18 juillet 2007

Pas mort

Non ce blogue n'est pas mort. Il ne fait pas partie de l'hécatombe observée par certains.

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Juste que le fait d’avoir déménagé oblige à faire plein d’autres choses. Il y a des milliers d'habitudes à changer et une maison c'est aussi plein de petites choses à faire. J'ai eu aussi la visite de microclimatopithèques et autres amis et famille. Et le jardin à travailler, les bibliothèques à placer, le vin le soir au jardin. Quelques textes oubliés aussi entre le portable et le gros ordi que je reprendrai peut-être. Et soyons francs, l’été est bref ici alors on en profite.

Je vous écris d’ailleurs en direct d’ici :

Cette table de pique-nique est le premier achat ou presque dans le nouvelle maison. On y est à l'ombre d'un érable, ce qui est bien agréable les rares jours de canicule qu'on ait eu jusqu'ici. Un bel été mais frais.

On y voit le jardin arrière :

Et s'il est beau, je n'y suis pour rien; c'est la copine et locataire du haut qui en est la D. A. (Directrice Artistique) en titre et en pratique.

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Un des avantages à avoir changé de quartier, c'est que je me trouve à deux pas de la rivière Saint-François dont la rive a été aménagée en piste cyclable et en sentier pédestre. L'endroit est désert ou presque la semaine. J'y ai fait hier une première promenade fort agréable. La piste cyclable est un maillon de la route verte, ce réseau cyclable qui traverse le Québec de part en part.

Mais je ne pense pas aller à Québec en vélo demain, à moins que je me paie le vélo électrique dont je rêve et qui m'est essentiel vue ma forme et les nombreuses côtes de Sherbrooke.

Ce qu'il y a de bien dans cette berge c'est qu'elle n'est pas sur-aménagée. Partout il y a des accès plus ou moins formels à la rivière. On y indique même des coins pour la pêche.

Non, ce n'est pas un panneau signalant l'approche d'élections.

Paraît qu'il y a du doré, le meilleur poisson d'eau douce au Québec, des truites, du brochet. Tout ça généralement comestible surtout au printemps. Il y a juste inconvénient, comme toutes les berges des rivières du Québec c'est la terre d'élection de l'herbe à puce, redoutable plante qui vous irrite la peau longtemps. Partout le long du sentier on en a identifié les talles et gare aux promeneurs insouciants.

La rivière est assez sauvage même tout près du centre-ville. Elle donne lieu à des points de vue étranges:
À travers ce saule brisé par les glaces du printemps on voit la croix de Mena Sen, le pont Saint-François et le clocher de l'église Saint-Jean Baptiste. Ce rocher et la croix qui le surmontent sont un élément du folklore sherbrookois. Il y avait là autrefois un pin blanc qui poussait et le site aurait été le lieu d'un affrontement plus ou moins légendaire entre Abénakis et Iroquois qu'on vous raconte ici.

Le pin a été foudroyé à la fin du 19e, il y en avait d'ailleurs un morceau au musée du Séminaire de Sherbrooke; il a été remplacé par une croix lumineuse au milieu du 20e laquelle se fait tranquillement envahir par un pin qui y repousse depuis quelques années.

Beau symbole non ?

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Ma promenade allait vers un marais aménagé pour l'observation de la faune, mais comme ma caméra manquait de jus, ce sera pour une autre fois.



9 juin 2007

Des chiffres et des lettres

Je viens juste d’éteindre la radio. Au moment même où Le Bigot ordonne à sa chroniqueuse de cesser de rendre compte du point de vue du pauvre prof de cégep qui a été lynché médiatiquement et politiquement cette semaine pour le crime d’avoir suggéré une approche plus qualitative à la correction de l’épreuve uniforme de français. Ça a pris exactement trois mots de vocabulaire à peine spécialisé en pédagogie pour qu’avec un gros rire épais il lui demande de passer à autre chose.

Ce monsieur Berger a en effet commis une grave erreur. Contredire les médiatiques. Qui n’ont évidemment ni lu son document ni tenu compte du contexte dans lequel il s’inscrit. Sa réponse dans le Devoir est digne et vaut la peine d’être lue en entier.

Je reprends ici sa conclusion :

«Ce que je retiens de cette singulière situation, c'est qu'il est toujours utile de prendre le temps d'aller à la source de l'information avant de juger d'une chose étonnante rapportée par les médias. C'est ce qu'à peu près personne n'a fait en ne se donnant pas la peine de lire la totalité du document de travail que j'ai soumis au MELS avant d'émettre des commentaires. On aurait alors pu s'apercevoir que je proposais une approche qui doit tenir compte des fautes.
À part quelques rares lecteurs et le chroniqueur Christian Rioux dans l'édition d'hier du Devoir (ça prenait peut-être un regard de l'étranger!), on a plutôt préféré profiter de l'occasion pour déverser un fiel aussi malsain que mesquin contre les institutions, les «fonctionnaires» et les «pédagogues», au prix de ma crédibilité, de ma dignité et de ma liberté.

Tout cela n'est-il pas là le symptôme d'un malaise qu'on a peine à nommer au Québec

En effet. A force de parler de vraies affaires, on oublie que le monde est complexe, nuancé et on en vient, sous prétexte de simplifier, à tomber dans un simplisme qui précisément abolit la pensée. Il suffit d’avoir corrigé une pile de copies pour comprendre qu’une évaluation si chiffrée ou objective qu’elle prétend être contient toujours une part de subjectivité, ne serait-ce que dans le choix des éléments à évaluer.


En géographie dans les années 1960-70 on est tombé dans ce piège d’utiliser les méthodes quantitatives sous prétexte de plus grande scientificité. On en est revenu un peu aujourd’hui sachant que ce qui est humain contient toujours une part d’irrationnel, de subjectif et de qualitatif, justement. Ça a l’inconvénient de ne pas être digestible par les machines. Médiatiques ou autres. Le monde y veulent des chiffres. On appelle ça de la quantophrénie.

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Quant au fétichisme des bonnes vielles méthodes, je ne puis m’empêcher de constater que dans les piles d’examens de cégépiens que j’ai corrigés cette semaine j’ai rarement vu aussi peu de fautes. Moins que chez les universitaires. Les premiers ont appris la nouvelle grammaire, les seconds l’ancienne.

The proof is in the pudding ?

7 juin 2007

Je ne vous raconte pas

La chaleur le jour du départ

Le camion trop petit (y nous ont dit un trois et demi) qui arrive trop tôt.

Les expéditions pour ramasser ce qui reste

Les examens à donner au travers

La plomberie à comprendre (je déteste les robinets bisexués où calibrer le rapport eau chaude eau froide et débit relève d’une combinatoire obscure)

Les complications des hypothèques (Oups ! on a pas fait évaluer la valeur marchande !)

Les impatiences du vendeur

Les piles de copies à corriger

Les recherches d’objets ordinaires dans une boite, mais quelle boite ?

Les Bon je mets ça où en attendant ? (Et on oublie après)

Le proprio de l’ancien logement qui passe la tondeuse dans les plates bandes de l’ancien jardin, par pure bêtise.

La nouvelle locataire du logement arrivée huit jours avant le temps qui veut du gazon parce qu’elle a trois enfants et travaille quarante heures semaine (J’envoie son signalement aux têtes à claques)

Ma nouvelle locataire, ancienne voisine et vielle amie dont je dois réaprivoiser la territorialité chatouilleuse et pour moi aléatoire (Je ne comprendrai jamais les filles)

Et la recherche paniquée de ce fichier de notes une heure avant le délai final pour la remise des résultats.

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Heureusement il y a un grande galerie pour voir passer les orages

Beaucoup de fenêtres et du soleil en masse

Un paysage plein d’arbres où je ne me lasse pas de voir le clocher de l’église Saint-Jean Baptiste changer avec l’air du temps

De la place où ranger mes livres.

Un bureau avec vue sur le jardin.

24 mai 2007

J-0 Grand départ

Les bonnes nouvelles s'accumulent. Probable boulot cet automne au cégep. Mais pour le moment, suis dans les boites (et le bordel).


Les déménageurs arrivent en début d'après-midi. Il fera 30 degrés peut-être. Un dernier coup d'oeil au jardin, affreusement négligé


Et maintenant en route, un dernier coup de collier pour que l'essentiel arrive à la nouvelle maison. Restera encore bien des choses à récupérer ici, j'ai manqué de boites pour les livres et pas eu le temps de faire tous les garde-robes.

Mais je ne suis déjà plus là.

Dernier message de la rue London. Le prochain (au hasard du rebranchement) viendra de l'autre coté de la rivière, en terres nouvelles.

19 mai 2007

J - 5

Dernière fin de semaine sur la rue London. Journée assez agréable, quoique fatigante. Passé de l’avant-midi à la future maison à aider à reconstruire un muret de blocs de béton qui n’a pas résisté au drôle de printemps qu’on a eu. Ramassé plein de cossins à la vente de garage des anciens proprios question de pallier le manque de meubles appréhendé. Vu l’aspect très familial de la rue aussi, c’était un peu leur party de départ. Tous les voisins sont passés. Curieux aussi du nouveau propriétaire ?

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Je ne me souviens plus où j’ai lu qu’un déménagement est un des événements les plus stressants possibles. C’est assez vrai. Il y a tout les changements d’adresses, le légal de l’acquisition dans mon cas. Être propriétaire comble quand même de la drope sociale inhérente à passer du Vieux Nord à l’Est de Sherbrooke. C’est un changement de statut social.

Et tout le reste. Changer de dépanneur, de voisins, mais là j’y gagne, aucun n’est voleur. Déménager c’est surtout changer de monde, de banal. Passer de choses mille fois vues à l’inconnu.

Apprendre un territoire est toujours plus inquiétant que de le reconnaître.

12 mai 2007

j - 12

Je pars le 24 mai. Le camion et les déménageurs sont réservés. Le montage financier est dessiné, les papiers sont chez le notaire. Premiers changements d’adresse officiels. Là bas, les plantes déménagées poussent déjà. Même eu le plaisir d’y veiller lundi dernier, il faisait presque chaud. J’y serai bien.

J’ai commencé mes boites, tranquillement l’appartement se dégarnit. Je n’ai rien fait au jardin, je suis déjà parti. Je sens que les choses tournent. Il y des possibilités plus concrètes en vue au cégep. À l’université peut-être aussi. De l’aide des amis pour que tout baigne.

Que demander de plus ?

1 mai 2007

Déménagement phase I

Enfin un peu de soleil. Et ça tombe bien, journée de déménagement de plantes. Ceux qui me lisent depuis longtemps savent que je n’aime non tant pas jardiner que d’habiter un jardin. Je pense depuis longtemps que le geste le plus révolutionnaire possible est d’améliorer le monde dans lequel on vit. Que planter des fleurs pour le simple plaisir de les voir, les sentir est beaucoup mieux qu’une stérile discussion politique.

On a donc passé l’après-midi à déterrer des plantes pour les transplanter au futur logement. Ma vielle amie graphiste horticultrice, son fils, son chum poète, qui a une machine; de la bière, du vin autour. On a même déménagé des roches. L’esprit d’un lieu nouveau avec de l’ancien, un peu.

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Premiers éléments déménagés. Restent l’administratif, le notaire, le montage financier.

C’est moins simple que des plantes.

Ce n’est pas vivant.

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Et invitation aux amis à passer cet été. J’ai de la place autant pour les familles du 450 que les amis réels ou virtuels. Je connais presque tous les coins secrets des cantons.

Et je serai moins petitement.

21 avril 2007

Printemps

Pas besoin de le dire. Le genre de journée où on sort l’ordi. Puis, il y a des démangeaisons. On commence par balayer le patio. Ensuite, le râteau, les cisailles et on remplit un bac de tiges feuilles laissés par l’automne et l’hiver. Et je me rends compte que c’est le dernier printemps dans ce jardin.

Je suis content de partir. En jardinant, je pense aux plantes à déménager. En faisant le ménage, à tout ce dont je dois me débarrasser, Je pense aussi à ce que je ferai, dans la nouvelle maison, le coin bureau, les fleurs et arbustes à planter. Il y a des choses qui changent.

Et pour le mieux.

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Mais pas trop le temps d’écrire entre les hypothèques, le notaire, les phynances et les piles de copies à corriger. Départ prévu : première semaine de juin.

J'ai hâte

17 avril 2007

Concert

Tôt ce matin, le ciel est à peine bleu, j’ouvre la porte et j’entends le premier concert d’oiseaux de l’année.

Ça fait du bien.

7 avril 2007

Post-histoire

Le gazon ne pointe plus sous la neige. Il en est tombé au moins un pied jeudi, il a fait moins sept ce matin. Joyeuses Pâques. On s’alarme du réchauffement climatique, mais j’en prendrais un peu aujourd’hui.

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Entre deux piles de copies je m’évade dans Festivus festivus, une série d’entretiens de Philippe Muray. J’aime beaucoup cet homme joyeusement enragé de voir son époque sombrer dans la post-histoire. Il prend à rebours bien des poncifs du temps, féminisme, revendications de gauche bien pensante et regarde le naufrage de ce qui nous reste de culture dans le grand tout mondial.

En le lisant, je me demande si son propos très français ne s’appliquerait pas au Québec. Sa tête de turc préférée, le bobo parisien est en tout cas proche cousin du platoïque montréalais. Comme lui il mange bio, consomme moins de culture qu’il en a l’air. Aime l’ordre écolo, le vélo, les patins à roues alignées (rollers). Sa réaction à la présence de Le Pen au deuxième tour des présidentielles de 2002 n’est pas non plus très loin de celle des insulaires montréalais à la poussée adéquiste.

Je crains d’ailleurs que le magma informe de cette pensée toujours dans l’immédiat, qui bouge pour bouger ne soit une clef pour comprendre les comportements électoraux des deux cotés de l’Atlantique. En ce sens, l’ADQ comme Québec solidaire ou les Verts représentent précisément un changement pour changer, sans plus. Sans conséquences non plus parce que sur le fond le nombril est plus important que tout le reste.

Le monde devient ainsi un décor interchangeable, momifié qu’il convient d’aseptiser surtout pour en éliminer le sens, la profondeur historique. En conséquence, les lieux n’ont plus tellement d’importance. La campagne est une terre de randonnée en VTT ou à pied, selon les chapelles. Les villes deviennent des représentations touristiques, avec leurs rues rénovées en néo-vieux, pour faire plus vrai.

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Cette semaine, on a démoli une église inutile coin King-Jacques Cartier. On y construira un centre médical et une pharmacie.

La post-histoire est en marche.

3 avril 2007

Tristes temps

Temps gris humide. On commence à voir le gazon percer au jardin Au moins la neige disparaît. Plus vite que les piles de copies. Et ce soir, je sens un virus qui attaque, ce moment où la fièvre monte, les lèvres s’assèchent. Deux cours à donner demain. Un examen à préparer. Une excursion vendredi. Montréal en fin de semaine. Un cas de gousse d’ail préventive.

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Scène dans l’autobus ce matin. Un enfant (3 ans ?) babille. Et tout heureux pointe un doigt vers une annonce où il n'y avait qu'un gros M doré. Tout heureux il s’exclame : Macdonalll

Tristes temps où on apprend à nommer le monde par ses logos.

2 avril 2007

Transport gratuit (bis)

Il y a trois ans, l'université de Sherbrooke a offert le transport en commun gratuit à ses étudiants. Un bon succès si j'en juge par l'achalandage. Voilà que le cégep s'y met aussi. Pas tout à fait gratuit, puisque ça implique une cotisation obligatoire de 50$ par session par étudiant, mais l'idée est là. C'est soumis actuellement à un référendum interne. Si j'en juge par le forum de l'intranet du collège, les gens sont assez favorables même si les étudiants de l'extérieur du réseau local ne voient pas l'idée de payer pour une service qu'ils n'utilisent pas. Le cégep leur a répliqué en leur offrant le stationnement gratuit s'ils font du covoiturage.

Belle idée et comme en plus le plan d'urbanisme de la ville est contesté parce qu'il propose de poursuivre la construction d'un power center* le long de l'autoroute, si ça continue Sherbrooke ne sera plus une ville de chars.

Ne manquerait plus que l'école de ski nautique Jean Perrault du maire éponyme cesse de faire tourner ses gros hors bords au centre de la ville.

Mais là je rêve.

* Un power center est un amas planifié(!) de magasins grandes surfaces en périphérie d'une ville. Un magoua ou un chaouin ne se tient pas là.

31 mars 2007

Maison

Dans deux mois, j'habiterai


Une maison de style vernaculaire sherbrookois
C'est à dire aucun style.
Mais confortable.

On habite rarement un style.

27 mars 2007

Les têtes à claques

Ce soir, je suis allé voir les résultats des élections à mon bar d’habitués. Il n’y avait presque personne, sauf deux ex détenus de la maison de transition voisine qui gueulaient à la table de pool, un réfugié du bar voisin occupé par Québec solidaire et les serveuses qui changeaient de shift. Au début, la vieille télé ne marchait pas mais elle a fini par cracher un son trop fort. Collé à la télé je regardait les résultats déprimant défiler. L’ADQ menait même.

Et ça me passe par la tête.Les têtes à claques. C’est le Québec des têtes à claques qui gagne, celui qui entend 100 fois par jour des pubs débiles. Qui a des problèmes de char. Qui n’a pas trop aimé l’école. Trop taxé pour des services souvent bêtes. 800 mots de vocabulaire. Pas plus. Le public cible des médias qui glosent en ayant l’air intelligent. Ou pas. (Quel était ce pédant à coté de Bernard Derome?)

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Je fume une cigarette dehors et j’entends un hurlement de joie. Charest est battu dans son comté. Je suis sceptique (Charest se fait battre à chacune des ses élections locales, avant le vote par anticipation et les boîtes des retraités en Floride). C’était quand même une petite joie dans une soirée triste.

Même pas. Pis ensuite Boisclair. Il ne démisionne même pas. Il a le charisme d’un frigidaire dans les circonstances. Pas même les couilles de tirer les conclusions qui s’imposent. Il ne pogne pas. Ensuite, celui qui pogne. Mario. Le sauveur des classes moyennes. Celles des couronnes de Montréal, que le PQ ne comprend plus. Des relativement riches mais pas trop.

Parce qu’il est là le gain de Mario. L’opposition n’est pas entre Montréal et ses régions. Le PQ a repris le Saguelac, la Côte-Nord, l’Abitibi, la Gaspésie. Y-a-t’il régions plus régionales ? L’ADQ a trouvé le chemin du monde ordinaire, drabe un peu, qui habite des bungalows en vinyle. Celui qui s’endort. Dans le 450, le 418, le 819. Se définir ou être défini par un chiffre est précisément ce qu’on attend quand on est rien d’autre qu’un contribuable qu’on empêche de consommer au Wal-Mart.

J’aimerais que les souverainistes sachent leur parler, aussi intelligemment que Boisclair, avec les mots de Dumont. Lévesque, quoi. Parce que je n’aime pas les têtes à claques.

Mario leur ressemble trop.

Ce n’est pas sain d’être une tête à claque. Ça vient de Boucherville.

Où il y a un député ADQ.

Faire un pays c’est de l’ouvrage.

25 mars 2007

Imprédictions

Il y a des choses qui se précisent, d’autres qui s’imprécisent. Parmi celles qui se précisent, il y a que je traverserai la rivière Saint-François début juin vers un nouveau logement avec de vieux voisins. Bien des choses à ficeler, mais plus vite que je pensais. J’ai signé une pré-offre d’achat samedi pour un beau duplex avec vue imprenable sur la rivière et le centre-ville. Beaucoup d’espace et peu de meubles. Visiteurs bienvenus, avis aux intéressés.

Parmi les choses qui se précisent également : mon remplacement au cégep se terminera probablement en juin lui aussi, ce qui est bon pour le porte-monnaie, mais dur sur les corrections, à voir les copies qui s’empilent un peu partout dans l’appart. Semaine de corrigeage intensif en vue.

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Dans les choses imprécises il y a bien sûr le résultat des élections de demain. La seule certitude, c’est le gouvernement minoritaire. Les prédictions de Democratic space mettent les libéraux légèrement en tête, Pierre Drouilly à Radio-Canada met le PQ un peu en avance et le prédicteur de HKDP, alimenté de deux sondages d’hier donne dans les deux cas une répartition parfaitement symétrique : 50 libéraux, 50 péquistes et 25 adéquistes. Pour ma part, je donnerais aussi un léger avantage au PQ. Mais je crains que l’ADQ ne soit sous-estimée. Peut-être 30 députés à Mario. Au moins 50 à Boisclair et 45 aux libéraux ?


J’ai été très troublé par le micro sondage de La Presse qui donnait Marguerite d’Youville à l’ADQ. C’est mon coin d’origine. Deux villes. Boucherville, la bourgeoise, a dégommé le PQ pour cause de fusion, la défusion de Charest a fait augmenter les taxes, donc insatisfaction. Ce qui pourrait aider l’ADQ mais aussi faire revenir le vieux fonds péquiste. Le cas de Sainte-Julie est différent. C’est beaucoup une ville de jeunes familles pas trop riches, ni pauvres, clientèle cible de Mario. Je suis perplexe.

Dans mon comté de Sherbrooke, le même sondage donnait Charest très en avance sur le péquiste. Et 14% des intentions aux verts-solitaires (c‘est la blague cette semaine), un peu moins qu’à l’ADQ. Donc Charest député, mais restera-t-il chef ? On n’aime pas les perdants chez les libéraux. Ce qui fait que, comme disait Jean Dussault à la radio ce matin, peut-être, pour la première fois de sa vie, Jean Charest devra se trouver une vraie job.

C’est toujours ça de gagné.

18 mars 2007

Dur printemps

Il a fait 12 mercredi, il est tombé 35 cm de neige hier, fera moins 19 mercredi prochain et 11 le lendemain. Le printemps québécois se surpasse cette année. Bien des choses se passent aussi. D’où moins d’énergie à bloguer. Six cours par semaine, ça fatigue. Et aussi deux maisons visitées et une nouvelle vie en vue. La première était chouette, tout près de chez moi mais bien des réparations à faire et sous offre d’achat. La deuxième est bien rénovée, avec comme locataire une très vieille amie. Un logement presque trop grand, ensoleillé, quatre chambres, assez pour recevoir une petite tribu. L’ami qui m’accompagnait me recommande d’agir vite, que c’est du solide et pas cher, dans un quartier qui va monter. Mais que c’est compliqué l’immobilier.

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Coté campagne électorale, tout est imprévisible. On a vu au débat la minceur populiste de Dumont, il a été bon pour son public qu’il regardait plus que ses adversaires. Ses propos sont démagogues à souhait, inquiétants à terme. Un instant il m’a semblé qu’on retournerait à Duplessis, en plus moderne et plus intolérant. Non pas que je crois Dumont personnellement si rétrograde mais ses fans le sont. Et je crains que le 26 mars ne devienne un 15 novembre inversé. Vous voyez d’ici les fillionnistes fêter dans les rues ?

Bien sûr, il est possible que le PQ se renmieute, en allant chercher ses brebis égarées chez les solidaires ou les verts, peut être jusqu'à former un gouvernement minoritaire, ce qui serait assez inconfortable pour Boisclair. Quant au pauvre Charest, il ne sera pas pardonné par son parti pour son échec, d’autant plus qu’il n’est pas à l’abri d’une lutte à trois dans sa propre circonscription.

On attend le budget fédéral demain, mais je ne crois pas qu’il change les choses. Dumont a le vent dans les voiles et il ne semble pas s’essouffler comme la dernière fois.

Hélas.

4 mars 2007

Un simulateur d'élections

En errant sur le web j'ai trouvé ce simulateur d'élections du groupe conseil en communications HKDP (que je ne connais ni d'Ève ni d'Adam). Je m'y suis franchement amusé. On peut jouer avec divers paramètres d'élections et le logiciel est également programmé avec les résultats des divers sondages. Voilà la simulation du dernier (gros) Léger et Léger:


La carte qui en résulte:

Et les gains des partis :
(Captures d'écrans, d'où la flèche)

Évidemment, de tels résultats sont hautement spéculatifs comtés par comtés, d'autant que les luttes à trois risquent d'être nombreuses. Par exemple, les gains adéquistes de Berthier et Mirabel me semblent plus liés à la performance de candidats plus connus en 2003 qu'à la réalité de 2007. Ce qui est intéressant aussi c'est le paradoxe péquiste: malgré une faible performance à ce sondage le PQ reprend tout de même ses vieux châteaux forts des couronnes montréalaises et de l'est du Québec. Quant à la carte adéquiste, c'est à peu de choses près celle du parti créditiste dans les années 1960-70. Et les gains du parti de Dumont se font essentiellement aux dépends des libéraux, comme je le disais il y a presque un mois.

On peut aussi y aller de ses prédictions. Certaines sont jouissives: transférer 6% des voix du PLQ à l'ADQ donne la circonscription de Sherbrooke au PQ.

On peut rêver.


Blogosphère et ventre mou

D’un ciel blanc tombent quelques flocons blancs sur le sol blanc. C’est la semaine de relâche. Elle a débuté vendredi après-midi dans mon cas, à peine trois étudiants sur trente s’étant pointés à mon cours craignant sans doute la répétition du grand embouteillage de la dernière fois. Et soyons francs, le cégépien est une bête qui souvent n’accorde qu’une importance toute relative à ses cours, préférant travailler pour payer son premier char.

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Semaine électorale assez neutre dans l’ensemble. On sent que Charest perd de sa tranquille assurance, que Dumont joue la prudence. Quant à Boisclair, il mène une bonne campagne qui ne lève pas du tout. Rien de bien substantiel sur le fond, tous semblent conserver leurs énergies pour les deux dernières semaines, ce qui est de bonne guerre, l’électorat est volatil, le débat s’en vient, comme les milliards espérés du fédéral.

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On a vu cette semaine le directeur général des élections se dépatouiler dans le numérique. Évidemment toutes ces technologies n’existaient pas lors de l’adoption de la loi. Décision sage de sa part : agir sur plaintes et demander le retrait lorsque c’est trop partisan. Liberté de parole chez les blogueurs.

Est-ce à dire que la blogosphère québécoise sera un lieu important de débats dans la campagne ? Je ne crois pas. Du moins pas directement. J’ai parfois l’impression – et ce n’est qu’une impression- que les blogues indépendants, n’émanant pas des médias traditionnels, comptent pour peu dans l’opinion québécoise. Il est clair que les médias institutionnels occupent une part importante de la blogosphère relayés qu’ils sont par eux-mêmes. Ainsi, Auger de Cyberpresse est repris le matin à la radio, ce qui n’est jamais le cas d’un blogueur indépendant. Il n’y a pas ici de baronnie française ou de pundits à l’américaine.

Et de toutes façons, me disait un politologue local, la politique c’est l’affaire des 30%-40% de la population que ça intéresse. Tous les autres se font une idée vague par les amis, les discussions, rarement par les médias -traditionnels ou pas. C’est cet électorat indifférent qui est le ventre mou de l’opinion, probablement celui qui s’est parqué chez Dumont en attendant que les choses se passent, que les enjeux se clarifient.

Reste à savoir si elle y restera. J’en ai bien peur par moments.

Ce ventre mou est sensible à la démagogie.

25 février 2007

Les techniciens

Il fait un beau soleil d’hiver ce matin, on sent que le grand frette du dernier mois s’effrite un peu. Semaine très chaotique et fatigante : je fais une suppléance au cégep qui m’ajoute quatre cours par semaine et, comme toujours, à chaque fois c’est une adaptation difficile, d’autant plus que la coordination avec la personne que je remplace a pris du temps à se faire. J’ai d’ailleurs donné le pire cours de ma vie à un groupe qui avait déjà vu la matière. La prochaine semaine sera meilleure, j’ai rencontré la personne que je remplace et on sait mieux où on s’en va. Mais pas la durée du remplacement. Normal, dans les circonstances.

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La campagne québécoise a officiellement débuté. Rien de très excitant cette semaine, on sent que ça commence mollo. Parmi les choses à surveiller, il y a l’imprévisibilité de l’électorat, moins fidèle qu’autrefois et plus facilement balloté par la couverture médiatique. Et comme les journalistes ont l’esprit de meute, il suffit d’un incident trop grossi pour que l’opinion bascule. Sous cet angle, disons que Boisclair est plus à risque, d’autant que la presse a reniflé en lui une certaine insécurité et que le PQ a toujours excellé dans les divisions internes. Cela dit, le gouvernement de Charest a lui aussi été fertile en gaffes, alors il n’est pas exclu qu’il trébuche.

On l’a souvent dit, les trois chefs ont une chose en commun : ce sont des politiciens professionnels qui n’ont jamais rien fait d’autre ou presque. À cet égard, c’est un peu inquiétant. Je suis à lire Le Bluff technologique de Jacques Ellul, où il poursuit sa critique de la raison technocratique. Il constate que la sphère politique est devenue plus étroite, soumise qu’elle est à la rationalité des experts qui par définition ont raison. S’en suit la constitution d’une sorte d’aristocratie des décideurs où la référence ne devient plus une vision mais un raison inéluctable conforme au discours administratif ambiant : « un signe évident, purement externe, de cette décadence de la démocratie classique, c’est la nullité générale de tous nos hommes politiques dans leur usage de la parole : Leurs discours ne disent rien, et ils sont incapables de ‘faire passer’ un discours». Pensez à la langue de bois de Boisclair, à la démagogie bonhomme et vide de Charest, aux formules creuses des clips de Dumont. Trois techniques de discours taillées sur mesure pour le système médiatique ou bureaucratique ambiant. En ce sens, l’enjeu de la souveraineté québécoise nous permet d’éviter le vide complet du discours technique. À terme, c’est ce qui pourra mettre du piquant à la campagne.

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J’aime toujours lire le blogue d’Auger dans La Presse, c’est un journaliste aguerri, cultivé, drôle, parfois cynique mais toujours profondément respectueux de la démocratie et des acteurs qui l’incarnent. J’ai bien aimé son compte rendu du lancement sherbrookois de la campagne de Charest devant une salle à moitié vide. Prétexte des organisateurs : on l’a su à la dernière minute, on n’a pas pu rejoindre notre monde. Pour ma part, je crois que l’absence de la claque libérale s’explique aisément.

Elle se reposait après avoir passé la nuit à poser les pancartes de leur candidat.

14 février 2007

Le grand stationnement

Ma rue ressemble à ça, pas une auto est passée depuis une heure

Je n’ai jamais vu ça. D’abord suspension des cours à partir de 16h à l’Université. Il neige à plein ciel, 3-4 cm d'accumulation à l’heure. Puis je prends le bus de 17h. À peine 20 minutes de retard, normal dans les circonstances. Mais 30 minutes plus tard on avait fait à peine un kilomètre et demi, tout est bloqué. L’autobus se vide, les gens continuent à pied, ce que je fais, je suis à 20 minutes de chez moi. Tout au long du trajet, rien ne bouge, les rues sont des stationnements. Certains automobilistes sont dehors à dégager leurs pare-brise en attendant que ça roule. Et pourtant, je croise presque toutes les artères principales de la ville, Galt, Belvédère, King.

Un beau cas de bouchon carabiné. Et le plus drôle, c’est que les trottoirs étaient à peu près dégagés. Beaucoup d’automobilistes audacieux ont fait des manœuvres étranges qui coupent la circulation et évidemment les charrues, dépanneuses, autos de flics sont elles aussi immobilisées. Jamais vu autant de monde sur les trottoirs, l’air un peu amusés.

Une heure plus tard, rien n’a bougé non plus. Le chum qui vient chercher ma nièce pour la Saint-Valentin a fait 5oo m en 30 minutes.

La ville est figée, congé demain ?

Possible, le vent se lève.