pertinente: l'électorat est volatil. Il ne serait pas étonnant que les sondages qui laissaient croire au retour de certains adéquistes (je ne parle pas de députés) vers les libéraux donnent une autre lecture une fois la campagne lancée.
C'est que l'adéquisme est un phare. Non pas que les idées de Mario Dumont soient particulièrement brillantes, mais bien parce qu'elles allument l'électorat par intermittence. Possible que ces élections dont personne ne veut ramènent à l'ADQ les gens de rien inquiets de la situation économique.
À moins que ce qui s'annonce au plan économique ne serve d'alibi à Charest pour tenter d'aller chercher un mandat fort avant que ne ça devienne pire.
Ce soir, je n'ai rien à dire que des banalités. De rénos ou d'autrement. Alors on laisse la place à d'autres qu'on invite sans que les os leur fassent mal. Une vieille habitude de radio. Quand il fait chaud en juillet.
Dans une heure on pourra avoir les résultats des élections. Mais je me doute tellement du résultat. Pour résumer, les conservateurs vont perdre trois ou quatre comtés dans l'Atlantique au profit des libéraux. Au Québec, le Bloc va probablement gagner 4 ou 5 circonscriptions sur les conservateurs, au Saguenay et à Québec mais la tarte du patrimoine restera là, l'ex de Mme Couillard aussi. Peut-être un ou deux gains libéraux à Montréal dont hélas celui du fils de.
Dans le reste du Canada, les conservateurs vont probablement grignoter quelques libéraux dans les banlieues de Toronto, mais moins qu'on ne le croit. Dans les Prairies, les quelques points rouges ou jaunes de la mer bleue disparaitront au fur et à mesure qu'on s'approchera des Rocheuses. Comme toujours, la Colombie-Britannique votera n'importe comment.
Et pour l'ambiance ce hit instantané d'octobre 1987, du temps où je faisais de la radio.
Si ma contribution à la blogosphère a fondu comme le Dow Jones ces derniers jours, ce n’était pas faute d’en lire. Depuis mars j’ai pris l’habitude de lire beaucoup de chroniques économiques, aussi les turbulences des dernières semaines ne m’ont pas tellement surpris. Il y a l'incontournable Paul Krugman au New York Times, économiste patenté qui, voyant les hésitations des politiciens à faire face à la crise, reprenait ce mot: «We are a Banana Republic with nukes». On verrait bien en effet Bush à la tête du San Theodoros. D'ailleurs le caricaturiste Ted Rall le voit aussi:
J'aime bien aussi Naked Capitalism d'abord pour le titre et ensuite pour les analyses critiques des nouvelles économiques. Le plus noir de ces blogueurs est sans doute l'économiste Nouriel Roubini, surnommé Dr. Doom par le New York Times. Sur son site RGE Monitor il a prévu dès février la longue décomposition du système financier mondial. Et pendant que j'écris ces lignes, les ministres des finances du G20 discutent des mesures à prendre on souhaite qu'ils aient lu sa dernière analyse. Et je suis assez pessimiste sur les résultats.
Au fond, cette crise financière était assez prévisible. La bulle immobilière américaine (mais aussi européenne) ne pouvait pas tenir: le prix des maisons ne peut pas augmenter indéfiniment de 10% par année. De même, les outils de financement sophistiqués ne peuvent pas créer des capitaux qui n'existent pas. Mais si je n'ai aucune pitié pour les boys à MBA qui se retrouveront à la rue, j'en ai pour tout ceux qu'on a bernés dans ce système. Pour les retraités qui voient fondre leurs épargnes de jour en jour. Pour les gens de classe plus ou moins moyenne qui perdent leur maisons. Chez Calculated Risk, autre fine lame de l'analyse financière j'ai vu ce video assez triste et dérisoire sur les conséquences étranges de cette crise. C'est en anglais mais je ne résiste pas à la mettre ici. La présentatrice est, disons assez californienne.
En tout cas. Reste à souhaiter que les dirigeants politiques et les rapaces de la finances apprennent la leçon.
Trois mois sans rien écrire ici. Pas tant que je n’avais rien à dire mais que je n’en avais pas le goût. Attendre l’été pour qu’il arrive à la rentrée. Et avec lui le prétexte de ne plus avoir de temps. Grosse session à temps plein. Et maintenant une pile de copies assez haute pour me redonner le plaisir de procrastiner la correction.
Passer du temps à me demander s’il ne serait pas plus simple de mettre un pont final à ce blogue. Mais ceux qui me connaissent savent que j’ai horreur de finir les choses. J’aime garder une porte ouverte au cas où. Attendre.
J’ai passé une bonne partie de l’été à attendre. Que le l’été arrive. Que finisse mon cours aux adultes. Que j’aie le courage d’arrêter de fumer. Que j’aie une occasion d’aller à Québec. Que ça me tente d’écrire. Que je devienne cinquantenaire. Que l’éclairage soit parfait pour prendre laphoto du jardin que Carole m’a demandée.
Tout d'abord, deux mots pour rassurer mes rares lecteurs, je suis bien vivant, quelque part entre le jardinage intensif et le repos. Les vacances sont presque là et l'automne s'annonce occupé. Il s'ensuit que le chaouin normal prend un peu de repos préventif.
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Depuis un an ou deux, j'avais remarqué d'étranges petits panneaux qui apparaissaient ici et là à Sherbrooke. Des petits bonhommes à coeur gros, sur des bouts de planches ou de plastique récupérés, affichés un peu partout en ville.
Au début, il y en avait beaucoup autour d'une peine d'amour. Puis d'autres plus joyeuses. Et d'autres ironiques Et de plus en plus des idées, des commentaires sur le monde. Renseignements pris, on m'a dit qu'il s'agit d'un certain Yannick. Il habite en ville, a des idées de gauche. Un gars gentil dont tout le monde me parle en bien. Et pour cause. Voilà de l'art vivant. Plus intégré que plein de commandes officielles. Un art secret à la vue de tous mais que personne ne voit, sauf peut être ceux qui regardent encore la ville.
Il n'était pas mon premier choix, au moins avec la Clinton on savait à quoi s'attendre. Je le trouvais grandiloquent mais les américains ont tellement besoin de croire...
Dans ce duo, la blonde (Dinah Shore) écoute et essaie de suivre Mahalia Jackson qui est probablement la seule personne qui me ferait croire en quelque chose. Allez voir cet extrait de spectacle où des bobos européens, vaguement encore colonisateurs des années soixante, écoutent cette grande chanteuse . Juste le lien, parce que ça se regarde plein écran.
Le monde globalisé dans lequel on vit a parfois de ces étrangetés. Ainsi, en Inde, dans le Rajasthan le chameau est plus rentable que le tracteur. À quand le retour du cheval canadien *?
* Il ne me semble pas particulièrement coast to coast, ce cheval qui a un « tempérament énergique et ardent, doux et docile en même temps. Il est très polyvalent, rustique et frugal. Il est fort, d’une endurance et une robustesse légendaire.» comme il est dit ici. Toute ressemblance avec le bon vieux canadien-français étant ce qu'elle est.
Pour cause de bronchite enfin finie. Pour cause de trop beau temps Pour cause de trop de cours à préparer Pour cause de jardinage hâtif Pour cause de trop de choses à lire
Parce que les piles de copies à corriger concomitantes
J'aime bien Daniel Turp. Dans la députation péquiste il me semble plus original que bien des vieux de la vieille pourtant plus jeunes que lui. Et voilà qu'il lance une pétition pour que point qc soit reconnu comme le .cat de la Catalogne. Je ne vois pas pourquoi non. Même le parlement fédéral prétend que nous sommes une nation. Alors j'ai signé.
Bien sûr, il y aurait beaucoup à dire. Sur l'épidémie de chauvinisme imbécile qui accompagne maintenant la fièvre des séries éliminatoires de hockey à grands coups de drapeaux probablement made in China. Sur cette étrange et inquiétante spéculation dans les céréales: prélude de choses graves à venir ou grand final cacophonique des spéculateurs financiers ?
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Mais il y avait cette éclaircie inespérée tantôt, tant pis pour les piles à corriger, je sors en profiter. Amenons le kodak.
Le jardin sort de sa gangue de neige. Il y a même des tulipes qui pointent. Le rhododendron a bien passé l'hiver.
Clin d'oeil à un nouvel ami de blogue: notre inukshuk est toujours dans son élément.
La plate-bande à l'avant est plein Sud alors les crocus en ont profité pour s'ouvrir un peu aux quelques rayons de soleil. Au premier grand redoux du printemps, il y a deux semaines, on a eu des moment magiques de soleil et de brume. Mais aujourd'hui c'est plus gris. En passant, vous ne voyez pas ce pylône que dans sa vision à courte vue, le conseil municipal à préféré à l'enfouissement pour faire quelques économies de bout de chandelles. Mais la grande révolution prolétarienne s'en vient bientôt: À voir ces affiches, un gars comme moi qui a connu la prolifération des groupuscules de gauche des années 1975-1980 se dit que c'est normal. Comptez sur les conservateurs pour augmenter le budget des provocateurs des services secrets ;-). Quand même incroyable de croire encore en ces choses en 2008 ! Ça m'apprendra à vivre proche d'un cégep.
En traversant à l'épicerie coup d'oeil à la jauge de la rivière: et au retour: Mais c'est qu'elle a monté de deux pouces en une demie-heure... à surveiller donc.
Gros changements dans le quartier: L'hôtel Albert, un chic endroit que les sherbrookois connaissent tous mais que personne ne fréquente, se refait une beauté mais fait dur en attendant: C'est que la ville a décidé de construire un HLM pour redonner du lustre à ce coin déchu de Sherbrooke les fantômes habitent ce vieux bloc: Et pour sa dernière séance, le cinéma Capitol est devenu un théâtre grec: Oui, tout ça est gris. C'est que le printemps québécois est d'abord sale et poussiéreux. Puis il explose. Tout devient vert tendre. Les forêts reprennent les couleurs de l'automne mais dans des tons pastels. Les soirées sont toutes de brises douces. C'est le paradis. Jusqu'à ce que les maringouins et les mouches noires sortent.
Il fait soleil, mais le fond de l’air est froid. Le froid sec et bleu de l’hiver avec un petit vent qui balaie toute chaleur qui pourrait s’accumuler. Pourtant, les bancs de neige de la rue fondent un peu, comme s’ils étaient gênés d’être encore là si tard. Celui qui couvre la plate-bande d’en avant a assez reculé pour laisser voir la terre. Et ce matin, au pied de la petite falaise blanche, quelques pointes de crocus. Ça achève.
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Et lisez le Foglia d’aujourd’hui. Plongée dans le monde ordinaire et à partir de la mort d’une usine, celle d’une époque où l’Humain restait au dessus des machines. Les rouages des temps modernes qui écraboullaient Charlot sont aujourd’hui des impulsions électroniques qui changent les bilans financiers qui commandent des rationalisations pour le grand bien des actionnaires. Dont nous sommes par toutes les Caisses de Dépôt du Monde.
Les sciences administratives sont la forme la plus dévoyée des sciences humaines.
C’est d’ailleurs pour ça qu’elles sont bêtement administratives.
Ginette Reno est l'archétype de la chanteuse québécoise. À cette exception près qu'elle est une vraie chanteuse. Probablement la seule à devoir chanter à 3 pouces du micro parce qu'elle a de la voix, elle. C'est une chanteuse soul. Une négresse blanche d'Amérique. Ce soir là, elle a été le Québec.
Passé une fin de semaine grippé à vedger sur internet. Pour me rendre compte que je ne suis pas le seul grippé. Je ne suis pas économiste, mais à lire le blogue de Paul Krugman du New York Times et à fréquenter quelques autres sites d'économistes, je deviens un peu parano.
«Les Français disent au départ que l’accent des Canadiens est identique à celui de Paris, puis, au XIXe siècle, ils disent qu’il est tout à fait différent. Alors, comment l’expliquer? Ce ne sont pas les Canadiens qui avaient changé leur façon de parler, mais bien les Parisiens. Donc, il fallait chercher comment eux avaient changé», (...)
Pendant longtemps, deux modèles de diction ont coexisté dans la Ville lumière, souligne M. Gendron : le «grand usage», qui était la langue savante des discours publics, employée au Parlement de Paris, dans les cours de justice, par la bourgeoisie instruite et au théâtre; et le «bel usage», utilisé en privé dans les salons de la noblesse. Sa prononciation, plus relâchée que celle du grand usage, devait paraître «naturelle», c’est-à-dire ni vulgaire, ni affectée.
Elle avait tendance à tronquer certaines lettres et faisait rager beaucoup de grammairiens français. Le bel usage prononçait ainsi, entre bien d’autres : «leux valets», «sus la table», «quéqu’un», «velimeux», «des habits neus», «ostiner», «neyer» (noyer), «netteyer», «frèt», etc.
«On dit dans le discours familier qu’il fait “grand fraid” (…) mais en preschant, en plaidant, en haranguant, en déclamant, je dirois “le froid”», écrivait par exemple le grammairien français Gilles Ménage en 1672. (...)
Mais la haute société parisienne, qui a longtemps flotté entre les deux accents, bascule totalement à la révolution de 1789. Le roi de France, ou le «rouè», comme il disait peut-être, est décapité. L’aristocratie, dont le prestige donnait jusque-là préséance au bel usage, fuit la France (quand elle le peut), ce qui laisse toute la place à la bourgeoisie et à «sa» manière de parler. La révolution, écrit M. Gendron, «sera en même temps politique et linguistique. (…) L’autorité et le prestige acquis par les gens de lettres vont leur conférer le pouvoir d’influencer la langue, en devenant le modèle à imiter».
Ce qui prouve que: 1) Le bobo parisien n'est pas une invention récente. 2) Les Québécois ont un parler aristocratique, ce qui est normal puisque nous sommes toujours en monarchie.
Merci à Gérald de m'avoir signalé l'article
Note: le monsieur Gendron (Jean-Denis) dont il est question dans l'article est un professeur de phonétique retraité de l'Université Laval qui vient de publier D’où vient l’accent des Québécois? Et celui des Parisiens? aux Presses de l'Université Laval
Plus ça va, plus je commence à comprendre les coups de gueule de Victor Lévy Beaulieu. Bien sûr, son geste de brûler symboliquement sa Grande tribu relève un peu de l’esbroufe qui fait les bons lancements mais le geste n’en a pas moins une portée plus que symbolique, celle du désarroi de son auteur :
Près de cinquante ans après m’être mis par l’écriture à rêver et à agir, je constate que nous n’avons jamais été aussi loin de l’indépendance que nous le sommes actuellement : nos élites n’ont jamais été aussi veules, même dans les chartes qu’elles nous ont imposées et qui consacrent le seul droit que nous avons encore, celui d’être aliénés ou aliénables.
Fini l’unilinguisme de la Loi 101. Bienvenue au bilinguisme pour tous et, pourquoi pas, au multilinguisme. On ne sait pas apprendre à nos enfants ni à lire ni à écrire le français, mais c’est parce qu’on a besoin d’être immergés, non pas dans la langue de Molière, de Tremblay ou de Lepage, mais dans la mer anglophone.
Pour ces étranges mondialistes-là, on ne devrait même plus avoir de relations privilégiées avec la France. Voyez-vous, elle n’a plus rien d’un empire, tandis que les États-Unis en sont un. Bien sûr, on est contre les guerres que provoque l’empire le plus militaire qu’on ait eu à subir sur la planète, mais qu’importe ! C’est avec l’empire qu’on fait de l’argent.
Demain, on apprendra le mandarin et le cantonais pour les mêmes raisons, non pas pour mieux communiquer culturellement avec le monde comme le prétendent les mondialistes, mais pour mieux y faire de l’argent sale, comme c’est le cas avec le Canada qui, depuis le début de la guerre en Irak et en Afghanistan, est devenu avec les États-Unis, la Chine, la Grande-Bretagne, la Russie et la France, l’un des grands marchands d’armes sur la planète.
On voit le désastre que cela donne en Afrique et dans tous ces pays dits hypocritement en voie de développement : des massacres, des génocides, la mort de millions de personnes, le déplacement de millions d’autres, une pauvreté endémique et les sales maladies qui vont avec.
Il est difficile dans des médias qui, pour la plupart, appartiennent à des intérêts étrangers, de s’y faire entendre vraiment. Même quand Le Devoir promeut le bilinguisme pour tous, on ne peut que désespérer de notre avenir collectif.
Si nous-mêmes comme peuple nous tombons à pieds joints dans l’anglomanie, comment voulez-vous que le français puisse avoir une force d’attraction suffisante pour que les immigrants s’y adonnent véritablement ?
Tout cela pour vous dire que mon désarroi est grand aujourd’hui. Ce Québec français, pacifiste, soucieux des minorités souffrantes d’ailleurs, on est en train de nous l’enlever. Moi, je me sens orphelin ces jours-ci. Doublement orphelin. Orphelin sur ma terre natale, Trois-Pistoles, qui a refusé que je lui redonne ce qu’elle m’avait prêté à ma naissance : ce sens de la culture et son inscription dans la modernité.
Orphelin aussi parce qu’à Montréal on dit de moi que je représente le Québec ancien dont on ne veut plus, que je suis une manière d’ayatollah, sinon de taliban arriéré dont on souhaite la mort, comme l’ont écrit deux lecteurs du journal Le Devoir qui a publié la chose sans sourciller. Imaginez si on avait écrit cela d’un membre de la communauté juive ou d’un musulman ! Le Devoir aurait-il été aussi néolibéral ?
Je ne suis pas aussi nationaliste que VLB. Je parle et lis l’anglais. Je n’ai rien contre l’amélioration de son enseignement au Québec. Mais je ne suis pas non plus dupe. Au Saguenay, on est quand même plus bilingue que dans n’importe quelle région comparable du Canada anglais. Pire encore, l’utopie du Canada bilingue à la Trudeau s’effrite. Par exemple, Statistique Canada constate un recul de la connaissance du français chez les jeunes anglophones hors Québec :
Figure 3 Taux de bilinguisme français–anglais chez les anglophones par groupes d’âge, Canada moins le Québec, 1996 à 2006
Et pourtant, je suis assez québécois bonasse pour trouver important de parler l’anglais alors que le reste du Canada se fout complètement du français. Je ne lui donne pas tort, l’espagnol ou le mandarin sont plus importants dans le monde. Mais qu’on ne me dise plus que ce pays est bilingue. Il ne l’a jamais été et ne le sera jamais. Pas plus que la reconnaissance du Québec comme nation par le parlement fédéral n’a de portée juridique. Au fédéral, quand il s’agit de faire des lois sur le cas québécois on vise plutôt la clarté et messieurs Dion et Harper deviennent grands amis.
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On voudrait bien nous faire croire que l’indépendance du Québec est une question dépassée, qui n’est qu’un phantasme de vieux boomers qui, comme les soixante-huitards français, ont gardé la nostalgie des grands soirs. Ce n’est pas faux. Mais c’est avoir la mémoire un peu courte. L’idée de maintenir une culture francophone en Amérique traverse aussi tout le XIXe siècle et la première partie du XXe, parfois en repli mais aussi en combat de tous les instants. A cet égard, il est aussi constant que la mauvaise foi des anglophones, britanniques ou canadiens.
Et voilà que notre appartenance au Canada nous amène à faire la guerre en Afghanistan. À piétiner Kyoto pour permettre aux albertains de polluer toujours plus, tout en étant largement indemnisés par le fédéral même s’ils sont riches à craquer. À aider la pauvre industrie de l’automobile du Sud ontarien sans rien de semblable pour les régions forestières qui regardent leurs usines fermer une à une. À concentrer toujours plus de richesses dans les mains des financiers de Bay Street.
Et évidemment à devenir toujours plus bilingues, mais ça on le savait déjà:
C’est que, voyez-vous, il y a de ces petites tribus qui se prennent pour le territoire.
Je me relève de trois jours d’enfer gastroentéritien dont je vous épargnerai les détails. Si ce n’est que pour vous dire que le virus est méchant cette année. Je reprends tranquillement vie aujourd’hui.
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Pas grand-chose à dire sur le sujet du jour, le rapport Castonguay, mais pour avoir entendu les réactions tellement prévisibles à la radio aujourd’hui il me semble qu’on va se diriger vers un enterrement de première classe.C’est un peu dommage il me semble. Que les lobby de gauche et syndicaux hurlent est tout à fait normal comme sans doute la droite applaudira à l’ouverture au privé. Mais ce n’est pas de la discussion saine.
Je trouve que c’est quand même dommage. Il y avait là une occasion de remettre en cause certaines manières de faire et notammentla lourdeur d’un ministère somme toute technique qui doit composer avec une pression médiatique et politique qui ont le désavantage de ramener toujours au court terme, aux urgences de madame chose plutôt qu’à une vision de la santé. En ce sens, l’idée de dépolitiser le fonctionnement du ministère en le rendant plus proche d’une agence technique ne me semble pas si bête.
Quant aux hurlements sur la gratuité ils me semblent un peu démagogues : les soins de santé ne le sont pas. On les paie par nos impôts. En ce sens, la proposition d’augmenter la taxe de vente pour le financer peut se défendre (et ramène monsieur Charest à sa démagogie des dernières élections). Et l’idée de responsabiliser les utilisateurs du système par un quelconque montant de coassurance ne me semble pas si bête, d’autant qu’on en exempterait les enfants et les plus pauvres pour conserver l'accès. Et tout le monde sait bien que beaucoup abusent du système en se pointant à l’urgence pour des petits bobos. Et j’aime bien l’idée d’un état de compte de notre consommation à associer aux impôts. Cela ferait peut-être réfléchir les trop taxés.
Mais bon, au Québec on aime bien gueuler quand ça va mal et ne rien faire quand vient le temps de changer les choses.
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Deux petites choses à signaler, en passant. Dans mes aventures gastriques le site Passeport santé m’a justement permis d’avoir une bonne information crédible sur les moyens de me soigner. Il suffit de passer outre à leur une un peu trop nouvelâgeuse pour sauter aux infos sur les maladies et soins. Peut-être est-ce là justement ce genre de service qui fait économiser beaucoup en consultations inutiles.
Et à la radio de Radio-Canada belle série de reportages sur l’éducation en Finlande. Zéro taux de décrochage, les meilleures écoles au monde aux classements internationnaux. Pas de bulletins chiffrés au primaire, des apprentissages en collaboration, un encadrement individuel des élèves bref la réforme appliquée depuis 30 ans. Mais aussi des classes de 24 étudiants jusqu’à 16 ans. On rêve…
Mon infirmière de mère disait des fois ne pas comprendre comment on gaspillait tant d’argent en santé (acharnement thérapeutique) alors que ce sont les jeunes qui devraient être la priorité.
Ce matin en visitant un site web de météo que j'aime bien, je tombe sur une référence à un article du Boston Globe dont voici un extrait:
MoveOn.org just pointed out in an e-mail message that last year, the major TV networks asked presidential candidates 2,679 questions. (Who adds all this stuff up?) The question is, how many were about global warming? Hint: 165 were asked about illegal immigration, 3 were asked about UFOs. You know where I'm going with this, yes, there were just three questions about global warming, it ranked right there with questions about UFOs.
Trois questions sur le réchauffement climatique et autant sur les soucoupes volantes.
Depuis le temps que je pense que ces gens sont d'un autre monde...
Voilà que nos querelles locales rebondissent en France. On s’inquiète dans la République des lettres de l’éventuelle possibilité de peut-être un jour ne plus étudier les classiques français au collégial, au profit de la littérature québécoise. Le lapin a été soulevé dans La Presse par Folch-Ribas et transformé en épouvantail par Lysiane Gagnon (curieux cas de mimétisme ?). Va sans dire que cette consultation n’ira nulle part puisque la chicane existe depuis trop longtemps au collégial pour qu’on change le compromis actuel.
Et tiens, copions le commentaire que j’y ai laissé :
« Sur la forme, cette histoire est assez drôle. Citer Folch-Ribas, écrivain mineur, catalan et perpétuel exilé parisien ou Lysiane Gagnon, antinationaliste et ultrafédéraliste notoire me fait sourire. Sur le fond, c’est un vieux débat: faut-il privilégier la littérature locale vivante ou une littérature incontournable mais bien ancienne et loin du quotidien des jeunes ? Le compromis est ancien dans les cégeps, on fait un peu des deux et ce n’est pas cette enquête qui y changera quelque chose.
Ce qui me hérisse c’est le préjugé français selon lequel toute littérature hors hexagone ne peut être que régionale ou provinciale. Il existe une littérature nationale au Québec, elle est forcément différente de celle de la France. Les référents ne sont pas les mêmes, les réalités qu’elle décrit aussi (On est pas sur le même continent, le saviez-vous?) Et la langue a évolué différemment depuis 300 ans donc les écrivains choisissent entre le français standard ou l’accent local, selon leur sensibilité ou ce dont ils parlent.
En ce sens, la référence à la France est à la fois incontournable et inutile. Un auteur américain n’écrit pas la même langue qu’un britannique et il ne viendrait pas à l’esprit ni à l’un ni à l’autre de se voir régionaliste ou référence incontournable. L’important est qu’ils se lisent les uns les autres. Et savez-vous que jusqu’à ces dernières années il y avait beaucoup plus de centres universitaires d’études québécoises aux États-Unis ou en Allemagne qu’en France ?Question de langue ?
P.S. On écrit Tabarnak, et je doute que l’équivalent sémantique aurait fait un titre de journal au Québec. »
Notons que M. Assouline a corrigé son titre depuis. (il avait écrit tabernacle!)
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Autre débat : la réforme scolaire. Tout d’abord ne pas confondre : la réforme de l’orthographe n’a aucun rapport. On ne fait qu’appliquer les quelques modifications décidées il y a au moins dix ans (accents circonflexes inutiles sur les «i» les «u» et autres babioles). Personnellement, j’irais bien plus loin, mais là n’est pas mon propos.
On oublie toujours de se demander d’où vient cette réforme. Du constat d’un taux de décrochage alarmant au secondaire et ailleurs. Normal donc de réformer l’enseignement. Mais si ça ressemble de plus en plus à un cafouillage c’est que les moyens n’ont pas suivis et que les ministres successifs naviguent à vue, au gré des tempêtes médiatiques soulevées par des journalistes ou commentateurs ignares, suffisants et démagogiques.
Les approches nouvelles proposées par cette réforme s’ajoutent en fait aux pratiques existantes. Tout simplement parce que faire du par cœur c’est bien, c’est facile à mesurer et à chiffrer en bulletins mais cela ne suffit pas. Encore faut-il que les élèves apprennent. Et cela ne marche pas. Je viens de passer deux semaines à apprendre à des cégépiens des notions qu’ils ont vu au moins deux fois au secondaire mais dont ils ne se souviennent plus, faute de les avoir appliquées. C'est-à-dire d’avoir construit des savoirs autour de leurs connaissances. D’où le mot constructivisme qui fait tant rire.
Je suis loin d’être fanatique des verbiages pédagogiques et je trouve qu’il y a là (comme ailleurs) un certain nombre de fumistes. Cela dit, j’en ai aussi contre les imbéciles que la notion de compétences transversales fait sourire. C’est pourtant simple : s’agit de décloisonner les matières pour que tout s’intègre. Parce que écrire une recherche en géographie, c’est un exercice de français. Et de mathématique. Que ça demande des connaissances en histoire. Donc une compétence (savoir écrire correctement) transversale parce qu’elle ne se limite pas à une seule discipline scolaire.
Si cette réforme semble devenir un immense gâchis, c’est qu’elle heurte les préjugés des médiatiques souvent scolarisés dans des collèges élitistes, qu’elle se fait dans un réseau scolaire où bureaucraties syndicales et patronales se sont fossilisées dans des virgules de conventions, sans oublier que, déficit zéro oblige, on a sous investi en éducation autant sinon plus que partout ailleurs au Québec. Sans compter les classes surchargées d'enfants rois dont les parents clients refusent de se mêler d'éducation puisqu'ils payent assez d'impôts pour ça.
Et peut être aussi que sous le problème du décochage il y a peut-être quelque chose de plus simple et de plus profond.
Genre préférer travailler au dépanneur pour se payer un char plutôt que d’étudier.
Le lundi est ma grosse journée. L’avant midi au cégep et ensuite un saut en taxi pour un autre cours à l’université. Et aujourd’hui, pur masochisme j’ajoute quelques largeurs de piscine (à mon âge, on barbotte alors on laisse les longueurs aux pros). Et ce soir quelques muscles trop flétris me rappellent à leur bon souvenir.
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Pour passer le temps en autobus, je m’accompagne de Léon Coco et Mulligan de Mistral. Je le savoure tranquillement. C’est de la belle prose, à la fois très classique et réaliste. Les jeux des images lyriques et du banal me fait oublier le décor de Sherby et des étudiants vissés à leurs Ipods. C’est le livre de l’aller. Et je prolonge volontairement le plaisir de lire par petites bouffées.
Au retour, je me suis lancé dans le Nikolski de Dickner, en retard sur tout le monde. C’est un autre univers, plus distancé, plus mécanique. J’en suis à la moitié mais j’aime bien cet exercice un peu oulipien mais sans la sécheresse universitaire. Ses personnages on une profondeur, une vie à eux qu’il est difficile de ramener à des petites cases.
Et à la maison, j’ai entamé le gros James Joyce de VLB, mais je crains qu’il ne se retrouve sur la glace pour quelque temps. C’est de la belle ouvrage, du gros matos et je n’ai peut être pas trop le loisir de me laisser avaler, tenu que je suis à produire d’excellentes présentations Power point et d’engageantes consignes de travaux pratiques ou de session.