31 octobre 2009

Un certain général

Je suis à lire les mémoires du Général de Gaulle. Sur la valeur littéraire de l’objet, pas grand chose à dire sinon l’impression qu’il a trop lu Jules César. Non pas qu’il écrive mal, au contraire, il ne renonce jamais à un imparfait du subjonctif. On a l’impression de lire un devoir militaire excellemment rédigé. Il y parle souvent plus du personnage que de lui-même. Souvent à la troisième personne du singulier. N’incarne pas la France qui veut.


N’empêche que son récit de la prise du pouvoir en 1958 et celui de la guerre d’Algérie montrent bien son système, celui d’incarner une nation ancienne dont la royauté est devenue graduellement élective au XIXe siècle. En ce sens, son dédain du parlementarisme ne le place pas si loin des prérogatives royales du système britannique, à cette exception qu’il règne et gouverne. Il est à la fois au dessus de la mêlée et acteur. Non qu’il méprise le parlement mais bien parce qu’au fond il s’agit pour lui d’une intendance. La France qu’il incarne regarde au loin. Il en tient le gouvernail.


D’où le service après-vente auprès des français du Canada. On vous lâche en 1763, reprenons-nous 200 ans plus tard. D’où le mot qu’on sait en 1967. Ce qu’on sait moins, c’est qu’il en a remis une couche quelques mois plus tard.




Sur la forme, on remarquera qu’on est loin du clip programmé, même si la question est visiblement plantée et l’exposé préparé. Belle époque où on pouvait conclure une allocution en citant Valéry. C’est qu’on aime bien de Gaulle finalement ici, même si on sourira toujours à se faire traiter de français du Canada. Mais bon depuis Montcalm, les généraux français font sourire.


Nous ne sommes plus tellement français finalement. Mais quand même, cette quête de chefs qu’ont été Mercier, Duplessis, Lévesque ou Bouchard n'est-elle pas la même que celle que cherchent souvent les français à travers les Bonaparte, Clémenceau ou Blum? C’est ce qui sert d’argument de vente à tous les présidents français depuis de Gaulle. À se demander même si derrière le discours des démagogues de droite américanophiles à la Jeff Filion, il n’y a pas ce vieux trait français de se trouver des chefs forts pour mieux chialer contre eux. Et l’histoire de l’Irak montre bien que nous ne sommes pas non plus inféodés aux voisins du Sud ou du Canada. Un vieux coté râleur peut-être.


J’aime bien de Gaulle.

Il est dépassé, Lévesque l’a bien démontré.


Mais il a osé dire ce que bien des québécois se refusent encore à comprendre.

Et j’y pense, il ne s’agit pas tellement de compréhension que de savoir tirer des conclusions.


En ce sens, nous sommes restés britanniques.

26 octobre 2009

Un anniversaire

Cinq ans de blogue. Ouvrons donc une bouteille de Mouton-Cadet, vin standard compatible aux lundis. Revoyons les archives lointaines.


Relisant ce que j’ai écrit, je constate que j’oublie trop souvent de parler de mes lectures ou de mes explorations banales. Je lis moins de littérature et j’explore moins, c’est vrai. Il y a cinq ans j’étais un simple chargé de trop peu de cours et me voici à temps très plein au cégep et à l’université. Et sur le fond ? Je ne regrette rien.


C’est que je comprends qu’outre ma paresse naturelle, j’ai dit beaucoup de choses et qu’il est bien normal de ne pas trop vouloir se répéter. Pourquoi redire que Charest navigue à vue sans ambition autre que de se maintenir ? Que les médias reflètent l’insignifiance d’une époque perpétuellement adolescente et nombriliste ?


À quoi sert de rappeler que le sens du monde est de le regarder simplement, d’essayer de le comprendre, d'y vivre et de l’aimer ?


C'est trop essentiel et je pense que c’est pour ça que je blogue.

Et que je continuerai.


Un gros merci à tous ceux et celles qui me lisent et qui commentent, à Carole, la première, à Gérald, à Laurent, à Éric et les autres, merci aussi à tous les silencieux qui ne font que passer, j'espère avoir été à la hauteur.

24 octobre 2009

Se faire piquer ou pas ?

Dans mon cas, je ne me pose même pas la question. C’est que depuis mon infarctus il y a 10 ans je suis officiellement personne à risque. Alors quand j’y pense et que ça adonne, je me fais vacciner contre la grippe. Cette année, il en a en a une nouvelle et améliorée, alors raison de plus. Et comme me disait tantôt ma vieille infirmière de mère, si ils font des vaccins, c’est pas pour rien.


Pourtant je suis vraiment estomaqué de voir autour de moi des gens instruits, sérieux se méfier du vaccin. Tout y passe. Le vaccin n’a pas été suffisamment testé, c’est un complot des grosses pharmaceutiques pour se faire du fric et tout le reste. Cela ne m’étonne pas tellement. Un diplôme n’est pas nécessairement signe de gros bon sens. Pensons aux gogos qui suivent Rael ou qui étaient membres de l’ordre du temple solaire. Ils n’étaient pas particulièrement sous-scolarisés. Lisez cette belle enquête des sceptiques du Québec là dessus.


Source : Banq

Manif anti-vaccination à l'Hôtel de Ville de Montréal en 1878. Le sujet serait différent aujourd'hui.


Cette peur du vaccin est irrationnelle. Probablement caricaturée par les médias qui pour balancer les opinions accordent trop d’importance aux anti, même s’ils sont minoritaires. Sans compter que les journalistes compétents en sciences sont l’exception. (Être méchant, je dirais que les journalistes sont plus ardents à avancer leur carrière qu’à comprendre ce dont ils parlent). On oublie que grâce aux vaccins, la variole a disparu. La tuberculose, la polio, la rougeole ne sont plus ce qu’elles étaient.


Pourtant cela fait peur. Et le plus ironique, c’est que les collègues anti vaccin grippal ne rechignent jamais aux vaccins tropicaux s’ils vont dans les pays pauvres.


Il est vrai que les pauvres sont plus dangereux.


17 octobre 2009

Une histoire de soumissions

Le reportage de Radio Canada sur la collusion et les gonflements de prix dans le secteur de la construction a au moins un mérite: celui de me faire oublier que la presse nord américaine a passé un après-midi complet à suivre un ballon vide, le sort d'un enfant de six ans étant plus inquiétant que celui d'un milliard d'êtres humains affamés.

***

Ce bon coup de l'émission Enquête m'a ramené un soir d'été de la fin des années 70. Il était tard et je devais lire quand mon père arrive de bien mauvaise humeur.
- Salut p'pa ca va ?
- Ah parles-moi en pas on s'est encore faite framer sur des soumissions.

***

Mon père était ingénieur municipal. Il avait mené une belle carrière au service de notre petite ville de banlieue, détournant une autoroute qui devait passer dans le fleuve et massacrer les berges, implantant les premières pistes cyclables de la région de Montréal parce qu'un enfant à vélo s'était fait frapper par une auto. Le genre à mettre poliment et fermement dehors les spéculateurs qui arrivaient dans son bureau avec des enveloppes pleines d'argent.

Il avait quitté abruptement cet emploi qu'il aimait parce qu'il était en désaccord profond avec les décisions du nouveau maire de l'époque. Étant connu dans son domaine il s'était recasé rapidement dans un bureau d'ingénieurs conseils de Laval. C'était loin de la Rive Sud, mais bon il préférait travailler dans une petite boîte et changer de milieu. Mal lui en avait pris.

***

Mon père s'est servi un scotch et m'a expliqué ce que c'était, se faire framer des soumissions: les entrepreneurs qui répondent à un appel d'offres public s'entendent pour faire monter les prix bien au delà des prévisions et des coùts habituels. Le projet étant souvent vital, la municipalité n'a pas tellement le choix que d'avaler la couleuvre ou de revoir le projet, ce qui retarde énormément les choses. Et pour cette petite municipalité de la couronne Nord le million de surplus sur un contrat qui en valait trois faisait de la couleuvre un boa. J'avais rarement vu mon père aussi choqué.

Il n'était pas assez naïf pour ne pas connaître ces petits jeux et savait jouer les petits entrepreneurs contre le monopole des gros. Il connaissait bien les petites pratiques mafieuses de la Rive-Sud, notamment dans la gestion des déchets toxiques des raffineries de Montréal qui s'y retrouvaient dans des dépotoirs inadéquats. L'un d'eux avait contesté son expropriation jusqu'en Cour suprême. Mais, me disait-il, ce sont des amateurs comparé aux requins de Laval et de la Couronne Nord. Et de se demander s'il n'y avait pas une passe croche derrière tous les lampadaires de Laval.

On comprendra donc que je n'aie pas été étonné de cette histoire. Et à jaser avec des amis, à écouter la radio, on se rend compte que tout le monde en a une à conter. Fausser la concurrence pour faire plus de sous n'est pas nouveau.

Cela s'appelle le capitalisme.

Et à coté des banquiers de Wall Street, les mafieux de la construction sont des amateurs.

6 octobre 2009

Un peu de mambo

Quand j'étais vraiment jeune, cinq ou six ans, j'étais tombé en amour avec un disque de mes matantes: du mambo de Perez Prado. C'était à la mode à Victo bien avant tous les world beat de la planète. Du temps de la grande noirceur du Québec mur à mur pure laine.

Refermé sur lui ?


Perez Prado- Mambo #5- Mexico - Funny blooper videos are here

J'ai toujours eu l'impression que dans les soirées torrides de Plessisville ou d'Alma, on accotait les latinos sans le savoir.

Autant que dans les versions intellos new-yokaises



Joyeusement reprises ici par cet orchestre symphonique de jeunes vénézuéliens



Il y a peut-être une ironie dans tout ça, mais Leonard Bernstein aurait probablement été ému.

1 octobre 2009

Un jour d'automne

Première vraie journée d'automne. Un jour frisquet et gris qui illumine le rouge des érables. Cet automne s'annonce plein de changements. Au boulot histoire d'éviter le ronron j'ai décidé de refaire mon cours sous le mode d'une collègue plus pédagogue que moi, plus d'ouvrage, mais ça me force à mieux comprendre les jeunes à qui je m'adresse. Pour le moment ça marche.

Faut dire qu'on a une cohorte de jeunes sérieux, attentifs et curieux. Le gardien de sécurité du pavillon me disait tantôt qu'il n'a jamais eu si peu à faire. Pas de fumeurs de joints ni d'incidents à signaler. On craint beaucoup la prochaine fournée issue de la fameuse réforme de l'enseignement. Pour ma part, à part l'arrimage des contenus, je n'ai pas tellement d'angoisses. Au delà des réformes, le contexte social ou technologique me semble plus important que les formules pédagogiques.

Quel contraste quand même avec mon temps de cégep. Les cours étaient souvent déconnectés, sans vision d'ensemble ni objectifs concrets. On fumait la cigarette dans les classes, autre chose dans le café étudiant. On comprendra que je suis plus qu'ironique quand j'entends les belles âmes s'inquiéter de la dégradation de l'enseignement. Peut-être étaient-elles trop gelées pour se souvenir du leur.


Gros changements aussi à la maison. J'habite de nouvelles pièces, me fait à mon mac tellement que je songe à éliminer mon vieil ordi windows et rebâtir mon réseau autour d'un Airport extreme et d'un mac mini. Plus important encore, je perds mes locataires, ma vieille amie graphiste/ horticultrice et son chum poète. Ils migrent pour plus grand et je les comprends. Me reste donc un 3 et demi à louer. Je ne suis pas trop pressé, un locataire compatible est plus précieux que deux ou trois mois de loyer.

Avis aux intéressés ;-)

27 septembre 2009

un peu de Falardeau


Je n'ai jamais vu un film d'Elvis Gratton. Pour moi, Le party est une excellente bande sonore qui a fait connaître un peu mieux Richard Desjardins. Je ne vois pas de films, alors le cinéaste m'est inconnu ou presque. Au départ, le personnage de Falardeau m'était vaguement antipathique. Mais en lisant La liberté n'est pas une marque yougourt, j'ai compris qu'il était autre chose qu'un nationaleux de gauche accroché aux années 1970.

Oh il en presque tous les tics et les défauts. Pas la superficialité. Alors que beaucoup de pseudo-rebelles sont blindés dans leur placements REER éthiques, lui s'est contenté de marcher droit. Aveuglément lucide dans ses idéaux. Illuminé souvent pour ses ténébreux adversaires, il a gardé le cap de l'indépendance du Québec.

Et malgré sa rhétorique un peu vieillie de la décolonisation, il ne faut pas oublier que le Québec vit toujours sous une constitution qu'il n'a pas acceptée. Sous une loi de la clarté qui remet en cause ses choix ou son territoire. Ce n'est pas un régime colonial, mais en 2009 dans un Canada qui donne des leçons de démocratie à l'Afghanistan c'est étrange.

Ou logique et conséquent ?

19 septembre 2009

Un peu de swing

Ma soeur avait un culte pour Benny Goodman. Je l'ai redécouvert sans le vouloir dans cette scène d'un film de Patrice Leconte qui n'était pour moi qu'un des plus étranges dessinateurs de Pilote.

Il y avait dans le film cette scène monégasque qui a mis en joie le chroniqueur des heurs et malheurs de Steph de Monac que j'ai déjà été.



C'est au générique de la fin que j'ai su que la fille était Vanessa Paradis, ce qui m'a confirmé qu'elle devrait faire autre chose que chanteuse.

En voila la version originale ou presque avec le big band de Benny Goodman, et un grand drummer du temps, Gene Krupa.

18 septembre 2009

Un détail

Quand on ouvrait un mac en 1985, la sélection clavier canadien-français était accompagnée d’un drapeau du Québec. Ce qui, dans le gros pixel qui tache de l’époque, était assez compliqué. Un jour, c’est devenu un drapeau canadien.

Apple était devenue une vraie compagnie.

13 septembre 2009

Un iMessage

Ce blogue est maintenant un iBlogue, écrit par un iChaouin ou un iMagoua, c'est selon. Ce sera mon gros cadeau d'anniversaire et de rentrée. Un iMac où je me perds encore un peu dans le grand écran 24 pouces, avec un tout petit clavier sans chiffres que j'aime beaucoup, même si je sens que ça va me prendre pas mal de temps à me faire à la norme du clavier (je tape plutôt sur des machines à clavier canadien anglais, ce qui finit par faire plein de àa ou de èe ).

Ce qu'il a de bien d'un Mac, c'est la simplicité. On le sort de la boite, on le branche et il marche. Encore faut-il se souvenir que la barre de menus n'est plus dans les fenêtres mais en haut, ce qui m'a pris trois heures et plein de clics droit sans effet. Et mille autres choses à paramétrer parce que c'est pas par défaut, que Safari n'est pas Firefox etc. Et ma vielle expérience maqueuse est inutile. Mon vieux Mac, qui marchait encore l'an dernier, était sous le système 6. Un clone de son boitier de Mac 128 est d'ailleurs en vitrine à la section arts décoratifs du Musée des Beaux-Arts de Montréal.

Depuis, il y a eu pour moi Windows 95, 97, 2000, NT et XP. Chez Mac on a cassé la série noire des systèmes 7-8-9 en rebaptisant le 10 sous X et sa cohorte de félins. Je suis sous le signe du léopard, on m'a aussi donné celui des neiges mais il les attendra sagement avant que je ne l'installe, mettons que j'ai plein de trucs à réapprendre avant. Un ami me disait que ce sera facile de me faire au mac, il est tellement intuitif. Sans doute. Si ce n'était de mon premier Mac en 1985, je n'aurais jamais aimé les ordis tellement les terminaux et le système de de l'université étaient rébarbatifs et geek friendly.

Cela dit, tout nouvel ordinateur n'est pas intuitif. Ne serait-ce que par les mille habitudes à changer et les plus de 20 ans passés sur ces machines je suis disons déviargé de l'intuition informatique qui de toutes façons m'a toujours semblé être une illusion de geek. Mais quand même, un Mac c'est bien pensé, bien designé. Juste l'idée de faire des tits dessins sur les touches F m'a permis de découvrir à quoi elles servent, ce que je n'ai pas eu le temps de comprendre en 15 ans de windows.

Mais bon me voici donc au volant d'une excellente machine, dans un nouveau bureau que j'aménage tranquillement dans un des chambres que je louais, nouvel espace qui va me faire du bien. J'habite mieux ma maison.

Me reste juste à savoir à quoi sert le iPod Touch qui venait gratuitement avec l'ordi.

24 août 2009

à votre santé !

D'ordinaire, il y a toujours un son de fontaine au jardin mais la pompe est en panne. Je suis devant mon mini portable en ce soir d'anniversaire. Je regarde les couleurs des fleurs changer avec le couchant. J'écoute de la musique que j'aime et je pense à tous ces amis de blogues que je lis ou qui me lisent. Et je les remercie d'être ce qu'ils sont.



Santé tout le monde !

22 août 2009

8 juillet 2009

Quelques brèves

Rien à dire sur Michael Jackson, à part que a) jamais tellement aimé, même si ses tounes étaient accrocheuses, elle avaient le défaut d’être trop savamment marquetées à mon goût b) les grands médias se sont surpassés dans la couverture mur a mur d’un événement complètement insignifiant. Et après on s’inquiète du déclin de la grande presse.

Vous pensiez que la crise est en train de se résorber ? Si les bourses se sont un peu remplumées, les chômeurs américains sont toujours plus nombreux et les emplois très rares. Pour mémoire, souvenez-vous qu’en général l’assurance-chômage n’y est disponible que six mois. On s’en reparlera cet automne.

J’aime bien Jean-Claude Michéa. Comme George Orwell c’est un anarchiste tory, un homme de gauche conservateur. Son analyse des contradictions de la société moderne et du naufrage de la gauche est assez décapante. Pourquoi en effet laisser à la droite le monopole du gros bon sens ? Lisez donc cet entretien.

Y’en a marre des dépressions froides en altitude venues du Nord et qui nous empoisonnent le temps depuis le début de l’été. Je veux bien que l’Arctique se réchauffe, mais pas au détriment des latitudes moyennes. Après tout, ce sont NOS gaz à effet de serre. Et je déteste jardiner dans la boue.

Et pour le reste, ça fait plaisir de revoir un ami de jeunesse perdu de vue depuis 25 ans. Oui c’est un gros cliché mais c’est comme si c’était la veille. Et c’est fou comme si on change pas mal moins qu’on ne le croit en vieillissant.

Ça rassure.

***

Et tiens une belle découverte musicale, Hawa Dolo une belle musique d’Ali Farka Touré, de son album In the heart of the moon. Elle m’a émue un samedi matin triste. La video est un peu chromo, le texte qui l’accompagne aussi probablement, mais fermez vos yeux.

22 juin 2009

Prairies urbaines

Un soir d'errances sur le web, suis tombé sur un article qui parlait de la ville de Flint au Michigan, ex grand centre de construction automobile, qui veut carrément bulldozer certains quartiers à l'abandon pour les remettre en forêts ou prairies. Le Daily telegraph reprend d'ailleurs l'info. C'est un phénomène qui touche beaucoup d'autres villes de la rust belt américaine. Ces prairies urbaines sont dans le fond l'aboutissement du déclin d'un quartier progressivement délaissé par ses habitants qui partent en banlieue, ce qui le rend pas cher, éventuellement criminalisé, encore plus déserté, pour finalement être détruit par vandalisme et en partie rasé par la ville.

Cela donne des lieux étranges avec des densités plus faibles que les villages, même s'il sont souvent à deux pas des centre-villes. J'ai passé une soirée cet hiver à en explorer virtuellement (merci Street view de Google maps) à Flint,à Cleveland. Dans le genre, ceux de Détroit sont exemplaires:


Agrandir le plan

On a un certain malaise à voir ces lieux devenus presque bucoliques, probablement peu fréquentables, ultimes plaies d'une grave maladie urbaine. Cela me rappelait une lecture de l'Histoire du paysage français où Jean-Robert Pitte parle de ces villes de l'empire romain à son déclin devenues trop grandes et indéfendables qui se sont rapetissées en construisant des remparts à même les monuments du temps de leur apogée.

Les barbares venaient d'ailleurs.
Ce n'est plus le cas maintenant.

Mais toujours les riches gardent leurs villas.

19 juin 2009

vacances

Je suis officiellement en vacances aujourd'hui. Disons que depuis le début juin ça c'était calmé, mais reste qu'entre les activités pédagogiques, le cours aux adultes, les réunions et la planification de la prochaine session, l'esprit était encore pas mal au boulot. Ne me reste que la planification fine des cours de la prochaine session que je ferai au cours des prochaines semaines. Et si je ne me plains pas de mes conditions de travail, sachez que les deux mois de vacances d'un enseignant ne sont pas volées. Un bon prof ne peut simplement pas oublier son travail quand il arrive à la maison. Les piles de copies le lui rappellent.

Que faire des ces deux mois ? à court terme beaucoup de jardinage, j'ai deux plates bandes à refaire et replanter (oui Carole tu auras des photos!), le muret éboulé s'est transformé en rocaille à grand déploiement et j'ai modifié complètement une autre héritée des proprios précédents. Geste territorial, à haute portée symbolique.

Il y a aussi de la peinture en masse, de la redécoration encore là pour m'approprier cette maison toujours encore un peu étrangère. Ça fait maintenant deux ans que j'y suis et disons qu'elle m'a porté chance, je n'ai jamais eu autant de boulot. Heureusement d'ailleurs, ça coûte les rénos.

Je ne me fais pas trop de projets cet été sinon que de passer du temps à Québec et peut-être dans le Bas du fleuve et en Gaspésie si mes amis là-bas ont quelque paillasse disponible. Petits voyages d'ailleurs bien débutés cet été avec la découverte avec les collègues profs de la région de Thetford Mines. Étrange ville mangée par les terrils et les mines d'amiante qui l'ont fait exister longtemps. La campagne autour est sans doute l'une des plus belles du Québec. sans doute parce que épargnée par le tourisme et l'abus de résidences secondaires.

Et comme cadeau de fin de session : un ultraportable (netbook) qui me permet de vous écrire en direct du jardin, où les lilas tardifs achèvent de fleurir. J'ai résolu aussi de lire la Recherche du temps perdu. Suis rendu à la page 57. Il ne m'en reste que 2387.

Ne vous étonnez pas si mes phrases s'allongent.

30 mai 2009

Non message

Quand on ouvre un fichier de texte, il y a toujours cette barre d'insertion qui flache.
Qui exige.
Je lui dis non
ce soir.

23 mai 2009

Une belle chanson

Toujours néyé de corrigeage je suis.
Alors un classique en pensant à mon ami Bertrand que j'aimerais bien revoir. Une chanson argentine reprise par un chanteuse française. Assez connue.


Et tiens, une autre. Au Ed Sullican Show. Le droit d'auteur étant coriace en France, même si la chanteuse est morte il y a 46 ans et que la chanson date des années 1930.


Très noir et blamc.

6 mai 2009

Le gaz

Noyé de corrections je suis.
Toumani Diabaté me les rend moins pénibles. Quand je faisais de la radio, il y avait cette toune que Yves Bernard m'avait mis dans la tête. Il venait à chaque année essayer de convaincre le patron de l'intérêt de la musique africaine et ethniqye en général. Moi, j'aimais bien la musique africaine. Actuel était pour, et je me disais que tant qu'à mettre de la musique de danse, pourquoi pas mettre des musiques du monde, en plus ça fitte dan le mandat radio communautaire du CRTC

J'ai découvert un continent, Me suis jamais rendu à la musique de danse.
Belle chanson que je retrouve: Africa par Songhai, un mélange de musique espagnole et malienne. Toute l'Afrique est là. Nommée par d'autres.
Elle a tant à dire pourtant.


Mais ce que je me demandais vraiment : cette chanson de Brel est-elle sexiste ?

Je ne suis pas féministe,
ce n'est pas normal.

Mais je m'en fous.

2 mai 2009

Putasserie

Si on se fie à l'envahissement des pubs, Le Monde est plus pute que le New York Tines.
Cyberpresse ou Canoé beaucoup moins, mais il est vrai que ce sont des danseuses.

19 avril 2009

Tague

Ouais suis en retard. Mais c'était déjà écrit. Il fait trop beau pour bloguer.
Voici donc ma réponse à la tague littéraire qui circulait chez les blogues que je lis.

1. Coins cornés ou marque-page ? J’aime trop les livres pour les corner. J’ai souvent des signets, mais rarement quand j’en ai besoin, alors tout ce qui traîne y passe, factures etc. Ou bien je renverse la livre là où j’en suis. Bon signe si je le reprends.

2. Un livre en cadeau ?
C’est ce que je donne généralement, ça simplifie le magasinage.

3. Lis-tu dans ton bain ?
Suis un homme de douche et les quelques fois que j’ai essayé de lire au bain j’ai trouvé ça très inconfortable.

4. As-tu déjà pensé à écrire un livre ?
Souvent, mais pas de la littérature. En fait, avoir le temps, j’écrirais un manuel pour chacun des cours que je donne.

5. Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?
Du bien si elles m’accrochent et alors la série y passe en temps record, j’ai lu comme ça les Chroniques de San Francisco dernièrement. Je me souviens il y a trente ans d’avoir séché des cours pour finir le Seigneur des Anneaux. Mais a priori les séries ne m’attirent pas tellement. Pur snobisme de ma part.

6. As-tu un livre-culte ?
Plusieurs. Ado, je prenais les bois avec le Walden de Thoreau. Aujourd’hui, j’ai plutôt des auteurs cultes : Jacques Ferron, Giono, Lewis Mumford., Julien Gracq et tant d’autres.

7. Aimes-tu relire ?
Oui, depuis des années je lis et relis les chroniques d’Alphonse Allais ou de Vialatte en m’endormant. Des fois aussi un Maigret ou un San Antonio pour l’ambiance et les souvenirs de jeunesse.
.
8. Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livre qu’on a aimés ?
Cela m’est arrivé souvent du temps où je faisais de la radio, y compris ceux de livres que je n’ai pas aimé. Sinon, je ne cours pas les rencontres mais comme j’ai un bon ami et voisin dans le milieu littéraire m’est arrivé de rencontrer et d’écluser quelques bières avec des écrivains que j’admire. Suis toujours gêné de leur dire que j’aime leurs livres. Eux aussi je pense, et ce n’est pas le moment non plus. Il s'agit de boire un coup entre amis.

9. Aimes-tu parler de tes lectures ?
Oui sûrement, tout le problème étant de trouver des interlocuteurs.

10. Comment choisis-tu tes livres ?
Au hasard des librairies, par des recommandations d’amis ou d’autres lectures. Je m’encombre aussi de bouquins dénichés pas cher dans les foires, ventes et autres librairies d’usagés. Je ne les lis pas toujours.

11. Une lecture inavouable ?
La Tribune de Sherbrooke ;-)

12. Des endroits préférés pour lire ?
N’importe où pour vu que je sois bien, le plus souvent assis, suis inconfortable couché.

13. Un livre idéal pour toi serait ?
Celui que je n’ai pas lu.

14. Lire par-dessus l’épaule ?
Jamais. C’est trop indiscret.

15. Télé, jeux vidéo ou livres ?
Je n’ai pas de télé, les jeux vidéo m’indiffèrent, mais internet est un gros concurrent.

16. Lire et manger ?
Que des journaux ou revues, les livres se tiennent rarement seuls. Mais parfois quand suis vraiment dedans, il y a moyen de coincer les pages sous une assiette avec un ustensile quelconque pour éviter qu'elles ne glissent.

17. Lecture en musique, en silence, peu importe ?
Peu importe, des fois de la musique ou la radio en fond, mais quand je lis, je n’entends rien.

18. Lire un livre électronique ?
Je lis beaucoup à l’écran de l’ordi, mais je ne vois pas tellement l’idée de m’encombrer d’un bidule supplémentaire.

19. Le livre vous tombe des mains, aller jusqu’au bout ou pas ?
Jamais. J’espère quand même dépasser un jour la page trois d’ À la recherche du temps perdu.

20. Qu’arrive-t-il à la page 100 ?
Ce qui devait arriver.

21. Un livre que tu donnerais à ton pire ennemi ?

Il n’en mérite pas un. Il ne lit probablement pas anyway.

13 avril 2009

Actions urbaines

J'ai passé la fin de semaine à Montréal, ou pour être précis dans ma banlieue natale. Ma virée culturelle du samedi était chargée. Musée des beaux arts: check pour l'expo Van Dongen. Il dessinait dans les journaux satiriques de la belle époque. Y compris le Canard libre qui deviendra enchaîné plus tard. Il y avait aussi plein de monde à l'expo commémorative du bed in de Yoko Ono et John Lennon. Expo touchante, avec toutes les déconstructions de circonstance. On en sort quand même ému, malgré la foule.

Suis allé ensuite au Centre canadien d'architecture. Il y avait Actions cette expo que j'ai bien aimé, qui parle de choses concrètes pour améliorer la vie en ville. Le problème étant que pour en parler je devrais utiliser tout le vocabulaire branchouille contemporain. Dérives urbaines, appropriation de l'espace, subversion, dans un mode festif et transgressif. Il y a de joyeuses idées dans tout ça. Mais comme je ne travaille pas pour un organe urbain, vous m'épargnerez le texte de circonstance, utilisez dans un ordre aléatoire tous les vocables ad hoc et vous aurez un compte-rendu.

De ces appropriations de lieux, j'ai bien aimé celle d'implanter des bancs dans les espaces vacants.

Il n'y a aucun banc sur les terrains de Centre Canadien d'architecture.

Ça ferait désordre.

Allez voir le site de l'expo Actions, ça fait quand même réfléchir.

8 avril 2009

Grand déjeuner chez Desmarais

Un collègue me faisait remarquer l''autre jour à quel point la Caisse de Dépôt était devenue proche des Desmarais. C'est là que son ex président Henri-Paul Rousseau travaille. Il me disait aussi que cet ultra fédéraliste qu'est Desmarais devait être heureux, voire derrière, sa déconfiture puisque voilà un outil financier important pour le moins amoché. Avec les déclarations fédéralistes de son ami Sarkozy cela fait deux soutiens de poids neutralisés. J'ai souri, un peu troublé, mais bon, comme je ne suis pas porté sur les thèses conspirationnistes j'ai laissé passer.

Or que lis-je dans le Devoir ?(1). Le nouveau président de la caisse s'empresse de rencontrer tout le Québec Inc au siège social même de la Power Corporation.

Je ne suis plus troublé. Inquiet plutôt.


(1) Accès abonnés. On en parle pas dans Cyberpresse. Évidemment.

5 avril 2009

Dessine moi (avec) un mouton

On connaissait le génie des alpages et ses moutons délriants mais ça ce sont des bergers brillants


Trouvé chez Naked Capitalism

4 avril 2009

Rapaillages d'un samedi

Juste avant d'écrire ce billet j'étais allé fumer une cigarette sur la galerie, histoire de profiter du temps doux et de voir si les fleurs se pointent. C'est alors que j'ai fais oups !

Le muret du coté est finalement tombé. Depuis quelques semaines il était bombé et probablement que les pluies d'hier ont en quelque sorte crevé l'abcès. Ce n'est pas une surprise, il était tombé déjà juste avant que j'emménage ici et disons que sa reconstruction s'est faite à l'abri de toutes les règles de l'art. On ne doit pas empiler plus que quatre de ces horribles blocs de béton, il y en a six ou sept. Comme en plus le très chaouin propriétaire précédent a mal posé les tuyaux de drainage, le limon sableux du mort-terrain se sature d'eau, devient visqueux et en coulant fait s'écrouler le muret.

Résultat final: je vais rescaper les bulbes de tulipes déterrés brutalement et voir si au fond ce muret sert à quelque chose. La pente plus au fond tient bien sans blocs et comme ils sont horriblement laids...

On rebloguera plus tard.

Petite annonce. À donner: blocs de bétons parfaits pour murets de mauvais goût dans banlieues cheap.

28 mars 2009

Premières fleurs

Il a fait un temps superbe aujourd'hui. Et voici mes premières fleurs
Des crocus évidemment. Souvent faux signal du printemps réel, il neigera encore, mais il y a un certitude: le cycle des fleurs est en marche.

Et on est deux semaines en avance sur l'an dernier ;-)

27 mars 2009

Limites techno

Je me rends compte que j’ai des limites aux technologies. Je crois que c’est sain. Je ne m’en vante pas tellement. Elles viennent souvent d’une simple paresse. Ainsi Twitter. Suis bien trop lâche pour faire rapport de ce que je fais. D’autant que je pense que ça n’a strictement aucun intérêt pour qui que ce soit.

De même, je n’ai pas de téléphone portable. Si je ne suis pas chez moi, c’est que je suis occupé à autre chose, alors je ne vois pas l’urgence. Suis ailleurs. Sans compter que cela évite cette question ridicule : Té où ? Question oiseuse que la ligne «terrestre» évite. (La métaphore est intéressante: peut-il y avoir une liaison autre que terrestre ?)

Il arrive de temps en temps que le cell d’un étudiant sonne en classe. Ils en sont toujours très gênés et la classe ridiculise souvent le coupable. C’est agaçant, mais j’en profite souvent pour faire remarquer à l'ensemble des étudiants à quel point ils sont esclaves, communicables à merci et obligés de rendre des comptes tout le temps et toujours. Je les rassure ensuite un peu en me traitant de vieux croûton qui n'en a pas besoin.

Leurs réactions perplexes me suffisent.

24 mars 2009

Elis Regina

Pas le temps d'écrire alors...



Voici la seule version brésilienne: Au studio. Parce que toute chanson contemporaine est souvent trichée.


Grande chanteuse.

15 mars 2009

Alleluia !

Ça commence à sentir le printemps.



John Cale chante de Hallelujah de Leonard Cohen, une de mes chansons fétiches que je viens de retrouver. Comme le plaisir de marcher en souliers et sans manteau d'hiver.

7 mars 2009

Ces gens là

Curieux, mais j'ai fais un lien entre cette chanson là et la crise.

Jacqes Brel - Ces Gens La

Faut vous dire, monsieur, que chez ces gens là, on ne pense pas,
on compte.

4 mars 2009

Relâche

Quelle belle invention que la semaine de relâche. Une ville comme Sherbrooke redevient provinciale faute d'étudiants. J'avais prévu la passer à corriger mais comme j'ai du retarder mes examens, me voici avec plus de temps que prévu. Pris enfin cette photo de la rivière Saint-François au parapluie magrittien perdu dans les glaces.Du temps aussi pour décrocher et lire. J'ai mis la main sur une des rares choses de Jacques Ferron que je n'avais pas lues, ses lettres à John Grube. Je pense parfois que c'est dans ses lettres et entretiens qu'on saisit bien la profondeur de Ferron, sur cet étrange pays qu'il sentait, comme un psychanaliste s'identifie à son patient. Il me reste cette phrase parmi tant:

Le Québec est comme une bête vivante ; il n'est pas facile à comprendre. Il ne se serait pas choisi pour héros tant d'hommes forts s'il n'était pas peureux

Tout le problème étant qu'il les choisit louseurs, ce qui lui permet de demeurer dans les limbes. Par peur d'exister.

***
Je ne savais pas trop quoi penser de cette histoire de reconstitution de la bataille des Plaines d'Abraham. Autant il est bizarre de vouloir célébrer une défaite, autant je ne vois pas tellement de problème à laisser jouer aux soldats des adultes déguisés en costumes d'époque. Grâce au site de l'ONF j'ai vu le film de Jaques Godbout sur la question. J'ai un vague souvenir que Le sort de l'Amérique n'avait pas été tellement bien accueilli à l'époque.

Au fond, j'aime bien le point de vue qui ressort du film: les Plaines d'Abraham sont une défaite de la France, pas celle des Canadiens du temps. D'ailleurs la nation canadienne-française n'existait pas encore à l'époque. Là dessus, je suis du même avis que Ferron ou Fernand Dumont: ce qui sera la nation québécoise commence à poindre vers 1840. C'est à dire au moment où Lord Durham saisit la teinte nationaliste des troubles de 1837 au Bas-Canada. alors que la même révolte dans le Haut-Canada n'était que sociale et anti-coloniale. Que ces événements soient suivis par la parution première histoire nationale du Québec, celle de Garneau en est un symptôme évident.

***
Une seule chose m'a un peu agacée dans le film de Godbout: ce vieux cliché de l'histoire qui n'est plus enseignée au Québec et que c'est donc dommage. C'est faux. Le problème est plutôt qu'à force de se chercher une légimité scientifique l'histoire n'est plus un récit. Le voudrait-elle qu'elle serait mise en pièces par la post-modernité ambiante. Sans compter qu'elle oblige à penser qu'on a pu vivre autrement, ce qui nuit à la consommation des ménages, seule clef la relance économique.

Et je ne parle pas des obstacles au commerce.

26 février 2009

À la santé de ma nièce

Depuis quelques années j'héberge ma nièce qui aime bien la danse et la chorégraphie. Ce n'est pas ma spécialité. Mais luii ai montré celle là. Elle a été surprise. Et comme c'est sa fête, cadeau.



You're gotta be be cool for the world's that's commin' ahead

24 février 2009

Indécrottables.

On lit sur Cyberpresse une excellente suggestion de deux doctorants en économie et en sciences politiques : confier la gestion des avoirs de la Caisse de Dépôt au secteur privé qui serait plus efficace que le public.

Que voilà une bonne idée! Je suggère des noms: Citigroup, AIG assurances, Lehman Brothers Goldmann Sachs et autres grands noms de Wall Street. Toutes des entreprises en si bonne santé financière qu'on aurait ainsi accès à l'argent du gouvernement américain pour renflouer la Caisse.

En plus, on économiserait énormément en frais de gestion: Le PDG de la Caisse de Dépot reçoit un salaire de base de 450,000$ plus disons un million en bonis divers. Arrondissons à 1,5 millions de dollars. Pour gérer des actifs un peu moindres, le PDG de la Banque Nationale du Canada encaisse 4,7 millions. On imagine les salaires des cadres à l'avenant.

***
Si j'avais ces deux zozos comme étudiants, je crois que je leur suggèrerais une carrière dans la soudure ou l'entretien ménager.

20 février 2009

Un peu de botanique

Marie-Victorin est un de mes héros intellectuels. Je ne m'étendrai pas ici sur ses qualités scientifiques ou littéraires, mais la Flore Laurentienne est un des grands livres québécois; il m'a d'ailleurs permis de passer à travers le seul Réjean Ducharme que j'aie lu, l'Hiver de force (que j'ai adoré). Il avait également un curieux sens de l'humour: voici un extrait des notes d'un cours d'été qu'il donnait début 1940:


Trouvé sur le site Flore Laurentienne *

Mais voilà, dans sa clef d'identification, Marie-Victorin a oublié de définir au long les congrégations des espèces de Cornettacées. Sauras-tu, lecteur, m'aider à les identifier ? Je n'en connais que trois. (C.N.D, C.S.A et S. SS NN J.-M.)

Étant de sexe masculin, je suis plus familier avec la famille des Romanocollinacés.


*Et chapeau à la dame qui s'en occupe, c'est un grand, noble et beau travail.

17 février 2009

Les oligarques

Je vous gâte aujourd'hui. Deux topos en un jour. Et toujours sur le front économique. Promis, je reviens à d'autre chose en fin de semaine.

C'est une entrevue de Simon Johnson, ancien économiste au FMI maintenant universitaire, qui parle avec Bill Moyers dans son Journal sur PBS.



C'est que au fond les grands banquiers étant les seuls à comprendre (et encore) ce qu'ils ont fait ces dernières années. Ils sont aussi les seuls experts en mesure d'en évaluer les dégâts. Tout le problème vient de ce qu'ils se sentent tellement au dessus du monde qu'ils se croient encore les sauveurs du monde qu'il ont détruit eux-mêmes.

Et savourez ce deuxième extrait. On y voit mon sénateur vermontois préféré Bernard Sanders carrément excédé ne pas comprendre pourquoi ces mêmes banquiers sont toujours là, à bouffer les milliards de l'état, à en demander d'autres alors que leurs banques sont insolvables.



C'est ce capitalisme rentier, nageant dans les fictions financières qui coule actuellement. S'il croit encore à ses chimères il est bien seul.

L'iceberg de la réalité a frappé.

* Fin de l'entretien ici.

Simon Johnson est un des contributeurs d'un autre excellent blogue de crise: The baseline scenario.

Récessions comparées

Un autre intéressant petit graphique:
Désolé pour la mise en page.

C'est une comparaison d'indices boursiers en crise.Pour les non-initiés, bear market est de l'argot financier pour un marché baissier (1) . La courbe indique la baisse en % des indices depuis le pic pré- récession . Ma prédiction ? On accote 1929 cet été.

Trouvé chez dshort via Calculated risk

(1) Et non pas le surnom d'un bar bien connu du village gai, au coin de Sainte-Catherine Est et Papineau.

14 février 2009

Saint -Valentin

La Saint-Valentin a été inventée pour vendre des cartes.
Pour les couples. Je ne suis pas en couple.
En voici un, légendaire.
Ginger Rodgers et Fred Astaire dans Swing Time.
Comme dans ce temps là, ça distrait des dépressions ambiantes

Essayez de faire pareil avec votre chum ou votre blonde.

8 février 2009

Encore plus chaouin

Comme vous le voyez j'ai ravaudé un peu ce blogue. Du vieux bois, ça fait plus chaouin. Malheureusement dans l'opération j'ai perdu ma liste de liens, j'en ai remis quelques-uns mais c'est longuet comme opération, alors ne vous gênez pas pour réparer les oublis que j'ai fait en me laissant un commentaire. Et ne le prenez pas personnel.

Un chaouin ça travaille chaouinement

3 février 2009

Un beau graphique


Que j'ai trouvé chez Some Assembly Required qui l'a trouvé dans The Oil Drum

Heureusement que les patrons doivent travailler moins longtemps pour payer l'essence. Ils peuvent se consacrer à bummer quelques milliards aux gouvernements.

2 février 2009

Parlez, parlez...

Un ami m'envoie le discours de poodle en chef légionnaire honoraire. Soyons franc, il a un bon rédacteur.

Soixante-dix ans plus tard, lors de son voyage initiatique aux
Etats-Unis, Alexis de Tocqueville passera 15 jours au Canada. Il sera
marqué par le Québec.

A son correspondant, l'Abbé Le Sueur, il écrira ceci dans une lettre
datée du 7 septembre 1831 :

«Ce qui nous a intéressés le plus vivement au Canada, ce sont ses
habitants. Je m'étonne que ce pays soit si inconnu en France. Il
n'y a pas six mois, je croyais comme tout le monde que le Canada
était devenu complètement anglais. (...)

Aujourd'hui, il y a dans la seule province du Bas-Canada 600 000
descendants de Français. (...) Ils sont aussi Français que vous et
moi. (...) Comme nous, ils sont vifs, alertes, intelligents,
railleurs, emportés, grands parleurs et fort difficiles à conduire
quand leurs passions sont allumées.»


Il me semble voir Jean Charest à sa maison de North Hatley ou de Westmount lisant la correspondance de M. de Tocqueville. Ben sûr.

***

Ce texte contient même ceci:
Aujourd'hui, la relation entre la France et le Québec met en scène deux peuples adultes et libres, séparés par un océan, mais réunis par l'histoire, par le sang et par le coeur.
Ah bon. Le Québec est libre ? Faudrait prévenir le fédéral. Ou la vice-reine. Voire notre souveraine. Et quand on lit que le tout ça se passe sous l'oeil attendri du co-légionnaire plus ancien qu'est Paul Desmarais, mentor et ami du président de la République Française, on comprend qu'il en a remis une couche sur l'unité canadienne.
Puis, Nicolas Sarkozy a repris à peu de choses près les termes qu'il avait utilisés l'automne dernier à Québec pour manifester son appui à l'unité canadienne. «Croyez-vous que le monde avec la crise sans précédent qu'il traverse a besoin de division? A besoin de détestation?» a-t-il dit.

«Est-ce que pour prouver qu'on aime les autres, on a besoin de détester leurs voisins? Quelle étrange idée! Est-ce que le message de la Francophonie ne doit pas être un message de rassemblement, d'union, un message d'entente, d'ouverture, de tolérance», a ajouté M. Sarkozy
Ça aurait pu être dit par Jean Charest (ou Jean Chrétien) un certain automne 1995. On l'invitera sans doute la prochaine fois. Dans un rallye d'amour financé illégalement avec l'argent des contribuables. Avec des odes à la diversité. À l'identité. À la différence. Dans la mesure où elles ne nuisent pas au commerce.

À Power Corporation, on a essuyé une larme. De joie.

Les pions sont bien placés.

28 janvier 2009

Blogueurs de crise

Il fait mauvais ce soir. Pour les automobilistes s'entend. Le 14 février hante Sherbrooke. Ce n'est pas qu'on soit obsédé de la Saint-Valentin, c'est plutôt qu'on se souvient de celle il y a deux ans où la ville avait bloqué. Tantôt la côte King était fermée. Ça semble moins pire ce soir. Je suis au chaud, j'écoute Dylan, en buvant un bon petit rouge ramassé à la Régie tantôt.

***

Depuis les derniers mois, je suis attentivement l'actualité économique et comme j'ai l'intention de ravauder mon blogue dans les prochains jours, pourquoi ne pas y inaugurer une liste de blogueurs de crise que je suis régulièrement. Of course la plupart de ces sites sont en anglais (suis ouvert aux suggestions). Anyway money talks. In english ouite parfois ze frenche accentte. Et pour se mettre dans l'ambiance, quelques chansons de circonstance.


David Byrne, The sound of buisness (Music for the Knee play)


Leonard Cohen, the Future, the future.

Et si tout cela vous déprime, un peu de rock indépendant français :
Pigalle, Renaitre, Regards affligés...


Le plus classique est Paul Krugman. Il écrit dans le New York Times. Il est prix Nobel. Il a son blogue. Dans les quasi institutionnels, par le sérieux et parce qu'ils ne sont pas inféodés, il y a Calculated Risk blogue immobilier mais qui déborde sur l'économie, ses graphiques sont légendaires. Naked Capitalism (titre prophétique, le roi est effectivenet nu) reprend les textes du jour et les déconstruit soigneusement. Un dernier, Jesse, réfugié en Suisse évidemment, où il tient un Café Américain parfois amer mais toujours lucide. Je serais malhonnête de dire que je comprends toujours ces experts, mais à force de les fréquenter ils me donnent l'intelligence de choses que je ne comprends pas.

***

Dans ce monde, il y a des piétons astucieux. Tropical bear est le genre d'amateur français comme on les aime. De l'île de la Réunion cet amateur serait riche à Wall Street mais voilà, c'est un bricoleur astucieux et lucide comme on en voit dans les films de Tati, mettons. Comme c'est un prof, il a le souci d'expliquer, aussi ses archives sont riches. Dans le genre britannique, tongue in cheek, j'adore Some assembly required, parce que il a inventé une forme de bloggage qui est un exercice de style, une forme, mais aussi un fond qui n'oublie jamais la dimension bêtement écologique de cette crise.

***

Dernier groupe, que j'appellerais les résistants. De ceux là il y en a plein de québécois qui sont déjà la et d'autres que je devrais ajouter. Ils auront leur note à eux seuls. Signalons pour ce soir quelques américains. C'est qu'il y en a qui ne croient plus aux USA. Qui pensent que tout va s'effondrer. C'est une idéologie à laquelle je n'adhère pas trop, celle des survivialistes, de ceux qui se préparent en amassant des réserves de nourriture et des gros guns, préparés qu'ils seraient à la catastrophe à venir. Mais est-ce une idéologie si différente de celle des granos des années 1970 ? Et pour avoir habité à la campagne il est utile de se faire des réserves, au cas où.

De ces très noirs prophètes, j'ai dit comme j'aimais Clusteredfuck Nation, critique des banlieues infinies dans lesquelles ont vit en général. J'aime bien aussi les cris de ce très vermontois Ashes to Ashes, lui aussi préoccupé de ce que les USA soint aux abonnés absents. Et si il y a beaucoup de merdes paranoiaques beauf dans ce mouvement de survie (ceux qui amassent les fusils plus que les grains ou les fêves) mais Dégringolade me semble plus critique, plus humain. Parce que entre une recette de bière maison ou de fêves de survie, il n'a pas oublié qu'on a besoin de livres.

En ce sens, c'est un sage.

26 janvier 2009

Muray le disque



Ceux qui lisent ce bloque depuis un certain temps savent le plaisir que j'ai à fréquenter ce grand auteur qu'était Philippe Muray. C'est sans doute un des meilleurs critiques de cet étrange monde dans lequel on vit. Son ironie brillante et râleuse, son verbe abondant, quelque part entre Céline et San Antonio, avait le don de gratter le bobo parisien ou québécois là où ça fait mal, c'est à dire dans la conscience.

Il s'était amusé à écrire Minimum respect, un recueil de poèmes, des vers de mirliton disait-il. Non sans avoir assassiné la poésie au préalable:

«Ce qu'il y avait d'inqualifiable, jusqu'à moi, dans la poésie, c'était la poésie. Celle ci évacuée, on remarquera qu'il ne reste que de l'excellent : rimes se situant très en dessous du seuil de pauvreté, alexandrins utilitaires, strophes de circonstance aggravante, rythmes contraints à la plus sourcilleuse efficacité, refrains contagieusement drôles, cadences infernales, comptines mémorables, vers enfin, vers luisants de bonheur de ne plus avoir de troubadours sur le dos comme par le passé.
(...)
Ce qui handicapait la poésie, jusqu'à moi, c'était le lyrisme, c'est à dire la poésie»

Philippe Murray, Minimum respect, Éditions Les Belles Lettres
Belle intro non ?

***

Sur une idée de Benoît Duteurtre, Muray avait eu le temps d'enregistrer quelques-uns de ses poèmes, accompagnés de musiciens étonnants. Cela donne un des disques les plus jouissifs que j'aie entendu depuis longtemps. Surprenant. Je se me serais pas attendu à ce qu'un néo-réactionnaire, honni aux Inrocks soit si près du slam. Écoutez plutôt:




Celle-ci est surprenante d'actualité:



Et une dernière pour la route, dans un genre différent:



Curieux comme ça fait penser à un certain poème fameux.

Le disque de Murray est disponible sur son site
. Plein de ses textes traînent sur internet, amusez vous.

Pendant que l'histoire s'arrête.

22 janvier 2009

Brève de comptoir

-Pis Obama ?
Ça changera rien.
Comment ça ?
Comme d'habitude. Le Noir ramasse la marde du Blanc.

20 janvier 2009

Obamarre ?

Non pas que je veuille cracher dans la soupe. Je souhaite, naïvement probablement, que l’arrivée du nouveau président aide les États-Unis à aller mieux. De toutes façons, il ne peut pas faire pire que Bush. Et laissons lui un peu de temps de réaliser ses espérances.

***

J’en ai cependant contre l’hystérie médiatique qui entoure cette investiture. Désautels y a consacré toute son émission. Toute. Le discours et les festivités à Washington Les réactions à New York à Chicago, les remarques de l’omniscient Dany Lafferrière (expert en quoi ? en négritude ?). Obama ci Obama là. Il ne se passait rien d’autre dans le monde.

C’est un moment historique, direz-vous, une noir président des USA. Ben non c’est plutôt un événement hystérique. Que je sache, l’histoire est dernière nous pas à l’avant. Bravo pour l’espoir mais pour l’histoire l’arrivée de George Bush a eu beaucoup plus d’effet. Pour le pire évidemment., mais ce calamiteux président, ne serait-ce que par son effet repoussoir, soulève par devers son successeur des attentes qui sont peut-être trop hautes.


***

Une fois les bals finis, la gueule de bois sera solide. Un système financier en banqueroute, où les Danaïdes bancaires n’en finissent plus d’aspirer les milliards sans que leurs tonneaux s’emplissent. Des obligations militaires à long terme aussi coûteuses qu’illusoires. Vous avez aimé l’Irak ? Vous allez adorer l’Afghanistan. Demain le Pakistan. Après-demain le Mexique ? Ou les Etats-Unis eux-mêmes ?


L’un des paradoxes de cette crise c’est que les craintes qu’elle soulève sont le reflet exact des espoirs que l’arrivée d’Obama promet. Il le dit d’ailleurs lui-même : «On this day, we gather because we have chosen hope over fear, unity of purpose over conflict and discord. » . C’est un beau et grand discours et je ne peux que souhaiter que sa générosité soit suivie d’effets réels. S’il y réussit, alors ce sera historique.


***

C'est que le changement souhaitable est connu depuis longtemps. Moins de tévé, moins de chars moins de pétrole, moins de bébelles et moins de bombes. C'est dans Thoreau, Jefferson ou Lewis Mumford. Plus de vie, de réel, de nature et de beauté.

Dur à faire comprendre quand le monde est un écran qu'on regarde dans un bungalow.

5 janvier 2009

Un gros mot

«The fact is that recent economic numbers have been terrifying, not just in the United States but around the world. Manufacturing, in particular, is plunging everywhere. Banks aren’t lending; businesses and consumers aren’t spending. Let’s not mince words: This looks an awful lot like the beginning of a second Great Depression.»

En clair: attachez vos tuques. Avec de la broche.


4 janvier 2009

Un rituel de poids

Naviguer sur le web amène à des découvertes curieuses. Ainsi les mesures du monde sont définies par le Bureau international des poids et mesures, dans cette brochure. C'est probablement le seul organisme au monde où le texte français prime sur sa traduction en anglais. On y définit comme suit le kilo: (Les gras sont miens)

«2.1.1.2 Unité de masse (kilogramme)

Le prototype international du kilogramme, un objet fabriqué spécialement en platine
iridié, est conservé au BIPM dans les conditions fixées par la 1re CGPM en 1889 (CR,
34-38) lorsqu’elle approuva ce prototype et déclara :
Ce prototype sera considéré désormais comme unité de masse.

La 3e CGPM (1901 ; CR, 70), dans une déclaration tendant à faire cesser l’ambiguïté
qui existait dans l’usage courant sur l’utilisation du terme « poids », confirma que :
Le kilogramme est l’unité de masse ; il est égal à la masse du prototype
international du kilogramme.

Il en résulte que la masse du prototype international du kilogramme est toujours égale à 1 kilogramme exactement, m (K ) = 1 kg. Cependant, en raison de l’accumulation inévitable de polluants sur les surfaces, le prototype international subit une contamination réversible de surface d’environ 1 μg par an en masse. C’est pourquoi le Comité international a déclaré que, jusqu’à plus ample information, la masse de référence du prototype international est celle qui suit immédiatement le nettoyage lavage selon une méthode spécifique (PV, 1989, 57, 15-16 et PV, 1990, 58, 10-12).»
Je ne sais pas si on a fait une cérémonie élaborée de ce rituel du lavage du kilogramme sacré ? On imagine une théorie d'hommes en blancs et tout un processus de récurage très zen.

En tout cas il a l'air assez délicat et étrange à manipuler ce kilo :

Image empruntée ici

En cette saison de résolutions, voilà un kilo qu'on ne doit pas perdre.

1 janvier 2009

Bonne année quand même

Bon je prends une pause entre les cent mille copies qui sont ma seule lecture depuis les derniers jours. D'ailleurs quelqu'un peut-il m'expliquer l'urgence de déposer les notes un vendredi 2 janvier alors personne n'est au collège avant le 5 ?
Première résolution: Mieux répartir mes corrections.

Deuxième résolution: Lire moins de choses alarmistes sur la crise. Comme ces prédictions. N'en retenir qu'il va falloir s'adapter en un an ou deux à mode de vie plus frugal et plus sain, même si pour le moment je vis une période de vaches grasses.

Troisième résolution voyager plus cet été. Quand je pense que je n'ai pas mis les pieds à Québec depuis deux ans... J'ai en tête le projet d'un bon manuel ou synthèse de géographie du Québec à réaliser d'ici deux ou trois ans, il me faudra donc voir et revoir sa géographie par les pieds comme disait le bon Raoul Blanchard. Beauce, Abitibi, Mauricie, Outaouais, Saguenay me voici !

Pour le reste, il ne me reste qu'à souhaiter à mes quelques lecteurs de passer au travers d'une année qui s'annonce agitée et houleuse et de conserver ce qui s'appelle l'espérance à travers les grandes et petites joies du quotidien.

Carpe Diem

20 décembre 2008

L'économie, ça finit par coûter cher

Il y a des fois où je pense que je lis trop de blogues économiques. Ça rend extrêmement pessimiste. On a l’impression d’assister à une grosse catastrophe au ralenti. Une sorte de désastre abstrait. Les milliards pleuvent, se gonflent et se dégonflent. Le prix du pétrole passe de 50$ à 150$ le baril pour redescendre à 40$ en moins de deux ans. En six mois le dollar canadien passe de la parité à 80 sous US. La bourse perd la moitié de sa valeur. GM est en faillite.

Si, sous Eisenhower, ce qui était bon pour GM était bon pour les Etats-Unis et vice versa, devient inquiétant sous Bush.

C’est qu’à suivre les indicateurs économiques, on a l’impression de revoir ce veux cliché des films de série B quand la machine devient folle et que les aiguilles des cadrans se mettent à tourner en tout sens. Il y a un mois, le ministre des finances du Canada coupait les dépenses par peur d’un déficit, voilà qu’il songe à en faire un de 30 milliards en 5 ans et que c’est une bonne chose. D’ailleurs l’exemple vient d’en bas. Sans le dire, les USA viennent à de nationaliser en douce le secteur bancaire, les assurances, maintenant l’automobile. Demain l’électricité, la santé et pourquoi pas l’acier, les chemins de fer et les transports ? Ironique qu’un Bush ennemi soit disant déclaré du big government finisse sa carrière en socialiste obligé. Mais, comme on dit au Monde Diplomatique, socialisons les pertes, privatisons les profits.

Personnellement, cette crise ne me touche pas. Je n’ai pas tellement d’argent investi. Le boulot ne manque pas, au contraire. Et dans mon domaine, force est de croire que l’avenir est pas mal. Les chômeurs seront instruits. Les étudiants, ayant moins de boulot, pourront même peut-être même s’intéresser un peu plus à leurs cours

Et c’est là où je rêve que cette crise ramène aux choses ordinaires. A une société plus tranquille, plus locale.

Humaine, mettons.

8 décembre 2008

radio canada trop tot ?

.A 8 38 radio canada annonçait les libéraux majoritaires
il est 21h 04, il ne sont plus majoritaires ? Trop vite ? encore trop de luttes très chaudes dans la région de Québec...

addenda 22h30 Faux espoir finalement mais libéraux n'ont pas eu la victoire attendue, c'est toujours ça de pris...

Petit bilan électoral

Il fait moins 21 ce matin d’élections, ce qui n’est pas catastrophique puisque je suis à 2 minutes à pied du bureau de vote. Que dire de cette malheureuse élection qui s’est noyée dans le cirque politique fédéral ? Les enjeux n’étaient certes pas très élevés : la tempête économique qui débute force à naviguer à vue et l’incertitude à venir va brouiller les projets des partis.

Disons que le retour vers le centre des libéraux et le bourassisme qu’on a imposé à Charest lui a réussi. Il a mené une campagne terne, sans doute, mais efficace. Du côté du PQ si Pauline Marois a bien fait si elle n’a pas soulevé l’enthousiasme. Et soyons francs, à part la question nationale les deux partis de gouvernement on des projets qui se ressemblent, à part peut-être la touche un peu plus étatiste du PQ.

Tout le piment de cette élection tient dans le niveau de déconfiture de l’ADQ. Il sera sûrement suffisant pour permettre au PQ de reprendre ses positions traditionnelles dans les Laurentides, Lanaudière, les couronnes Nord et Sud de Montréal et au centre du Québec. Au total, probablement une quinzaine de gains possibles. Quelques gains aussi des libéraux aux dépends de l’ADQ dans les comtés plus conservateurs (Shefford, Huntingdon, Iberville ?) La Mauricie sera plus disputée; libéraux et péquistes vont probablement récupérer chacun quelques dépouilles l’ADQ.

Cette élection va se jouer dans deux régions : Québec et Chaudière-Appalaches. Le degré de résistance du vote adéquiste y fera la différence entre une gouvernement libéral majoritaire ou minoritaire ou même péquiste minoritaire (rêvons un peu). J’ai l’impression qu’on y sous-estime la résistance de l’adéquisme. Je l’ai souvent dit, cette mouvance autonomiste molle conservatrice voire même réactionnaire correspond à une strate de l’électorat qui ne se reconnaît pas dans les deux partis de gouvernement que sont le PQ et les libéraux. A ce titre, le maintien des conservateurs dans cette région du Québec me laisse entrevoir celui de l’ADQ surtout dans les banlieues nord et sud de Québec ainsi qu’en Beauce et dans Lotbinière. Or, c’est précisément là où les libéraux aimeraient gagner pour s’assurer une majorité. A surveiller donc.

Ailleurs, dans les régions plus péquistes du Saguenay, Bas-Saint-Laurent , Gaspésie et Abitibi, je n’exclus pas deux ou trois gains libéraux mais probablement pas de vague. Les îles de Montréal et Laval me semblent figées sauf dans les rares circonscriptions habituellement disputées comme Crémazie.

Attendez vous à ce qu’on n’élise Jean Charest dans Sherbrooke qu’une fois la dernière boîte de scrutin vidée. Et enfin, dans mon comté de Saint-François, je souhaite que mon candidat péquiste Raymond Hébert l’emporte sur la ministre Gagnon-Tremblay. Elle pourra continuer à se momifier tranquillement chez elle.

A ce soir peut-être, et allez voter !

6 décembre 2008

Message personnel

Ce soir je n'ai pas la tête à me lancer dans de vastes analyses. Mais c'est un billet que je veux faire depuis un bout de temps.
Dans l'émission de Monique Giroux il y a des chansons qui sont des plaisirs coupables. Immensément quétaines. En général, Dalida y règne. Voici la mienne.


Version originale. La blonde de l'auteur, Michel Berger, France Gall l'a reprise ainsi:

"Message personnel"


Les deux se sont retrouvées sur un plateau de télé. Françoise Hardy fait une belle vieille non ?




Il y en a une version étrange par Isabelle Huppert dans le film Huit femmes.


Et même Juliette Gréco se l'est tapée cette toune. C'est une autre génération.


Tous mes amis savent que c'est une chanson qui me va bien, je crois.

1 décembre 2008

What's in a name ?

Photo: Yves Boisvert (depuis le temps qu'il voulait la prendre)

Le jeune député de Sherbrooke quelque part dans les années 1980.
Il est toujours membre du barreau local.
Mais il habite Westmount.