30 décembre 2007

Bonne année quand même

Oui, je sais, ma présence est rare sur ce blogue. Cela ne risque pas de s’améliorer d’ailleurs, puisque la prochaine session s’annonce assez active avec cinq cours à donner cet hiver, donc trois préparations à faire. J’ai songé un temps à fermer boutique et passer à autre chose. Possible que ça arrive mais, pour le moment, ne fermons pas la porte, quitte à ne pas l’ouvrir trop souvent.

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Profitons de la saison pour faire un petit bilan.

Au plan politique, le virage à droite se sent de plus en plus, surtout à Ottawa. Même si je n’aime pas ses idées, force est de constater que Harper gouverne habilement. La guerre afghane en est un bon exemple. J’ai beaucoup de sympathie pour ce petit pays qui résiste aux envahisseurs et qui m’a souvent permis de gagner des parties au jeu de Risk. Qu’on ait dégommé le régime des Talibans n’est pas en soi une mauvaise chose, quoique en fait de rigorisme religieux il n’ait pas été pas tellement plus épouvantable que celui de l’Arabie Saoudite. Le problème étant que cette occupation bienveillante risque de ne jamais se terminer.

Et justement ,l’an prochain va se poser la question du renouvellement de l’engagement canadien là bas. Je crains bien que ça va continuer. Jamais intervention militaire canadienne n’a été aussi médiatisée. Vous souvenez-vous de la Bosnie ? Pourtant l’armée y a été plusieurs années. Or médiatiquement on ne nous épargne rien sur le sort de nos braves soldats à Kandahar, leurs épouses éplorées mais fières. Et ces rubans appuyons nos troupes qu’on voit sur nos autos, on se croirait aux Zétats. La militarisation des esprits est en marche.

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Tout cela pour dire que Harper singe de plus en plus le pire de la politique américaine. Répression accrue des drogues, peines de prisons plus hâtives et plus sévères, hostilité bornée à toute intervention de l’Etat dans l’économie, dépenses militaires à gogo, environnement à zéro. Et ça marche bien. Sa cote se maintient. Et comme les libéraux et les autres partis d’opposition finiront bien par cesser de s’abstenir, probable qu’on aille en élection l’an prochain.

J’ai bien peur qu’il ne fasse qu’une bouchée de Stéphane Dion et des libéraux qui risquent de perdre une partie de leur vote de centre gauche dans le Canada. Quant au Québec… les nationalistes mous d’Adéquistan seront-ils assez naïfs pour mordre à la reconnaissance bien théorique de la nation québécoise ? Possible. Ils aiment bien Mario…

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Me voilà bien sombre. Pourtant il fait un beau soleil et la journée d’hiver s’annonce agréable. C’est peut-être que je sens le Québec devenir une immense garderie peuplée d’immatures toujours insatisfaits à la fois du manque de protection des gouvernements mais qui râlent à chaque fois que ce maternage d’État vient contrer leur droit sacré de consommer, de gaspiller ou de ne rien savoir. On veut tous les services mais sans payer d’impôts. On veut de bonnes écoles, sans effort à apprendre. Des lois pour nous protéger qui ne s’appliquent qu’aux autres.

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Une anecdote, entre mille. Dans l’autobus qui me ramenait de Montréal il y avait cette jeune fille, 20 ans max qui avait un bébé. Le genre c’est cool, un enfant. Pendant une heure et demie, concert de braillage, de limonage et de babillage. Pas une fois la jeune fille n’est intervenue pour le faire taire, occupée qu’elle était à raconter sa vie à un voisin (chum, ami ?). Probablement qu’il ne fallait pas brimer l’expression de son flot. Peut-être que maintenant on est plus obligé d’élever ses enfants puisqu’il y a des spécialistes pour ça dans les garderies. Mais la quiétude des autres ? Faudrait peut être faire un règlement sur les nuisances sonores dans les autobus interurbains comme on l’a fait pour le tabac ?

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Et tiens, parlant de tabac. Les derniers règlements ont interdit la vente de cigarettes sur tout le campus de l’université. Bien. L’autre jour, manquant d’allumettes, je vais m’acheter un briquet à la coop-dépanneur du campus. Nenni. Il est également interdit de vendre des briquets ou des allumettes sur le campus puisqu’ils pourraient servir à des fumeurs.

Et 2008 s’annonce meilleure, on devra cacher les cigarettes à la vue des clients dans tous les commerces. Préparez-vous à faire la file aux caisses.

Et soyez heureux, la garderie veille sur vous.

Bonne année quand même.

Et Bonjour chez vous.

7 novembre 2007

Ansaigné le franssait ?

Quelque part dans les insolences du frère Untel il y a cette page où il rend compte d’une dictée donnée à ses étudiants. Il s’agissait de retranscrire la première strophe du Ô Canada. Le résultat était assez comique. Ton histoire est une épopée devenait ton histoire est une des pas pires. Et le bon frère de conclure à l’urgence d’un redressement de l’enseignement du français au Québec. En 1959.

Depuis, périodiquement les journaux se scandalisent du piètre état de la langue des étudiants et hurlent à une réforme majeure, tout en contestant aveuglément toute tentative d’en réaliser une. Cette semaine, La Presse reprend ce vieux cheval. Hier, on s’attaquait à une des racines du problème, celui de la formation des futurs profs du secondaire. Je connais. Je leur enseigne.

C’est vrai qu’il y a des cas pathétiques. Et le resserrement des normes linguistiques a amené une petite hécatombe des étudiants cette année. Devrions-nous pourtant s’en réjouir ? Je ne suis pas si sûr.

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Évidemment, tout le monde est pour la vertu et les professeurs devraient avoir une langue impeccable, mais est-ce réaliste et surtout est-ce une condition sine qua non pour faire d’un étudiant un bon enseignant ? J’en serais moins sûr. Évidemment on s’attend d’un prof de français qu’il soit presque parfait de ce coté. Mais quid du prof de sciences ou de math ?

J’ai une amie mangeuse de maths. Elle enseigne auprès de raccrocheurs. Elle réussit à leur transmettre sa passion et à faire réussir des élèves peu motivés, souvent médiocres. Ils sortent de ses classes avec une meilleure opinion d’eux-mêmes, plus confiants d’obtenir leur diplôme secondaire. Elle parle avec un gros accent, fait souvent des fautes de français et on le lui reproche. Elle s’améliore tranquillement mais on est loin de la perfection. Est-ce pour autant un mauvais prof ?

Je ne crois pas. Parce qu’un bon prof, c’est autre chose qu’un bollé de français. C’est un communicateur de passions, un allumeur de cerveaux, pour ça je suis prêt à tolérer quelques fautes.

J’en fais moi-même.

4 novembre 2007

Comme quoi

Reprenons le clavier. Non pas que je l’aie abandonné, mais tout simplement qu’il y avait à la fois trop et rien à dire.

Rien à dire de cet automne superbe qui a prolongé l’été jusqu’en octobre. En fait, j’ai à peine commencé à planter mes bulbes printaniers n’ayant pas le cœur à arracher les annuelles qui n’ont finalement gelé que la semaine dernière.

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Trop à dire des débats calamiteux autour des accommodements raisonnables et du défouloir qu’est la commission Bouchard-Taylor. La palme des audiences insignifiantes va sans doute à la région de Québec. Outre le retour au catholicisme pur et dur cher au cardinal Ouellet, on a pu y entendre l’inquiétude du citoyen adéquiste moyen (ou des féministes universitaires) face à la menace que représentent les musulmans de la région de Québec. Ils y sont 3020 contre une population de 673 000 habitants, soit 0,44 % du total. Comme quoi à Québec on a peur de son ombre.

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Il y aurait aussi beaucoup à dire de la profondeur abyssale des médiatiques. La semaine passée on a vu la nullissime ministre de l’éducation passer un mauvais quart d’heure aux Francs-tireurs. Elle a raconté n’importe quoi, désavoué son ministère (imaginez un chef d’entreprise dire à la télé qu’il se méfie de ses employés mais qu’il doit malheureusement les supporter parce qu’ils sont syndiqués, songez ensuite la motivation subséquente des employés). Sa nullité n’a été surpassée que par celle de Patrick Lagacé (que j’aimais bien portant) qui a posé des questions démagogues, approximatives, bourrées de clichés sur une réforme qu’il ne connaît manifestement pas. Tout ça dans un français tellement mauvais qu’on en conclut à l’urgence d’une réforme de l’enseignement de la langue si on se fie à celle qu’il a utilisée ce soir là. Sachant que Martineau co-anime cette émission on en vient à penser que le martinisme est une grave maladie contagieuse qui abolit l’intelligence. Comme quoi si Québec a eu longtemps le monopole de la trash radio, Montréal réinvente la trash télé.

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Pour le reste, je me plais de plus en plus dans la nouvelle maison, j’y redécouvre la beauté des couchers de soleil derrière la cathédrale et les édifices du centre-ville. J’y héberge maintenant deux colocs réfugiés pour des histoires de blondes.

Comme quoi une commission sur les accommodements raisonnables dans les foyers serait peut-être utile.

7 septembre 2007

Le petit inquisiteur

Richard Martineau est probablement un des emblèmes les plus parfaits de la médiocrité médiatique contemporaine. Baveux, inculte et se prenant pour un justicier. Il sévit au Journal de Montréal où il symbolise assez bien le virage populiste trash que prend le navire amiral de Quebecor média.

Voilà que le justicier s’en prend à l’intégrité intellectuelle de Charles Taylor sous prétexte qu’il aurait reçu une subvention d’un groupe religieux de droite. Pis après. Grassement payé qu’il est par Quebecor ou par nos taxes, quand il sévit à Télé Québec, monsieur Martineau ne sait pas que s’il y a un secteur de la recherche universitaire où les financements sont rares, c’est bien la philosophie, alors on prend ce qui passe.

J’ai peu lu Taylor, mais disons qu’au plan de l’envergure intellectuelle et de la nuance dans le discours, les écrits de Martineau ressemblent plus à des borborygmes de cloporte à l’agonie qu’à un discours raisonnable de philosophe. Je le lisais aujourd’hui dans le journal de Montréal et voilà qu’il faudrait que M. Taylor lui rende des comptes. Mais notre Martineau est magnanime (et je cite son blogue) : «Contrairement à ce que certaines personnes ont écrit, je n'exige PAS la démission (ou le renvoie) de monsieur Taylor... » (4 septembre 2007)

La qualité de la phrase est exemplaire. On y voit une faute grossière et un abus de trois points ou de majuscules, signes en général d’un manque de maturité stylistique.

On en a hâte qu’il achève sa puberté.

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Il faut lire à ce sujet les observations de Pierre Nepveu dans Le Devoir d’aujourd’hui. Tous ces procès mal intentionnés sentent mauvais. Ils avivent encore le malaise du Québec face à ses intellectuels, alors qu’on leur demande précisément de réfléchir pour le bien de la communauté. Je souhaite que la commission Bouchard –Taylor en arrive à des conclusions intéressantes et utiles.


Ne serait-ce que pour limiter le fond de commerce de ces coquerelles chroniqueuses.

17 août 2007

Un résumé

Pas très actif sur son blog le mec. Normal.

Il y a eu ça :

Quelques beaux tours de machine et de baignade avec l'ami J.-F. . Ici arrêt au barrage de Martinville. On voit à droite sur la berge un petit troupeau d'outardes (Bernaches du Canada) de la variété non-migratrice. C'est la prochaine plaie écologique du Québec: elles ne bougent plus et deviennent obèses, laissant des crottes partout qui collent bien aux sandales (expérience vécue).

Et il a eu ça aussi:

Baignade au lac Wallace. Eau fraîche plage peu profonde mais tranquille. Ce lac est traversé par la frontière USA-Québec. La rive qu'on voit au fond est au Vermont, un état si peu américain qu'il a élu un sénateur presque socialiste au Congrès.

Et après ça

Près de Dixville, la vallée de la rivière Coaticook. C.est le grand bonheur des tours de machine que de l'arrêter, d'en débarquer et de regarder. Et de ne rien entendre que le silence d'une chaude jounée d'été.

Suivi de ça:

La plage du lac Lyster. Une des belles découvertes de cette année. Un peu fréquentée mais belle eau, de la place pour nager et un site pittoresque.

Et en retournant à Sherby ceci:
Le pont suspendu de la gorge de Coaticook. Je n'y étais jamais allé. C'est bien, mais j'en garde un souvenir mitigé. C'est haut. Très haut. J'ai le vertige. Pis ça boouuuuuuuuge.

Et le lendemain, il y avait le Memphrémagog au menu. Très tendance cette année :

À chaque point de baignade cette affiche qui rappelle qu'il peut y avoir des algues bleues dans le lac. En fait, il y en a sûrement. Depuis au moins la dernière glaciation, soit 13 000 ans. Il y en probablement plus depuis quelques années. Et énormément plus cette année parce que comme disait Charlélie Couture, quand les médias paniquent, tout le monde panique. À Ayer's Cliff et North Hatley partout des affiches qui incitent aux bonnes pratiques environnementales, on se croirait en élections. Ce qui ne nous empêche pas de se baigner, l'eau était bonne et la chaleur accablante.

Il y avait ceci, en revenant.
Le pont couvert des Narrows entre Fitch Bay et Georgeville. Il y a vingt ans on y passait encore en auto. Il est désaffecté maintenant.

Il traverse ceci: Le Narrow est en fait un détroit qui relie une grande baie (Fitch Bay) au lac Memphrémagog, qu'on voit au loin. Ensuite on a pris une bière en terrasse à Georgeville. La vue est belle et les prix en conséquence. Ambiance Plateau-sur-le-lac garantie.

Et le lendemain, le temps était lourd, on s'est contenté du lac Brompton.
C'est une plage dans un camping saisonnier. Densité d'habitat proche du bidonville, mais la plage était déserte des orages grondaient. Rare belle plage de sable des cantons.

Le lendemain, retour au Memphré à cette plage d'habitués.
Le vent était frais, l'eau agréable malgré tout. Le lac Memphrémagog chevauche la frontière, lui aussi, elle traverse la pointe de l'île Province, la plus à gauche sur la photo. L'horizon est donc vermontois.

Retout par les chemins de travers:
Près de Cedarville, une rare échappée sur le Memphré. Le lac est rarement accessible, cerné qu'il est de chalets de plus en plus gros et de plus en plus chers où séjournent les Molson, Donald Sutherland, Desmarais, Jean Coutu et autres Depardieu.

Et s'en allant vers le lac Massawipi ce point de vue:
À l'horizon on voit le petit Pinnacle du lac Lyster. Arrêt ensuite à North Hatley au bon vieux Pilsen passé de bar grano à terrasse chic. Quand même bu une Massawipi, première bière artisanale du Québec qu'on ne trouve plus que là. Elle était distribuée autrefois localement mais la marque a été rachetée et abandonnée par Unibroue, devenue filiale de Sleeman, elle même rachetée par les japonais de Sapporo. Microbrasseries dites-vous ?

Et depuis, il ya a toujours le jardin
Tel qu'on le voit du balcon de la voisine et responsable horticole.

Et entretemps, mon ordi portable a eu un crash dont seul Windows a le secret me privant de textes écrits pour ce blogue. J'ai du aussi remplacer mon modem ADSL, qui déconnait beaucoup, ce qui a permis à mon fournisseur Internet de découvrir que mon abonnement devait être ajusté à la baisse.

Un saut à Montréal en fin de semaine et ensuite retour à Sherbrooke.

Il fait une belle journée fraîche. J'écoute ad nauseam Ladies of the Canyon de Joni Mitchell en rédigeant ce texte.
Therell be new dreams, maybe better dreams and plenty
Before the last revolving year is through
And the seasons they go round and round
And the painted ponies go up and down
Were captive on the carousel of time
We cant return, we can only look behind
From where we came
And go round and round and round
In the circle game. '
- Joni Mitchell, The Circle Game

La rentrée s'en vient.

18 juillet 2007

Pas mort

Non ce blogue n'est pas mort. Il ne fait pas partie de l'hécatombe observée par certains.

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Juste que le fait d’avoir déménagé oblige à faire plein d’autres choses. Il y a des milliers d'habitudes à changer et une maison c'est aussi plein de petites choses à faire. J'ai eu aussi la visite de microclimatopithèques et autres amis et famille. Et le jardin à travailler, les bibliothèques à placer, le vin le soir au jardin. Quelques textes oubliés aussi entre le portable et le gros ordi que je reprendrai peut-être. Et soyons francs, l’été est bref ici alors on en profite.

Je vous écris d’ailleurs en direct d’ici :

Cette table de pique-nique est le premier achat ou presque dans le nouvelle maison. On y est à l'ombre d'un érable, ce qui est bien agréable les rares jours de canicule qu'on ait eu jusqu'ici. Un bel été mais frais.

On y voit le jardin arrière :

Et s'il est beau, je n'y suis pour rien; c'est la copine et locataire du haut qui en est la D. A. (Directrice Artistique) en titre et en pratique.

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Un des avantages à avoir changé de quartier, c'est que je me trouve à deux pas de la rivière Saint-François dont la rive a été aménagée en piste cyclable et en sentier pédestre. L'endroit est désert ou presque la semaine. J'y ai fait hier une première promenade fort agréable. La piste cyclable est un maillon de la route verte, ce réseau cyclable qui traverse le Québec de part en part.

Mais je ne pense pas aller à Québec en vélo demain, à moins que je me paie le vélo électrique dont je rêve et qui m'est essentiel vue ma forme et les nombreuses côtes de Sherbrooke.

Ce qu'il y a de bien dans cette berge c'est qu'elle n'est pas sur-aménagée. Partout il y a des accès plus ou moins formels à la rivière. On y indique même des coins pour la pêche.

Non, ce n'est pas un panneau signalant l'approche d'élections.

Paraît qu'il y a du doré, le meilleur poisson d'eau douce au Québec, des truites, du brochet. Tout ça généralement comestible surtout au printemps. Il y a juste inconvénient, comme toutes les berges des rivières du Québec c'est la terre d'élection de l'herbe à puce, redoutable plante qui vous irrite la peau longtemps. Partout le long du sentier on en a identifié les talles et gare aux promeneurs insouciants.

La rivière est assez sauvage même tout près du centre-ville. Elle donne lieu à des points de vue étranges:
À travers ce saule brisé par les glaces du printemps on voit la croix de Mena Sen, le pont Saint-François et le clocher de l'église Saint-Jean Baptiste. Ce rocher et la croix qui le surmontent sont un élément du folklore sherbrookois. Il y avait là autrefois un pin blanc qui poussait et le site aurait été le lieu d'un affrontement plus ou moins légendaire entre Abénakis et Iroquois qu'on vous raconte ici.

Le pin a été foudroyé à la fin du 19e, il y en avait d'ailleurs un morceau au musée du Séminaire de Sherbrooke; il a été remplacé par une croix lumineuse au milieu du 20e laquelle se fait tranquillement envahir par un pin qui y repousse depuis quelques années.

Beau symbole non ?

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Ma promenade allait vers un marais aménagé pour l'observation de la faune, mais comme ma caméra manquait de jus, ce sera pour une autre fois.



9 juin 2007

Des chiffres et des lettres

Je viens juste d’éteindre la radio. Au moment même où Le Bigot ordonne à sa chroniqueuse de cesser de rendre compte du point de vue du pauvre prof de cégep qui a été lynché médiatiquement et politiquement cette semaine pour le crime d’avoir suggéré une approche plus qualitative à la correction de l’épreuve uniforme de français. Ça a pris exactement trois mots de vocabulaire à peine spécialisé en pédagogie pour qu’avec un gros rire épais il lui demande de passer à autre chose.

Ce monsieur Berger a en effet commis une grave erreur. Contredire les médiatiques. Qui n’ont évidemment ni lu son document ni tenu compte du contexte dans lequel il s’inscrit. Sa réponse dans le Devoir est digne et vaut la peine d’être lue en entier.

Je reprends ici sa conclusion :

«Ce que je retiens de cette singulière situation, c'est qu'il est toujours utile de prendre le temps d'aller à la source de l'information avant de juger d'une chose étonnante rapportée par les médias. C'est ce qu'à peu près personne n'a fait en ne se donnant pas la peine de lire la totalité du document de travail que j'ai soumis au MELS avant d'émettre des commentaires. On aurait alors pu s'apercevoir que je proposais une approche qui doit tenir compte des fautes.
À part quelques rares lecteurs et le chroniqueur Christian Rioux dans l'édition d'hier du Devoir (ça prenait peut-être un regard de l'étranger!), on a plutôt préféré profiter de l'occasion pour déverser un fiel aussi malsain que mesquin contre les institutions, les «fonctionnaires» et les «pédagogues», au prix de ma crédibilité, de ma dignité et de ma liberté.

Tout cela n'est-il pas là le symptôme d'un malaise qu'on a peine à nommer au Québec

En effet. A force de parler de vraies affaires, on oublie que le monde est complexe, nuancé et on en vient, sous prétexte de simplifier, à tomber dans un simplisme qui précisément abolit la pensée. Il suffit d’avoir corrigé une pile de copies pour comprendre qu’une évaluation si chiffrée ou objective qu’elle prétend être contient toujours une part de subjectivité, ne serait-ce que dans le choix des éléments à évaluer.


En géographie dans les années 1960-70 on est tombé dans ce piège d’utiliser les méthodes quantitatives sous prétexte de plus grande scientificité. On en est revenu un peu aujourd’hui sachant que ce qui est humain contient toujours une part d’irrationnel, de subjectif et de qualitatif, justement. Ça a l’inconvénient de ne pas être digestible par les machines. Médiatiques ou autres. Le monde y veulent des chiffres. On appelle ça de la quantophrénie.

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Quant au fétichisme des bonnes vielles méthodes, je ne puis m’empêcher de constater que dans les piles d’examens de cégépiens que j’ai corrigés cette semaine j’ai rarement vu aussi peu de fautes. Moins que chez les universitaires. Les premiers ont appris la nouvelle grammaire, les seconds l’ancienne.

The proof is in the pudding ?

7 juin 2007

Je ne vous raconte pas

La chaleur le jour du départ

Le camion trop petit (y nous ont dit un trois et demi) qui arrive trop tôt.

Les expéditions pour ramasser ce qui reste

Les examens à donner au travers

La plomberie à comprendre (je déteste les robinets bisexués où calibrer le rapport eau chaude eau froide et débit relève d’une combinatoire obscure)

Les complications des hypothèques (Oups ! on a pas fait évaluer la valeur marchande !)

Les impatiences du vendeur

Les piles de copies à corriger

Les recherches d’objets ordinaires dans une boite, mais quelle boite ?

Les Bon je mets ça où en attendant ? (Et on oublie après)

Le proprio de l’ancien logement qui passe la tondeuse dans les plates bandes de l’ancien jardin, par pure bêtise.

La nouvelle locataire du logement arrivée huit jours avant le temps qui veut du gazon parce qu’elle a trois enfants et travaille quarante heures semaine (J’envoie son signalement aux têtes à claques)

Ma nouvelle locataire, ancienne voisine et vielle amie dont je dois réaprivoiser la territorialité chatouilleuse et pour moi aléatoire (Je ne comprendrai jamais les filles)

Et la recherche paniquée de ce fichier de notes une heure avant le délai final pour la remise des résultats.

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Heureusement il y a un grande galerie pour voir passer les orages

Beaucoup de fenêtres et du soleil en masse

Un paysage plein d’arbres où je ne me lasse pas de voir le clocher de l’église Saint-Jean Baptiste changer avec l’air du temps

De la place où ranger mes livres.

Un bureau avec vue sur le jardin.

24 mai 2007

J-0 Grand départ

Les bonnes nouvelles s'accumulent. Probable boulot cet automne au cégep. Mais pour le moment, suis dans les boites (et le bordel).


Les déménageurs arrivent en début d'après-midi. Il fera 30 degrés peut-être. Un dernier coup d'oeil au jardin, affreusement négligé


Et maintenant en route, un dernier coup de collier pour que l'essentiel arrive à la nouvelle maison. Restera encore bien des choses à récupérer ici, j'ai manqué de boites pour les livres et pas eu le temps de faire tous les garde-robes.

Mais je ne suis déjà plus là.

Dernier message de la rue London. Le prochain (au hasard du rebranchement) viendra de l'autre coté de la rivière, en terres nouvelles.

19 mai 2007

J - 5

Dernière fin de semaine sur la rue London. Journée assez agréable, quoique fatigante. Passé de l’avant-midi à la future maison à aider à reconstruire un muret de blocs de béton qui n’a pas résisté au drôle de printemps qu’on a eu. Ramassé plein de cossins à la vente de garage des anciens proprios question de pallier le manque de meubles appréhendé. Vu l’aspect très familial de la rue aussi, c’était un peu leur party de départ. Tous les voisins sont passés. Curieux aussi du nouveau propriétaire ?

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Je ne me souviens plus où j’ai lu qu’un déménagement est un des événements les plus stressants possibles. C’est assez vrai. Il y a tout les changements d’adresses, le légal de l’acquisition dans mon cas. Être propriétaire comble quand même de la drope sociale inhérente à passer du Vieux Nord à l’Est de Sherbrooke. C’est un changement de statut social.

Et tout le reste. Changer de dépanneur, de voisins, mais là j’y gagne, aucun n’est voleur. Déménager c’est surtout changer de monde, de banal. Passer de choses mille fois vues à l’inconnu.

Apprendre un territoire est toujours plus inquiétant que de le reconnaître.

12 mai 2007

j - 12

Je pars le 24 mai. Le camion et les déménageurs sont réservés. Le montage financier est dessiné, les papiers sont chez le notaire. Premiers changements d’adresse officiels. Là bas, les plantes déménagées poussent déjà. Même eu le plaisir d’y veiller lundi dernier, il faisait presque chaud. J’y serai bien.

J’ai commencé mes boites, tranquillement l’appartement se dégarnit. Je n’ai rien fait au jardin, je suis déjà parti. Je sens que les choses tournent. Il y des possibilités plus concrètes en vue au cégep. À l’université peut-être aussi. De l’aide des amis pour que tout baigne.

Que demander de plus ?

1 mai 2007

Déménagement phase I

Enfin un peu de soleil. Et ça tombe bien, journée de déménagement de plantes. Ceux qui me lisent depuis longtemps savent que je n’aime non tant pas jardiner que d’habiter un jardin. Je pense depuis longtemps que le geste le plus révolutionnaire possible est d’améliorer le monde dans lequel on vit. Que planter des fleurs pour le simple plaisir de les voir, les sentir est beaucoup mieux qu’une stérile discussion politique.

On a donc passé l’après-midi à déterrer des plantes pour les transplanter au futur logement. Ma vielle amie graphiste horticultrice, son fils, son chum poète, qui a une machine; de la bière, du vin autour. On a même déménagé des roches. L’esprit d’un lieu nouveau avec de l’ancien, un peu.

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Premiers éléments déménagés. Restent l’administratif, le notaire, le montage financier.

C’est moins simple que des plantes.

Ce n’est pas vivant.

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Et invitation aux amis à passer cet été. J’ai de la place autant pour les familles du 450 que les amis réels ou virtuels. Je connais presque tous les coins secrets des cantons.

Et je serai moins petitement.

21 avril 2007

Printemps

Pas besoin de le dire. Le genre de journée où on sort l’ordi. Puis, il y a des démangeaisons. On commence par balayer le patio. Ensuite, le râteau, les cisailles et on remplit un bac de tiges feuilles laissés par l’automne et l’hiver. Et je me rends compte que c’est le dernier printemps dans ce jardin.

Je suis content de partir. En jardinant, je pense aux plantes à déménager. En faisant le ménage, à tout ce dont je dois me débarrasser, Je pense aussi à ce que je ferai, dans la nouvelle maison, le coin bureau, les fleurs et arbustes à planter. Il y a des choses qui changent.

Et pour le mieux.

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Mais pas trop le temps d’écrire entre les hypothèques, le notaire, les phynances et les piles de copies à corriger. Départ prévu : première semaine de juin.

J'ai hâte

17 avril 2007

Concert

Tôt ce matin, le ciel est à peine bleu, j’ouvre la porte et j’entends le premier concert d’oiseaux de l’année.

Ça fait du bien.

7 avril 2007

Post-histoire

Le gazon ne pointe plus sous la neige. Il en est tombé au moins un pied jeudi, il a fait moins sept ce matin. Joyeuses Pâques. On s’alarme du réchauffement climatique, mais j’en prendrais un peu aujourd’hui.

***

Entre deux piles de copies je m’évade dans Festivus festivus, une série d’entretiens de Philippe Muray. J’aime beaucoup cet homme joyeusement enragé de voir son époque sombrer dans la post-histoire. Il prend à rebours bien des poncifs du temps, féminisme, revendications de gauche bien pensante et regarde le naufrage de ce qui nous reste de culture dans le grand tout mondial.

En le lisant, je me demande si son propos très français ne s’appliquerait pas au Québec. Sa tête de turc préférée, le bobo parisien est en tout cas proche cousin du platoïque montréalais. Comme lui il mange bio, consomme moins de culture qu’il en a l’air. Aime l’ordre écolo, le vélo, les patins à roues alignées (rollers). Sa réaction à la présence de Le Pen au deuxième tour des présidentielles de 2002 n’est pas non plus très loin de celle des insulaires montréalais à la poussée adéquiste.

Je crains d’ailleurs que le magma informe de cette pensée toujours dans l’immédiat, qui bouge pour bouger ne soit une clef pour comprendre les comportements électoraux des deux cotés de l’Atlantique. En ce sens, l’ADQ comme Québec solidaire ou les Verts représentent précisément un changement pour changer, sans plus. Sans conséquences non plus parce que sur le fond le nombril est plus important que tout le reste.

Le monde devient ainsi un décor interchangeable, momifié qu’il convient d’aseptiser surtout pour en éliminer le sens, la profondeur historique. En conséquence, les lieux n’ont plus tellement d’importance. La campagne est une terre de randonnée en VTT ou à pied, selon les chapelles. Les villes deviennent des représentations touristiques, avec leurs rues rénovées en néo-vieux, pour faire plus vrai.

***

Cette semaine, on a démoli une église inutile coin King-Jacques Cartier. On y construira un centre médical et une pharmacie.

La post-histoire est en marche.

3 avril 2007

Tristes temps

Temps gris humide. On commence à voir le gazon percer au jardin Au moins la neige disparaît. Plus vite que les piles de copies. Et ce soir, je sens un virus qui attaque, ce moment où la fièvre monte, les lèvres s’assèchent. Deux cours à donner demain. Un examen à préparer. Une excursion vendredi. Montréal en fin de semaine. Un cas de gousse d’ail préventive.

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Scène dans l’autobus ce matin. Un enfant (3 ans ?) babille. Et tout heureux pointe un doigt vers une annonce où il n'y avait qu'un gros M doré. Tout heureux il s’exclame : Macdonalll

Tristes temps où on apprend à nommer le monde par ses logos.

2 avril 2007

Transport gratuit (bis)

Il y a trois ans, l'université de Sherbrooke a offert le transport en commun gratuit à ses étudiants. Un bon succès si j'en juge par l'achalandage. Voilà que le cégep s'y met aussi. Pas tout à fait gratuit, puisque ça implique une cotisation obligatoire de 50$ par session par étudiant, mais l'idée est là. C'est soumis actuellement à un référendum interne. Si j'en juge par le forum de l'intranet du collège, les gens sont assez favorables même si les étudiants de l'extérieur du réseau local ne voient pas l'idée de payer pour une service qu'ils n'utilisent pas. Le cégep leur a répliqué en leur offrant le stationnement gratuit s'ils font du covoiturage.

Belle idée et comme en plus le plan d'urbanisme de la ville est contesté parce qu'il propose de poursuivre la construction d'un power center* le long de l'autoroute, si ça continue Sherbrooke ne sera plus une ville de chars.

Ne manquerait plus que l'école de ski nautique Jean Perrault du maire éponyme cesse de faire tourner ses gros hors bords au centre de la ville.

Mais là je rêve.

* Un power center est un amas planifié(!) de magasins grandes surfaces en périphérie d'une ville. Un magoua ou un chaouin ne se tient pas là.

31 mars 2007

Maison

Dans deux mois, j'habiterai


Une maison de style vernaculaire sherbrookois
C'est à dire aucun style.
Mais confortable.

On habite rarement un style.

27 mars 2007

Les têtes à claques

Ce soir, je suis allé voir les résultats des élections à mon bar d’habitués. Il n’y avait presque personne, sauf deux ex détenus de la maison de transition voisine qui gueulaient à la table de pool, un réfugié du bar voisin occupé par Québec solidaire et les serveuses qui changeaient de shift. Au début, la vieille télé ne marchait pas mais elle a fini par cracher un son trop fort. Collé à la télé je regardait les résultats déprimant défiler. L’ADQ menait même.

Et ça me passe par la tête.Les têtes à claques. C’est le Québec des têtes à claques qui gagne, celui qui entend 100 fois par jour des pubs débiles. Qui a des problèmes de char. Qui n’a pas trop aimé l’école. Trop taxé pour des services souvent bêtes. 800 mots de vocabulaire. Pas plus. Le public cible des médias qui glosent en ayant l’air intelligent. Ou pas. (Quel était ce pédant à coté de Bernard Derome?)

***

Je fume une cigarette dehors et j’entends un hurlement de joie. Charest est battu dans son comté. Je suis sceptique (Charest se fait battre à chacune des ses élections locales, avant le vote par anticipation et les boîtes des retraités en Floride). C’était quand même une petite joie dans une soirée triste.

Même pas. Pis ensuite Boisclair. Il ne démisionne même pas. Il a le charisme d’un frigidaire dans les circonstances. Pas même les couilles de tirer les conclusions qui s’imposent. Il ne pogne pas. Ensuite, celui qui pogne. Mario. Le sauveur des classes moyennes. Celles des couronnes de Montréal, que le PQ ne comprend plus. Des relativement riches mais pas trop.

Parce qu’il est là le gain de Mario. L’opposition n’est pas entre Montréal et ses régions. Le PQ a repris le Saguelac, la Côte-Nord, l’Abitibi, la Gaspésie. Y-a-t’il régions plus régionales ? L’ADQ a trouvé le chemin du monde ordinaire, drabe un peu, qui habite des bungalows en vinyle. Celui qui s’endort. Dans le 450, le 418, le 819. Se définir ou être défini par un chiffre est précisément ce qu’on attend quand on est rien d’autre qu’un contribuable qu’on empêche de consommer au Wal-Mart.

J’aimerais que les souverainistes sachent leur parler, aussi intelligemment que Boisclair, avec les mots de Dumont. Lévesque, quoi. Parce que je n’aime pas les têtes à claques.

Mario leur ressemble trop.

Ce n’est pas sain d’être une tête à claque. Ça vient de Boucherville.

Où il y a un député ADQ.

Faire un pays c’est de l’ouvrage.

25 mars 2007

Imprédictions

Il y a des choses qui se précisent, d’autres qui s’imprécisent. Parmi celles qui se précisent, il y a que je traverserai la rivière Saint-François début juin vers un nouveau logement avec de vieux voisins. Bien des choses à ficeler, mais plus vite que je pensais. J’ai signé une pré-offre d’achat samedi pour un beau duplex avec vue imprenable sur la rivière et le centre-ville. Beaucoup d’espace et peu de meubles. Visiteurs bienvenus, avis aux intéressés.

Parmi les choses qui se précisent également : mon remplacement au cégep se terminera probablement en juin lui aussi, ce qui est bon pour le porte-monnaie, mais dur sur les corrections, à voir les copies qui s’empilent un peu partout dans l’appart. Semaine de corrigeage intensif en vue.

***

Dans les choses imprécises il y a bien sûr le résultat des élections de demain. La seule certitude, c’est le gouvernement minoritaire. Les prédictions de Democratic space mettent les libéraux légèrement en tête, Pierre Drouilly à Radio-Canada met le PQ un peu en avance et le prédicteur de HKDP, alimenté de deux sondages d’hier donne dans les deux cas une répartition parfaitement symétrique : 50 libéraux, 50 péquistes et 25 adéquistes. Pour ma part, je donnerais aussi un léger avantage au PQ. Mais je crains que l’ADQ ne soit sous-estimée. Peut-être 30 députés à Mario. Au moins 50 à Boisclair et 45 aux libéraux ?


J’ai été très troublé par le micro sondage de La Presse qui donnait Marguerite d’Youville à l’ADQ. C’est mon coin d’origine. Deux villes. Boucherville, la bourgeoise, a dégommé le PQ pour cause de fusion, la défusion de Charest a fait augmenter les taxes, donc insatisfaction. Ce qui pourrait aider l’ADQ mais aussi faire revenir le vieux fonds péquiste. Le cas de Sainte-Julie est différent. C’est beaucoup une ville de jeunes familles pas trop riches, ni pauvres, clientèle cible de Mario. Je suis perplexe.

Dans mon comté de Sherbrooke, le même sondage donnait Charest très en avance sur le péquiste. Et 14% des intentions aux verts-solitaires (c‘est la blague cette semaine), un peu moins qu’à l’ADQ. Donc Charest député, mais restera-t-il chef ? On n’aime pas les perdants chez les libéraux. Ce qui fait que, comme disait Jean Dussault à la radio ce matin, peut-être, pour la première fois de sa vie, Jean Charest devra se trouver une vraie job.

C’est toujours ça de gagné.

18 mars 2007

Dur printemps

Il a fait 12 mercredi, il est tombé 35 cm de neige hier, fera moins 19 mercredi prochain et 11 le lendemain. Le printemps québécois se surpasse cette année. Bien des choses se passent aussi. D’où moins d’énergie à bloguer. Six cours par semaine, ça fatigue. Et aussi deux maisons visitées et une nouvelle vie en vue. La première était chouette, tout près de chez moi mais bien des réparations à faire et sous offre d’achat. La deuxième est bien rénovée, avec comme locataire une très vieille amie. Un logement presque trop grand, ensoleillé, quatre chambres, assez pour recevoir une petite tribu. L’ami qui m’accompagnait me recommande d’agir vite, que c’est du solide et pas cher, dans un quartier qui va monter. Mais que c’est compliqué l’immobilier.

***

Coté campagne électorale, tout est imprévisible. On a vu au débat la minceur populiste de Dumont, il a été bon pour son public qu’il regardait plus que ses adversaires. Ses propos sont démagogues à souhait, inquiétants à terme. Un instant il m’a semblé qu’on retournerait à Duplessis, en plus moderne et plus intolérant. Non pas que je crois Dumont personnellement si rétrograde mais ses fans le sont. Et je crains que le 26 mars ne devienne un 15 novembre inversé. Vous voyez d’ici les fillionnistes fêter dans les rues ?

Bien sûr, il est possible que le PQ se renmieute, en allant chercher ses brebis égarées chez les solidaires ou les verts, peut être jusqu'à former un gouvernement minoritaire, ce qui serait assez inconfortable pour Boisclair. Quant au pauvre Charest, il ne sera pas pardonné par son parti pour son échec, d’autant plus qu’il n’est pas à l’abri d’une lutte à trois dans sa propre circonscription.

On attend le budget fédéral demain, mais je ne crois pas qu’il change les choses. Dumont a le vent dans les voiles et il ne semble pas s’essouffler comme la dernière fois.

Hélas.

4 mars 2007

Un simulateur d'élections

En errant sur le web j'ai trouvé ce simulateur d'élections du groupe conseil en communications HKDP (que je ne connais ni d'Ève ni d'Adam). Je m'y suis franchement amusé. On peut jouer avec divers paramètres d'élections et le logiciel est également programmé avec les résultats des divers sondages. Voilà la simulation du dernier (gros) Léger et Léger:


La carte qui en résulte:

Et les gains des partis :
(Captures d'écrans, d'où la flèche)

Évidemment, de tels résultats sont hautement spéculatifs comtés par comtés, d'autant que les luttes à trois risquent d'être nombreuses. Par exemple, les gains adéquistes de Berthier et Mirabel me semblent plus liés à la performance de candidats plus connus en 2003 qu'à la réalité de 2007. Ce qui est intéressant aussi c'est le paradoxe péquiste: malgré une faible performance à ce sondage le PQ reprend tout de même ses vieux châteaux forts des couronnes montréalaises et de l'est du Québec. Quant à la carte adéquiste, c'est à peu de choses près celle du parti créditiste dans les années 1960-70. Et les gains du parti de Dumont se font essentiellement aux dépends des libéraux, comme je le disais il y a presque un mois.

On peut aussi y aller de ses prédictions. Certaines sont jouissives: transférer 6% des voix du PLQ à l'ADQ donne la circonscription de Sherbrooke au PQ.

On peut rêver.


Blogosphère et ventre mou

D’un ciel blanc tombent quelques flocons blancs sur le sol blanc. C’est la semaine de relâche. Elle a débuté vendredi après-midi dans mon cas, à peine trois étudiants sur trente s’étant pointés à mon cours craignant sans doute la répétition du grand embouteillage de la dernière fois. Et soyons francs, le cégépien est une bête qui souvent n’accorde qu’une importance toute relative à ses cours, préférant travailler pour payer son premier char.

***

Semaine électorale assez neutre dans l’ensemble. On sent que Charest perd de sa tranquille assurance, que Dumont joue la prudence. Quant à Boisclair, il mène une bonne campagne qui ne lève pas du tout. Rien de bien substantiel sur le fond, tous semblent conserver leurs énergies pour les deux dernières semaines, ce qui est de bonne guerre, l’électorat est volatil, le débat s’en vient, comme les milliards espérés du fédéral.

***

On a vu cette semaine le directeur général des élections se dépatouiler dans le numérique. Évidemment toutes ces technologies n’existaient pas lors de l’adoption de la loi. Décision sage de sa part : agir sur plaintes et demander le retrait lorsque c’est trop partisan. Liberté de parole chez les blogueurs.

Est-ce à dire que la blogosphère québécoise sera un lieu important de débats dans la campagne ? Je ne crois pas. Du moins pas directement. J’ai parfois l’impression – et ce n’est qu’une impression- que les blogues indépendants, n’émanant pas des médias traditionnels, comptent pour peu dans l’opinion québécoise. Il est clair que les médias institutionnels occupent une part importante de la blogosphère relayés qu’ils sont par eux-mêmes. Ainsi, Auger de Cyberpresse est repris le matin à la radio, ce qui n’est jamais le cas d’un blogueur indépendant. Il n’y a pas ici de baronnie française ou de pundits à l’américaine.

Et de toutes façons, me disait un politologue local, la politique c’est l’affaire des 30%-40% de la population que ça intéresse. Tous les autres se font une idée vague par les amis, les discussions, rarement par les médias -traditionnels ou pas. C’est cet électorat indifférent qui est le ventre mou de l’opinion, probablement celui qui s’est parqué chez Dumont en attendant que les choses se passent, que les enjeux se clarifient.

Reste à savoir si elle y restera. J’en ai bien peur par moments.

Ce ventre mou est sensible à la démagogie.

25 février 2007

Les techniciens

Il fait un beau soleil d’hiver ce matin, on sent que le grand frette du dernier mois s’effrite un peu. Semaine très chaotique et fatigante : je fais une suppléance au cégep qui m’ajoute quatre cours par semaine et, comme toujours, à chaque fois c’est une adaptation difficile, d’autant plus que la coordination avec la personne que je remplace a pris du temps à se faire. J’ai d’ailleurs donné le pire cours de ma vie à un groupe qui avait déjà vu la matière. La prochaine semaine sera meilleure, j’ai rencontré la personne que je remplace et on sait mieux où on s’en va. Mais pas la durée du remplacement. Normal, dans les circonstances.

***

La campagne québécoise a officiellement débuté. Rien de très excitant cette semaine, on sent que ça commence mollo. Parmi les choses à surveiller, il y a l’imprévisibilité de l’électorat, moins fidèle qu’autrefois et plus facilement balloté par la couverture médiatique. Et comme les journalistes ont l’esprit de meute, il suffit d’un incident trop grossi pour que l’opinion bascule. Sous cet angle, disons que Boisclair est plus à risque, d’autant que la presse a reniflé en lui une certaine insécurité et que le PQ a toujours excellé dans les divisions internes. Cela dit, le gouvernement de Charest a lui aussi été fertile en gaffes, alors il n’est pas exclu qu’il trébuche.

On l’a souvent dit, les trois chefs ont une chose en commun : ce sont des politiciens professionnels qui n’ont jamais rien fait d’autre ou presque. À cet égard, c’est un peu inquiétant. Je suis à lire Le Bluff technologique de Jacques Ellul, où il poursuit sa critique de la raison technocratique. Il constate que la sphère politique est devenue plus étroite, soumise qu’elle est à la rationalité des experts qui par définition ont raison. S’en suit la constitution d’une sorte d’aristocratie des décideurs où la référence ne devient plus une vision mais un raison inéluctable conforme au discours administratif ambiant : « un signe évident, purement externe, de cette décadence de la démocratie classique, c’est la nullité générale de tous nos hommes politiques dans leur usage de la parole : Leurs discours ne disent rien, et ils sont incapables de ‘faire passer’ un discours». Pensez à la langue de bois de Boisclair, à la démagogie bonhomme et vide de Charest, aux formules creuses des clips de Dumont. Trois techniques de discours taillées sur mesure pour le système médiatique ou bureaucratique ambiant. En ce sens, l’enjeu de la souveraineté québécoise nous permet d’éviter le vide complet du discours technique. À terme, c’est ce qui pourra mettre du piquant à la campagne.

***

J’aime toujours lire le blogue d’Auger dans La Presse, c’est un journaliste aguerri, cultivé, drôle, parfois cynique mais toujours profondément respectueux de la démocratie et des acteurs qui l’incarnent. J’ai bien aimé son compte rendu du lancement sherbrookois de la campagne de Charest devant une salle à moitié vide. Prétexte des organisateurs : on l’a su à la dernière minute, on n’a pas pu rejoindre notre monde. Pour ma part, je crois que l’absence de la claque libérale s’explique aisément.

Elle se reposait après avoir passé la nuit à poser les pancartes de leur candidat.

14 février 2007

Le grand stationnement

Ma rue ressemble à ça, pas une auto est passée depuis une heure

Je n’ai jamais vu ça. D’abord suspension des cours à partir de 16h à l’Université. Il neige à plein ciel, 3-4 cm d'accumulation à l’heure. Puis je prends le bus de 17h. À peine 20 minutes de retard, normal dans les circonstances. Mais 30 minutes plus tard on avait fait à peine un kilomètre et demi, tout est bloqué. L’autobus se vide, les gens continuent à pied, ce que je fais, je suis à 20 minutes de chez moi. Tout au long du trajet, rien ne bouge, les rues sont des stationnements. Certains automobilistes sont dehors à dégager leurs pare-brise en attendant que ça roule. Et pourtant, je croise presque toutes les artères principales de la ville, Galt, Belvédère, King.

Un beau cas de bouchon carabiné. Et le plus drôle, c’est que les trottoirs étaient à peu près dégagés. Beaucoup d’automobilistes audacieux ont fait des manœuvres étranges qui coupent la circulation et évidemment les charrues, dépanneuses, autos de flics sont elles aussi immobilisées. Jamais vu autant de monde sur les trottoirs, l’air un peu amusés.

Une heure plus tard, rien n’a bougé non plus. Le chum qui vient chercher ma nièce pour la Saint-Valentin a fait 5oo m en 30 minutes.

La ville est figée, congé demain ?

Possible, le vent se lève.


10 février 2007

Propos électoraux

Élections en vue au Québec. La partie s’annonce intéressante. La seule chose sûre, on peut s’attendre à des dérapages médiatiques nombreux. À du moutonnement aussi. Les médias sont-ils devenus les territoires de campagne? Ils sont et créent aussi la rumeur. Un facteur assez chaotique, finalement. Et une élection, c’est une période fragile dans toute démocratie. Pour le moment, on souhaiterait presque un gouvernement minoritaire, ce qui ne s’est pas vu depuis au moins 100 ans au Québec.

Peut-on le voir ?

Nul doute que le petit Dumont surfe sur son populisme – est-ce qu’il a déjà agi autrement ? – Donnons-lui peut-être une quinzaine de comtés à Québec et en région (vingt ?). Il en prendra probablement autant aux libéraux qu’au PQ. Probable érosion de la députation libérale dans les couronnes Nord et Sud de Montréal, qui avaient été détournées du PQ pour cause de fusions, seuls gains péquistes faciles. La gauche verte ou solidaire peut nuire au PQ chez les insulaires Montréalais, mais je me demande parfois si elle n’ira pas chercher un peu du vote anglophone et ethnique de gauche, libéral par dépit ? Il y a bien des comtés chauds dans l’Est de Montréal.

Évidemment, Charest sera coriace, il a fait moins de gaffes ces derniers temps et les chèques sont dans la malle. Dumont peut lui être un bon adversaire : il sait autant, sinon mieux, être démagogue. Boisclair peut également surprendre : j’aime bien la version rose de son programme, et bon, mon vote est acquis dans son cas. Il doit incarner l’espoir, ce qui n’est pas une mince affaire. Un gros contrat.


Cette campagne sera aussi référendaire. Ici les positions sont claires : Jamais pour Charest, peut-être mais pas maintenant chez Dumont et bientôt pour Boisclair. Les québécois seront-ils assez pissous pour voter Dumont ? Des fois, je me le demande. Assez pour considérer un gouvernement minoritaire.

***

Et avant que tous les journalistes, experts, commentateurs, politologues patentés, ex-politiciens et autres médiatiques ne vous le disent : tout peut arriver.

Ce qui est une manière de ne rien dire.

5 février 2007

Le déclin (ou le regain) des empires

Ce qu’il y de bien à préparer des cours, c’est de tomber sur des choses intéressantes à voir et à connaitre. Par exemple le CÉRIUM, Centre d’études et de recherches internationales de l’U. de M. a une riche vidéothèque de conférences universitaires sur les sujets idoines.

J’ai regardé hier celle d’un de mes gourous Immanuel Wallerstein qui y va de ses considérations sur le déclin de l’empire américain. Ce déclin, amorcé depuis les années 1970 aurait été accéléré par abruptement par George W. et les néocons. Analyse évidemment prévisible de la part de ce vieux marxiste, mais qui donne à réfléchir. J’aime ce genre de grandes perspectives. Elles sont sombres dans son cas. Ce déclin est inéluctable et source d'agitation. Pas fiables les voisins ?

***

Autre site revu cette année, celui du président de l’Inde. Il faut savoir qu’en Inde le rôle du président est, en gros, celui d’un gouverneur général de dominion, c'est-à-dire le même que Betty, la cheffe du chef du Canada (fig 1) et du Royaume-Uni, dont le père était empereur des Indes et son grand-oncle vice-roi. Comme quoi la délocalisation des emplois, même qualifiés, n’est pas nouvelle.


Fig 1 : On trouve cette mention sur toutes les photos aériennes fédérales.
Ça n'a pas rapport, mais c'est curieux non ? Est-ce un accommodement ?


Donc, un rôle politique essentiellement décoratif. Par contre, le président indien a au moins le mérite d’être élu par les chambres nationales et provinciales et non d’être choisi par le premier ministre pour des raisons médiatiques ou de traditions familiales. Et cet Abdul Lakam est un curieux de président. Il a lancé le domaine spatial en Inde, en plus de coordonner la recherche sur les missiles et la bombe indienne.

Qui me connaît sait que je n’aime pas ce genre de CV. Et pourtant, j’aime l’étrangeté de cet homme. Musulman qui cite les védas, végétarien, célibataire par vœu, il a comme ambition personnelle de faire de l’Inde un pays développé d’ici 2020, en éradiquant la pauvreté par l’éducation, la science et la technologie. Ce qui s’appelle une vision. J’aime ce site.

Naïf ? Peut-être. Mais allez-donc voir celui du Nouveau Gouvernement du Canada.

Ça craint.

Déclin disions-nous ?

29 janvier 2007

Accomodements et désagréments

On se fait les gorges chaudes de ce petit village qui décide naïvement de limiter les comportements des éventuels islamistes qui s’établiraient dans le fin fond de la Mauricie. Ce matin on buche sur un flic qui fait une chanson drôle pas drôle sur l’immigration. Et il y a le sondage bidon du Journal de Montréal, le YMCA à vitres givrées, le kirpan.


Au fond de ces histoires, il y a des choses qui ne sont pas si pas si simples. D’abord tout le débat ou non débat sur le multiculturalisme : jusqu’à quel point une société d’accueil doit-elle faire place aux coutumes des immigrants ? Si on se fie à Neil Bissoondath la voie multiculturelle est utopique, créatrice de groupuscules minoritaires contraires à une intégration sociale. Je connais moins la France, mais là bas on parle d’une égalité républicaine qui est au dessus de tous les communautarismes. Ce qui n’empêche pas l’existence de banlieues où atterrissent les immigrants plus ou moins intégrés et souvent pauvres. Le Québec se vante d’être une sorte de voie mitoyenne, entre l’intégration et la société plurielle, pour parler en curé.

Tout cela est plus facile à dire qu’à faire. J’habite une des seules villes moyennes québécoises à avoir sa part d’immigration. À Sherbrooke, les taxis et les pizzerias sont croates. Il y une communauté latino. Des africains qui gravitent autour de l’université et qui s’installent. Comme les marocains ou les algériens. Deux épiceries asiatiques, trois ou quatre boutiques africaines, des restaurants de toutes les saveurs du monde. Et même un ou deux quartiers presque ethniques. Qui s’ajoutent à une bonne majorité de francophones autrefois venus travailler dans les usines d’une minorité anglophone qui s’étiole.

Est-ce que tout ça s’intègre ? Plus ou moins bien. Intuitivement je dirais que ça dépend de la distance culturelle et du temps. Sachant bien que de telles généralisations sont fausses je dirais néanmoins que les Africains que je connais ont bien des qualités mais rarement celle de la ponctualité et de l’efficacité nord américaine. Ils l’apprennent. Et mon frère, tout souchiste qu’il soit, en a un sens encore plus relatif qu’il n’a jamais appris.

J’avais un ami ivoirien qui m’avait caricaturé encore mieux les choses. Il jouait dans les équipes de foot du coin et me disait à quel point les relations étaient tendues entre les équipes ethniques de la ligue locale. Selon lui les africains avaient un sens artistique du foot, les latinos étaient fougueux et techniques. Quant au yougoslaves ils étaient la terreur de tous parce que très durs et experts en coups vicieux. Et, me disait-il, tout ça sous les yeux d’arbitres québécois bonnasses, trop cools qui ne voyaient rien.

Belle métaphore, peut-être. Mais ce qu’on oublie souvent, c’est que le temps joue. Les enfants de ces immigrants auront l’accent québécois. Les enfants de ces enfants n’auront plus que des noms étranges, une couleur de peau différente. Seront-ils intégrés pour autant ? Probablement pour la plupart. À moins qu’ils ne soient pauvres.

Le vrai danger est là. Il n’est pas propre au Québec. On sait la condition des noirs américains. On sait celle des maghrébins des banlieues françaises. Celle des amérindiens ou celle des pauvres de souche. Et si la pauvreté était un problème facile à résoudre, cela se saurait. Pour le moment on croit que l’éducation, la culture et l’estime de soi aident. Encore faudrait-il que ces éléments soient valorisés ce dont je ne suis pas sûr en regardant la bêtise médiatique et consumériste ambiante.

***

Dans le folklore des accommodements déraisonnables ou pas, il y avait cette histoire de cours ou de piscines réservées aux femmes musulmanes pour cause de soit disant coutumes. Cela a choqué certains. Pourtant, jusque vers 1968, la mixité était interdite dans les piscines publiques du diocèse de Sherbrooke, selon le vœu de Monseigneur Cabana.

C’était un accommodement raisonnable ?

28 janvier 2007

Je jongle

Belle journée d’hiver, j’en ai profité pour prendre l’air un peu autour du lac. Beaucoup de monde mais on se demande si les stationnements suffiront à ces faux piétons motorisés.

***

Le compte à rebours commence : je rencontre demain mon nouveau propriétaire, tout surpris qu’il ne puisse pas reprendre mon loyer quand il le veut, sans autre forme de procès. Je souhaite une entente à l’amiable, une indemnité de déménagement et de la souplesse pour la fin du bail. J’aimerais bien déménager en mai, le temps de voir une dernière fois les myosotis fleurir ici. De son coté le proprio pourrait faire les rénos qu’il veut et entrer en juillet dans un logement neuf.

De mon coté je cherche un logement pas cher mais je me demande s’il ne serait pas plus pertinent de carrément acheter un duplex (avec un endosseur familial) ce qui me permettrait d’avoir enfin des racines quelque part. J’ai l’œil sur un immeuble parfait pour moi : deux 5e t demi et celui du proprio a en plus un grand sous sol avec foyer. Je m’y ferais bien une salle de travail moi.

Et peut-être une radio underground, comme me le suggérais l’ami poète.

L’idée m’enchante et j’aurais mon jardin à moi.

À suivre.

21 janvier 2007

Merci infiniment

L’hiver est vraiment arrivé. Le lac est complètement gelé – il y avait même des ces de fleurs de glaces qui se forment par grands froids sur la glace transparente. Le soleil chauffait un peu, le vent coupant d’hier est tombé.

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Le blogue de Karl La Grange est au moins entre parenthèses que j’apprends chez Embruns. Ça me fait drôle. Son carnet est un des premiers qui m’ait accroché, par un ton très personnel. Tous les jours depuis 2001 et avant, de la poésie, des extraits de livres, une photo du banal illuminé par son œil, et des geekeries auxquelles je n’entends rien. Mais une manière inimitable. Ce qu’on appelle une voix. Au moins, la mémoire en demeure.


Merci infiniment.

20 janvier 2007

Changements (bis)

Ouf! première vraie semaine de cours terminée. Tout s’est merveilleusement passé. L’idée d’un blogue de cours étonne mais passe bien, à moi de l’alimenter.

***

Et l’hiver est vraiment arrivé. Comme une lettre de mon actuel proprio me demandant de bien bouloir quitter les lieux d’ici juillet pour faire place aux nouveaux propriétaires. Pauvre lui, il ne sait pas qu’après 8 ans de coop d’habitation on connaît toutes les lois qui s’appliquent en ce domaine. Sa demande enfreint au moins deux articles du Code civil : 1) on ne peut reprendre un logement que pour soi ou des ascendants ou descendants directs, donc pas pour un futur acheteur; 2) le délai pour faire une telle demande est de 6 mois avant l’expiration du bail soit le 31 décembre et sa lettre date de janvier. Alors s’il veut prendre recours à la régie du logement, il est assez mal parti. En loi, je peux rester jusqu’en juillet 2008.

Ce qui ne m’empêchera pas de partir quand même. D’une part, je ne suis pas attaché à ce lieu, à part peut-être le jardin; il est bas de plafond, froid l’hiver tout en ayant besoin de rénos. D’autre part, j’ai aussi le goût de lever les feutres. Et de me fixer des racines. Peut-être à la campagne pas loin, peut-être aussi dans un quelconque duplex acheté dans le quartier. Tout le problème étant que l’immobilier est hors de prix dans mon coin.

En tout cas, je compte bien m’entendre à l’amiable, moyennant indemnité. Je ne toucherai pas à une boîte.

La dernière fois, ça m’a donné un infarctus.

17 janvier 2007

L'argent n'a pas de couleur

Ce qu’il y de désolant dans cette histoire de racisme c’est que le Journal de Montréal (en synergie TVA) ne sait plus quoi faire pour vendre de la copie et des pubs de Vidéotron sur les presses de Québécor World. La stratégie marketing est excellente, on fait parler de soi, on parle des vraies affaires, et on lance un débat public sur une mauvaise enquête.

Il fut un temps où les journaux se contentaient d’informer, en vendant de la pub. Maintenant on vend de la pub, sous prétexte d’informer.

L’actionnaire est ben content.

13 janvier 2007

Changements

Il a fallu que je clique oui à migrer mon compte blogger, ensuite tiens, changer le fond, c'est plus facile. (Mais pas tout à fait comme j'aimerais). On remarque, au passage, que Google va par défaut au compte Gmail. Changer le titre ? Un coup parti. Mais qu'est-ce qu'un chaouin ? On expliquera ça plus tard, pour le moment ça adonne pas.

Retenons que c'est une manière de magoua.

***

L’hiver s’en vient, l’hiver arrive ? Si on se fie à la météo américaine, grosse neige lundi gros frette ensuite. Déjà moins 10 dehors…

Semaine fort occupée à terminer les corrections et à préparer les cours. Ai pu faire déplacer un groupe, ce qui me donne le temps de souffler entre deux cours. Je débute cette session bien motivé et les phynances y sont pour quelque chose.

***

Un nouveau cours à monter, c’est beaucoup de recherches et de découvertes. En cherchant des illustrations suis tombé sur ce site de mappemondes anciennes à la Bibliothèque nationale de France. Et ce n’est qu’une des qu’une des expositions virtuelles disponibles. La navigation dans les expos m’a été laborieuse, mais c’est riche.

***

Et faisant beaucoup de recherches sur le web pour documenter mon nouveau cours je crois bien que j’en ferai un autre blogue. D’abord pour m’obliger à consigner les sites de référence dans le domaine, étant trop chaouin pour les noter sur mon ordi. Je pourrai en plus mettre de temps en temps des articles d’actualité ou des consignes. L’aspect échange avec les étudiants ? Je suis un peu sceptique, ils ont plein d’autres choses à écrire et pas tous aiment (savent?) écrire. Mais comme c’est un petit groupe assez tricoté faudra les provoquer un peu. Pour le moment, je pense bien le faire sur Blogger, tout simplement parce que je connais l’interface. Et faire héberger ça à l’Université ? Peut être, mais je crains la lourdeur bureaucratique et je devrais sans doute apprendre une plate-forme nouvelle. Ce qui peut être utile. S’il en y a de mes lecteurs qui peuvent m’éclairer, je leur en serai gré.

Ça prend aussi une grosse cloison entre ce blogue trop personnel et cet autre professionnel. On se demande pourquoi ?

***

Autres changements en vue ? Mon bloc est revendu et les futurs proprios qui sont passés tantôt semblent bien vouloir s’y installer. Déménager ou rester là ?


À suivre.

9 janvier 2007

Tout en corrigeant

Je ne suis pas disparu, je corrige des travaux et je prépare des cours. Musique de fond: Cantates de Bach et surtout Mahalia Jackson. Probablement une des plus grandes voix du siècle dernier. Que du Gospel, pas assez pour me faire devenir croyant, mais presque.

Oh Lord please bless those students !

P.S. On peut la voir chanter sur You Tube.

4 janvier 2007

De l’immaturité considérée comme un des beaux arts.

J’ai reçu aujourd’hui un courriel me demandant un renseignement sur une consigne que j’ai pourtant donné deux fois en classe et dans au moins deux messages écrits. J’ai répondu ironiquement en recopiant un des messages. Je suis à peu près sûr que ma réponse sera considérée comme bête. Genre, comme «je ne le savais pas, n’y ai pas pensé, m’en rappelais plus» avec en sous-entendu «c’est pas de ma faute». Mettons.

Parce que si l’éducation va mal au Québec, c’est à cause de la télé, des médias, des ordis, de l’alimentation, de la réforme, de son absence, de la pédagogie nouvelle, des méthodes traditionnelles, des profs, des parents, des fonctionnaires du ministère, des pédagogues universitaires, des commissions scolaires, des autobus jaunes, de la drogue, du taxage, des prêts et bourses, des frais de scolarité trop bas ou trop élevés, de la société, du néolibéralisme, du socialisme rampant, des syndicats, des patrons, du ministre, des garderies, de Passe-Partout, du primaire, du secondaire, du collégial, de l’Université, des Facultés d’éducation, du fédéral, du provincial, des changements climatiques, de la dénatalité, des baby boomers, de la vieille mentalité catho, des nouveaux programmes, du manque d’activité physique, des auditifs et des visuels (sans oublier les kinesthésiques), de la pédagogie par projet, des nouveaux bulletins, des examens du ministère, du socioconstructivisme, du jargon pédagogique, de la formation des profs, du manque de culture générale, de l'absence d’objectifs clairs, de formation pratique, de la crise des valeurs, de la société de consommation, de la clique du Plateau, des accommodements raisonnables, des collèges privés, des inégalités sociales et peut-être même d’El Nino.


Mais jamais des étudiants.

Et allez savoir pourquoi, je les aime bien quand même.

2 janvier 2007

Dérives contemporaines

Eh bé. Presque 3000 visiteurs hier alors que j’en ai moins de trente en moyenne. Voilà ce qui se passe quand votre blogue est cité par celui de Patrick Lagacé. Une célébrité instantanée, pour m’être simplement amusé à commenter en direct le Bye bye de RBO sur ici même. Ce qui est ironique c’est que ne l’ai pas vu mais simplement entendu à la radio. Alors merci monsieur Lagacé, on continuera de vous lire. Et bienvenue aux nouveaux lecteurs. Et pour savoir ce qu’est un magoua (je n’en suis pas un vrai) voir ici.

***

Je ne suis pas expert en art contemporain, mais j’ai eu la chance il y a longtemps d’avoir un cours de Philosophie de l’Art donné par une chargée de cours extraordinaire, Hedwidge Asselin. Et malgré tout le bavardage propre à ce genre de sport, elle a réussi à me convaincre d’une chose : plutôt que de railler les étranges choses qu’on y trouve ou encore de se fier au snobisme apparent de ce petit milieu, il s’agit de regarder les œuvres et simplement de se faire son propre jugement à partir de ce qu’on voit et ressent.


C’est ce qui m’a amené mardi dernier au Musée d’art contemporain de Montréal. Deux expositions temporaires. Des noms que je ne connais évidemment pas. Rodney Graham a un parcours assez typique de l’art contemporain dominant, performances, multimédia, ironie et questionnement de l’art. L’œuvre qui m’a le plus étonnée est celle-ci.

Rodney Graham, Screen door (Détail) 2003, image numérisée de la revue du Musée.

Oui, ça ressemble à une banale porte de moustiquaire, comme il y en a des millions en Amérique. Pire, c’est une réplique de celle qui était à Graceland, la résidence d’Elvis Presley. Et le comble, c’est qu’elle est faite en argent. Ironique non ? La vraie porte d’aluminium a été vendue probablement plus cher que celle-ci, que le musée a d’ailleurs acheté. Et avant de grimper dans les rideaux en hurlant au gaspillage de nos impôts n’oubliez pas qu’en ce 2 janvier, les 100 dirigeants les mieux payés du Canada on déjà chacun gagné votre salaire annuel.

Mais de cette visite je garde surtout une forte impression des tableaux de Neo Rauch.

Neo Rauch: Gold (2003) Image tirée du site de la Galerie David Zwirner

Ce sont d’immenses toiles (2 m et plus de hauteur) qui déroutent, et cette image n’est pas à la hauteur. On y voit du banal tout d’abord, puis on se rend compte qu’il est déconstruit, sombre, étrange. On finit par en sentir un étrange malaise tout étant fasciné. Pour ma part, c’est rare que je reste planté à regarder une toile plus de cinq minutes et pourtant j’y suis resté très longtemps, me demandant si cet étrange surréalisme n’est pas la réalité de l’époque.

À voir donc, d’ici le 7 janvier.

P.S. Un truc pour voir les expos pas cher : vous devenez ami d’un musée du Québec (MBAM, MAC, MBAQ) et vous entrez moitié prix dans les autres…

1 janvier 2007

Première critique du Bye Bye

Première critique du Bye Bye : je l’ai écouté à la radio. Ça parlait de télé.

Je n'ai pas la télé

De bonnes blagues pareil.

Et l'environnement comme préoccupation de l'année.

Bon à se souvenir.