Dans mon cégep, les étudiants ont décidé de retourner en classe à 56%. C'est sage, Suis sûr qu'une plus grande majorité n'en pense pas moins.
C'est une grève exemplaire.
Mais là, avouez qu'on bat le record de la manif.
Et si l'endroit où s'est inventé la guérilla montrerait quelque chose au reste du monde...
3 mai 2012
13 avril 2012
Un brouillon de lettre à ma ministre
Lettre ouverte à ma ministre
Bonjour madame la ministre et Line.
Je n’ose pas trop être familier. Vous êtes ma patronne et tu es mon ancienne collègue. Il y a vingt ans j’étais DG de CFLX et vous étiez directrice de CIBL. Je suis devenu chargé de cours à l'uni et prof précaire au cégep de Sherbrooke, vous ministre de l'éducation (des loisirs et des sports aussi, ô ironie). Il y a 20 ans, je me me souviens qu’il y avait un atelier sur la gestion de conflits dans un congrès de l’ARCQ, l’asso des radios communautaires du Québec. Si mes souvenirs sont bons, vous\tu n’y étais pas. C’aurait été utile. On nous expliquait qu’en cas de conflit il faut toujours maintenir des canaux de communication entre les parties.
Je constate que ce n’est pas le cas dans le cas des frais de scolarité. Même mon voisin de droite qui est pour la hausse ne comprend pas pourquoi depuis six ou sept semaines il n’y a pas eu dialogue. Ce serait la moindre des choses. Du gros bon sens, comme tout ce qu’on apprend des administrateurs patentés. Mais peut-être qu’entourée de conseillers en communications comme vous l’êtes on vous perd en savants jeux.
On a tort. Depuis le début de ce conflit, il me semble qu’un deal est possible. Juste proposer moins d’augmentation et demander aux AG de se prononcer, si vous n’aimez pas leurs représentants. Ce n’est pas élégant, mais ce serait déjà ça. Il semble que vous préférez les recours judiciaires. Sauf tout le respect que je dois au judiciaire, n’est ce pas là donner un mauvais exemple ? Le problème n’est pas juridique, il est politique. Utiliser ce détour, c’est précisément souligner à grands traits comment cette institution peut être détournée par quiconque a les moyens de se payer un avocat, sans égard à la légitimité de sa cause.
Madame Beauchamp, votre problème est politique. Et tout prof bien constitué vous remerciera longtemps d’avoir réussi à réveiller quelques consciences à l’utilité de ce monde trop souvent discrédité. Par contre, votre entêtement risque précisément de nuire à ce qui est, sauf erreur, une mission de l’enseignement secondaire: créer de bons citoyens qui croient encore au politique. C’est une chose importante dont, dans le temps, le député alors fédéral et conservateur de Sherbrooke m’a a longuement parlé en entrevue.
En ce sens, écouter vos étudiants c’est simplement ne pas trahir ce à quoi sert votre ministère.
Ne pas le faire vous disqualifie de votre fonction.
Point.
Un magoua (Qui s’ennuie de ses étudiants)
25 mars 2012
En grève !
Non je ne pense pas me mettre en grève comme mes étudiants le sont depuis deux ou trois semaines selon les établissements. Juste que j'ai l'esprit ailleurs qu'à écrire ici. Peut être parce que j'ai deux cours à monter et que le blogue qui en accompagne un me prend beaucoup plus de temps que prévu. La prochaine fois, je ferai comme tout le monde et je demanderai une réduction de tâche pour cause d'innovation pédagogique/utilisation de nouvelles technos. L'administration en raffole.
Je gère aussi à temps partiel un ti chat que j'ai en garde partagée avec mon locataire. La minoune est jeune et a au moins deux noms pour mon locataire, elle est Cyprine et pour ma part, je la vois en Galopine vu sa propension à courir partout. La voici découvrant la première neige de ce bref hiver.
Parce qu'on est déjà rendus au temps des sucres et mon ami climatopithèque a eu la bonne idée d'entailler l'érable du jardin. Première goutte le 7 mars si je me souviens bien. On a trouvé le chalumeau à la coop agricole des Lennoxville.
Manquaient les chaudières. Mais en bons chaouins, on sait improviser un vaisseau quelconque.Voici le locataire et le microclimatopithèque dans leur élément. Moi, je supervise.
Et voilà le travail! C'est sûr que des pots yogourt et des assiettes à tartes ne sont pas tout à fait pittoresques mais ça fera pour cette année.
Malheureusement la saison est déjà terminée, on aura peut-être ramassé 10 litres d'eau d'érable en deux semaines, de quoi faire 250 ml de sirop, si nous ne l'avions pas simplement bue au fur et à mesure. C'est que cette sève un excellent dépuratif printanier. Et c'est vrai que ça accélère le débit intestinal disons. Reste à trouver de vraies chaudières d'ici l'an prochain.
Parce qu'il faut bien dire que le coup de chaleur exceptionnel de la semaine dernière a déjà fait éclore les bourgeons. Avouons que la semaine avait quelque chose d'irréel. Imaginez cinq jours dans les 23-25 degrés, au gros soleil, si tôt en mars on se serait presque plaint de la chaleur. Le phénomène a été à ce point exceptionnel que le centre américain de données climatiques de la NOAA a du fermer temporairement son sit, incapable de traiter tant de records établis simultanéments. Pour tout savoir Jeff Master de Weather Underground a pondu d'excellentes analyses là dessus. Voilà du temps qui ne reviendra pas.
Autre événement exceptionnel dont la météo a été complice, la très belle manif étudiante du 22 mars, j'ai eu la flemme d'y aller, ayant déjà donné quelques années de cégep à la cause. Le locataire, qui y était, a remonté le cortège et a été impressionné. Les images que j'ai vu partout m'ont fait rergetter ma paresse; il y avait là une sorte de gros happening qui fera mémoire pour cette génération dont on a dit pourtant tant de mal. Elle a au moins le sens du spectaculaire.
Sur le fond, je ne suis pas sûr qu'un gel permanent des frais de scolarité soit une bonne chose, mais à voir la lourdeur des administrations universitaires je ne suis pas sûr non plus qu'une augmentation des frais serait utilisée à bon escient. Disons qu'en 30 ans à regarder l'université, j'ai vu la superficie des bureaux augmenter bien plus vite que le nombre d'étudiants ou de classes.
Si notre premier ministre était raisonnable, peut-être devrait-il laisser du lest, diminuer et étaler l'augmentation. Je suis sûr qu'une augmentation modérée, disons 75$ par an, aurait l'appui de la majorité des cégépiens et des universitaires. Il y a mille autres avenues possibles.
Encore faut-il savoir négocier. Et être autre chose qu'un vendeur de Plan Nord.
18 février 2012
En passant
Tiens, nouvel interface du blogue. Ça doit ressembler à tous ces trucs à 140 caractères ou moins. Et on dira que tout ça ne rapetisse pas la pensée. Bah en effet pas trop le temps d'être ici. Ma vie est assez ordinaire de toutes façons, elle consiste à faire bouger quelques neurones à des étudiants plus ou moins choisis par des ordinateurs.
Il y manque de sens parfois.
J'en ajoute comme je peux.
En voici, vieux souvenir du temps où le pensionnaire que j'étais ne comprenais pas trop pourquoi j'avais été parachuté dans ce collège de pensionnaires assez ruraux. Il me souvient d'avoir entendu cette chanson pour la première fois dans la cour de récréation, une journée où je m'ennuyais. Merci aux gens de la radio du séminaire.
Ça fesse quand même, Ferré à 12 ans.
Il y manque de sens parfois.
J'en ajoute comme je peux.
En voici, vieux souvenir du temps où le pensionnaire que j'étais ne comprenais pas trop pourquoi j'avais été parachuté dans ce collège de pensionnaires assez ruraux. Il me souvient d'avoir entendu cette chanson pour la première fois dans la cour de récréation, une journée où je m'ennuyais. Merci aux gens de la radio du séminaire.
26 janvier 2012
Ouf...
Ce soir je pense que j'ai l'esprit libre. Suis à jour partout et j'ai fini de courir à gauche à droite en chien fou. C'est que la rentrée a été essoufflante, entre mes notes et corrections en retard, un nouveau cours à monter, une réorganisation de l'appart et tous ces petits événements qui se bousculent.
Dans le lot, il y avait même une première: un compte-rendu de lecture demandé par une vraie revue scientifique alors que je ne suis pas dans le circuit. Ça fait un petit velours mais aussi une peur du ridicule, imaginez, moi humble chargé de cours, juger de vrais sorbonnards... C'est fait, bien écrit m'a t'on dit, et envoyé. Advienne que pourra.
Quant au nouveau cours que je monte, je me suis donné le défi (et la tâche ! ) de le construire en partie autour d'un blogue. Cela se précise tranquillement dans ma tête a fur et à mesure que les jours avancent. C'est que j'aime bien me donner de la place pour improviser quand je donne un nouveau cours. Il faut sentir les groupes, humer les intérêts et y répondre pour aller plus loin. En plus, le cours étant complémentaire, je me sens plus libre que s'il n'était qu'une composante de ces cheminements trop balisés qui sont la norme des cégeps.
Donc un blogue de cours. Ce sera d'abord un recueil de liens. On a beau dire nos jeunes nés avec le web et les ordis, il me semble qu'il n'en font qu'un usage assez superficiel. Pour la plupart, chercher sur internet, c'est taper un sujet dans Google, prendre les premiers sites qui passent, sans juger de la pertinence. Et comme Wikipédia gagne toujours, la recherche s'arrête là. C'est passer à côté de bien des bibliothèques virtuelles plus riches. Donc important des les orienter dans la jungle.
Ensuite, leur demander de contribuer au blogue par des textes, des liens, des compte rendus de recherches etc. Mon intention est de les faire écrire, ce qu'ils n'aiment pas en général, parfois simplement parce qu'ils ne peuvent pas le faire adéquatement. Il faut comprendre ici que la moitié de mes étudiants de ce cours sont dans une sorte de sas d'entrée du cégep, pour cause de retour aux études, de piètres résultats qui leur ont fait rater une filière technique en demande et tutti quanti. Donc beaucoup de coaching à faire pour leur donner la petite vanité de voir un de leurs textes sur un site. Et pour les autres étudiants, leur ouvrir une porte et les laisser aller fureter. Les plus libres iront plus loin.
Voila donc la rentrée terminée. J'ai de bons groupes, je pense.
Et comme je remets à jour le cours sur la Chine de mes universitaires, voici à quoi ressemblera leur pause musicale. D'abord un classique, Liu Fang et sa pipa :
Et pourquoi pas un groupe alternatif de Shijiazhuang (une sorte de Drummondville chinois, gros comme Montréal. )
Le groupe se nomme en anglais Omnipotent Youth Society (Ironie ? Va savoir !), la chanson Kill the One from Shijiazhuang. Ça parle de la grisaille, de la vie perdue dans les usines, les magasin, les écoles. Et du rêve des guerriers du Nord qui changeraient tout.
Comme une odeur de prog québécois des années 1970. Genre Octobre ou Paul Piché.
Comme une odeur de prog québécois des années 1970. Genre Octobre ou Paul Piché.
Marxisme en moins, probablement.
De la musique dans le cours de géo, on parle d'éducation totale.
Sont-y pas choyés mes jeunes ?
13 janvier 2012
Enfin... l'hiver
C'est que depuis décembre on alterne entre les pluies et moins vingt. Sans neige. C'est agaçant, Oui les trottoirs ne sont pas trop glacés, Mais bon, ce n'est pas franchement l'hiver. Voilà qu'on nous prévoit 15 cm et moins 15 d'ici demain.
On commence à parler.
Et une excellente année à tous.
On commence à parler.
Et une excellente année à tous.
24 décembre 2011
Par un 24 décembre
En attendant le cipaille maternel et traditionnel, je vais commencer à réfléchir à un nouveau cours que je vais donner cet hiver autour des défis à relever pour améliorer notre planète. Ils sont nombreux.
Je nous souhaite donc, naïvement peut être, plus de paix intérieure et extérieure, du plaisir avec nos proches et qui sait, le paradis avant la fin de nos jours.
Joyeuses fêtes
19 décembre 2011
Nouveau vocabulaire
En voguant sur le site de mon université j'ai appris que je donnais mes cours en présentiel. C'est à dire dans une classe avec des humains. On imaginait le malaise dans une quelconque réunion de fac d'éduc pleine de pédagogues : comment ne pas dire régulier, ordinaire, classique ou encore ô sacrilège ! traditionnel.
Présentiel ça sonne tellement plus hip moderne web.2.0 (ou 3.0 ? j'ai perdu le compte). On sent la proximité avec logiciel. Et l'extase des innovateurs pédagogiques.
Mais pourquoi ça me fait froid dans le dos ?
Présentiel ça sonne tellement plus hip moderne web.2.0 (ou 3.0 ? j'ai perdu le compte). On sent la proximité avec logiciel. Et l'extase des innovateurs pédagogiques.
Mais pourquoi ça me fait froid dans le dos ?
17 décembre 2011
Encore un indigné.
Noyé de corrections je n'ai pas trop le temps de blogguer. Je me souviens ce soir de cette chanson, j'en aime la version disque, même si elle était une déclaration de guerre quand j'étais à la radio. C'est une chanson qui a accompagné mes rares colères et mes ruptures.
J'aimerais faire entendre à mes étudiants la version disque, pour qu'ils s'indignent, c'est à la mode, j'ai mes réserves, mais bon un bon prof sait faire de ce qui se passe une didactique,
Et n'empêche, ça a moins vieilli que je ne le pensais.
Leo Ferre - Il n'y a plus rien par MELMOTHE
Et désolé si ce n'est pas synchro, de mon temps, on ne voyait pas les disques.
J'aimerais faire entendre à mes étudiants la version disque, pour qu'ils s'indignent, c'est à la mode, j'ai mes réserves, mais bon un bon prof sait faire de ce qui se passe une didactique,
Et n'empêche, ça a moins vieilli que je ne le pensais.
Leo Ferre - Il n'y a plus rien par MELMOTHE
Et désolé si ce n'est pas synchro, de mon temps, on ne voyait pas les disques.
9 décembre 2011
Chanson de fin de veillée un peu pédophile ?
Je ne suis pas maniaque de Gainsbourg, mais il savait s'entourer. Le plus curieux : Melody Nelsan n'a pas 18 ans c'est donc une chanson pédophile ;-)
Je vois que le visionnement est interdit, allez voir, en plein écran, étonnant pour l'époque.
4 décembre 2011
Un autre indigné.
Je n'ai pas le temps de parler des indignés, mouvement bien sympathique qui reviendra. Comme sont revenues les aides aux banques pour faire face à la désastreuse et parfaitement évitable crise de l'euro. Je laisse le commentaire à Ry Cooder :
30 novembre 2011
Tous égoïstes ?
Ce matin, je rencontrais les équipes de travail d'un de mes cours. À mon bureau se pointe une étudiante qui n'avait pas fait l'examen de mi-session. Comme j'ai la hantise de la copie égarée, je lui demande si c'était normal que je n'aie rien eu d'elle. Elle me répond que oui, elle s'est inscrite ailleurs à Montréal et n'a plus besoin de mon cours qui ne serait pas reconnu de toutes façons. Mais elle tenait à ne pas laisser tomber sa collègue et terminera le travail de session avec elle.
Et on dira que tous les jeunes ne pensent qu'à leur nombril !
Et on dira que tous les jeunes ne pensent qu'à leur nombril !
20 novembre 2011
C'est pas grave
À force de ne plus bloguer on en vient à ne plus trop savoir par quoi commencer, il y a tant d'idées qui se bousculent. Et en même temps cette flemme qui s'insinue: à quoi bon ajouter des mots sur les millions qui s'écrivent sur le web...
C'est un peu comme ça que j'ai réagi quant La Presse annonçait que deux patrons unilingues anglais régnaient à la caisse de dépôt, ce qui forçait les toujours polis québécois francophones à tenir leurs réunions dans la langue de la business. Est-ce si grave ? En y songeant un peu, imaginons le cas inverse: un francophone unilingue peut-il travailler au siège social d'une quelconque banque torontoise ? Peut-être comme concierge mais guère plus. Mais bon, c'est normal, on est en Ontario.
Même chose à Ottawa où un unilingue anglais peut être vérificateur général alors même que sa fonction est définie comme bilingue. L'ironie étant qu'il avait la même fonction au Nouveau-Brunswik seule province officiellement bilingue au Canada. Mais c'est pas grave, on traduira. Et le gouvernement de notre natural bilingual premier ministre du Québec qui va demander gentiment, inciter par une campagne de pub et des subventions aux commerces qui ont des raisons sociales uniquement en anglais de bien vouloir se conformer à la loi. Et si ils ne le font pas ? C'est pas grave, on fait pareil à Paris.
Parlant de Paris, je me suis payé le bel Atlas de minorités que publie le Monde où on a bien quatre pages sur les problèmes (réels et scandaleux) des autochtones mais pas un mot sur le cas québécois. Peut-être qu'il n'existe plus ? Il y a trente ans cette année que le Québec a refusé de signer la nouvelle constitution canadienne. C'est pas grave, elle s'applique pareil et mieux, on passe des lois pénales stupidement répressives qui vont encombrer les prisons. C'est pas grave, il faut être tough on crime me dit mon sénateur de Sherbrooke. Ça va coûter plus cher à la province pour les emprisonner ? C'est pas grave nous dit le ministre, on vous donne déjà des sous, vous les dépenserez là plutôt qu'en santé ou en éducation.
Rien de tout ça n'est grave. Ni l'anglais que j'entends partout à l'université parce que la science se fait en anglais. Ce n'est pas grave je suis bilingue. It does not matter. Ni non plus le mépris envers tout ce qui est modèle québécois qui est si bien porté dans les radios poubelles de Québec. C'est tellement mieux aux États ou en Alberta man. Ils ont pas de garderies ou soins de santé universels ? So what ? C'est pas grave ils paient moins d'impôts.
Je le répète il n'y a rien de grave là dedans.
13 novembre 2011
Le temps qui passe
Il y avait ce jardin qui était trop beau...
Ce coin avec la vieille table de pique-nique...Où j'ai passé des heures à l'ombre ou au soleil, à lire, à farfouiller sur le net en buvant un bon rouge , en écoutant le chant des oiseaux, le glouglou de la cascade, le son des trains dans la vallée.
C'est aussi en le regardant que je gossais mes cours.
Et puis ce qui restait de l'ouragan Irène est passé, la rivière Saint-François a un peu débordé, mais pas trop de casse, rien de plus que le parc riverain submergé...
... et cette table à pique-nique qui verra du pays.
Un horaire de rêve cet automne, pas de cours le vendredi, de bons groupes, des périodes équilibrées. Ça donne le temps de faire une virée à Montréal voir la famille et se balader sur la montagne avec un vieil ami.
Et à la fin septembre, retour en Gaspésie avec les étudiants...
Un matin juste génial sur la grève près d'Escuminac.
Le matin suivant, il y avait un petit paquebot dans la baie de Percé.
Une semaine et 1200 km en autobus jaune, c'est dur sur le derrière mais c'est un moyen sûr d'être photographié par tous les touristes français qui sont presque les seuls en Gaspésie fin septembre. Au retour, le spectacle des feuilles dans ma rue.
Et au bureau de la maison du temps à travailler sur un nouveau cours, à corriger, à lire des blogues et à niaiser sur le web....
C'est le temps des dernières couleurs au jardin et déjà, première neige la semaine dernière.
Et ce coucher de soleil tantôt... avec une soirée douce.
Ah cet automne a été génial ! on a eu du temps exceptionnellement doux, la première gelée fatale fin octobre et des journées si agréables qu'on se dit qu'on doit en profiter.
Je profite du temps qui passe et c'est probablement la plus grande raison qui m'a fait négliger ce blogue. J'en lis toujours, il y en a tant d'excellents. Le mien a touché sa septième année fin octobre. Il n'est pas mort, il sort d'une longue pause aujourd'hui. Je tâcherai d'être plus fidèle.
Ça sert à ça les pauses, se retrouver.
Et suis bien là.
19 août 2011
Faune du Jardin (suite)
Il fait encore été, mais déjà cette semaine c'était la rentrée des profs. Les cours débutent lundi qui s'en vient. On comprendra que les dernières semaines ont donc été consacrées aux visites familiales, baignades dans les lacs habituels et flemme générale.
C'est donc par une belle soirée que j'ai pu voir qu'il me fallait ajouter deux nouveaux éléments à la faune de mon jardin. Le premier est un animal que je vous présente en version classique:
Vidéo empruntée au site Faune et flore du pays qui a la collection complète de ces interludes vus 3756 fois en moyenne par les téléspectateurs de mon âge.
J'ai donc vu deux grosses marmottes me passer presque sous les pieds alors que j'étais à ma table de pique-nique. Elles revenaient du potager de la voisine, sans doute meilleur que mes fleurs. Que faire avec ces siffleux comme on dit ici ? Il y a bien évidemment ceci. Mes amis qui viennent des fonds de rangs me disent que c'est une viande pas si mauvaise quoique assez grasse. Cela ne m'étonne pas, mes siffleux étaient carrément obèses.
Mais voila comment les attraper ? Il paraît que les chiens, notamment les labrador et autres golden retriver adorent les chasser et les débusquer. Quand j'habitais en campagne, j'avais d'ailleurs réussi à éloigner les marmottes de mon potager simplement en y répandant les poils de la chienne d'une de mes amis. Cela m'a permis d'avoir une récolte abondante que les chevreuils se sont empressés de manger à l'automne.
Toute cette faune urbaine demanderait un contrôle plus systématique. J'ai déjà signalé ici les ravages des castors, les chevreuils se rencontrent à l'université ou au cégep et voilà même que les cougars rôdent pas loin. Le temps me semble donc venu de former une escouade de trappeurs urbains. Il me semble les voir sillonner la ville coiffés d'un traditionnel capot de chat sauvage. Un cliché le casque de raton laveur ? Peut-être.
J'en ai deux qui rôdent autour de mon bassin qui ne demandent qu'à le devenir.
27 juillet 2011
Invasion japonaise
Quand il revient de voyage, le jardinier fait le tour du jardin, cela va de soi. J'étais tout heureux de voir mon rosier blanc tout en boutons. C'est un rosier Hudson de l'increvable série des Explorateurs, mis au point par Agriculture Canada. Ils sont parfaitement adaptés à nos hivers, résistants aux nombreuses maladies des rosiers, fleurissent tout l'été en plus d'être très parfumés. Bref. ils sont parfaits !
Mais voilà le spectacle atroce que j'ai vu en fin de semaine:
C'est un petit troupeau de scarabées japonais qui vous dévorent une rose le temps de le dire. Ils ont eu droit d'ailleurs à une petite douche d'insecticide vaguement bio. Mais bon, s'il adorent les pétales de roses, ces sales bêtes aiment beaucoup les feuilles de vignes et précisément il y a grande vigne ensauvagée sur le coté de la maison où ils s'en donnent à coeur joie, d'autant plus que ce scarabée me semble doté d'une libido fort élevée:
Impossible de les doucher de ma bouteille d'insecticide, il me faudrait peut-être un grand filet à papillons pour les attraper et éventuellement les écraser sauvagement. Disons d'ailleurs au passage que le jardinage est loin d'être un passe-temps innocent, on y apprend vite les défoulements violents: vous devriez voir le sadisme avec lequel je piétine les criocères qui osent s'attaquer à mes lis !
***
C'est en cherchant un moyen plus facile d'éliminer mes scarabées nippons que j'ai trouvé leur point faible: les géraniums, blancs de préférence. Cette recherche nous apprend en effet que la bestiole raffole des pétales du pélargonium (le géranium des jardins) qui les font tomber dans un état catatonique proche de l'extase. Elle se retournent sur le dos, frétillent des pattes et des antennes et leur immobilité en font une proie facile. Un jour plus tard elles dégèlent et remettent ça. On comprendra que ce régime les affaiblit en plus de calmer leur instinct copulateur.
Me voici donc soudainement épris de géraniums blancs et pusher des scarabées de l'Empire du soleil levant,
En prime, une chanson de circonstance:
24 juillet 2011
Retour
En fait, je suis arrivé mercredi midi en direct de Kamouraska, Quel contraste entre l'air frais du Bas-du-fleuve et la chaleur oppressante de notre sud, La rivière est très basse, les gazons jaunes et je crains pour le jardin. De fait l'ami à qui j'en avais confié le soin a oublié/négligé/mal compris l'arrosage. Les astilbes ont cramé, des plantes ont séché ou flétrissent dangereusement. Arrosage sommaire généralisé sous un soleil de plomb même si ce n'est pas recommandé. Et en plus, les poissons rouges sont invisibles. Un raton-laveur ?
La chaleur m'écrase. En rangeant le boyau je casse le collet qui le fixe au robinet, impossible de réparer. GRRR, Et il y a l'épicerie à faire !
Puis finalement tout se tasse. Les poissons sont bien là, cachés sous les feuilles des nénufars. L'ami négligeant m'offre un lift pour quérir un nouveau boyau assorti d'un beau dévidoir qui remplacera celui qui s'est cassé cet hiver. J'arrose à fond partout, découvre que le boyau suintant qui couvre les écarts du jardin est fendu, petite réparation à faire, mais il fait trop chaud. De beaux orages passent sans laisser de pluie.
Et au matin de ce samedi encore trop caniculaire une belle récompense:
Il fait frais en ce dimanche matin. Je connais quelqu'un qui va passer sa journée au jardin.
Et mon voyage en Gaspésie ? Superbe, du beau temps de belles découvertes. Je vous en parlerai ces prochains jours....
13 juillet 2011
Songes de la mi-été
Belle journée fraîche, une grosse averse vient de noyer mes velléités de jardinage. tiens pourquoi pas quelques nouvelles du Jardin ?
L'étang a maintenant trois nouveaux habitants, des poissons rouges qui seront nourris et logés en souhaitant qu'ils jouent bien leur rôle de prédateurs des larves de maringouins qui pullulaient un peu trop. Souhaitons que les ratons-laveurs du coin ne les découvrent pas.
Parlant de locataires mes amis d'en haut finissent de déménager, j'ai donc un splendide trois et demi à louer avec vue imprenable :
Pour le reste, l'été se passe bien je lis pas mal, Hier, je me suis enfoncé dans la correspondance de Mme de Sévigné et de sa fille. Plein de potins en direct de la cour de Louis XIV. On rêve d'avoir assisté comme elle a une pièce de Molière jouée par l'auteur...
Je suis au mitan de mes vacances, comme de coutume, je ne les vois pas passer. Je quitte demain pour la Gaspésie, en reconnaissance pour l'excursion de cet automne. Je ne suis pas trop fâché d'échapper aux travaux de la rue voisine que la ville refait en profondeur. Outre le bruit des machines, les vibrations du compactage déclenchent de nombreux micro-séismes qui finissent par agacer. La maison vibre toute la journée. Heureusement qu'elle est solide.
J'espère.
2 juillet 2011
Friches
C'est toujours un peu la même chose, juin arrive, c'est l'été et après la fin des classe il y comme un goût de ne rien faire ou plutôt de se laisser aller doucement sans horaire, à faire des choses que j'aime sans pression. Le jardin est un peu en friche, il me reste encore à planter des choses parce que cette semaine j'étais plutôt lectures.
Il faut dire que j'ai profité de la Saint-Jean pour aller voir ma mère et mes vieux amis sur la rive-sud de Montréal. L'occasion faisant le larron j'en profite aussi pour aller chez mon libraire de livres anciens dans le vieux village. C'est son bazar bouquins annuel où il solde des boites et des boites de livres à 1$. Les chasseurs comme moi arrivent tôt le premier jour quitte à déballer une partie du stock. Et on pile. Pour ma part j'en suis sorti avec 80 bouquins. Dans le lot un géographie universelle incomplète de 1875, un vieux Jules Vernes plein de gravures, un manuel du parfait curé de 1750, de beaux vieux livres etc.
Dans ma pile, il y avait quelques éditions originales de Julien Green numérotées et reliées qui valaient 75$. Étonné de cette aubaine, mon libraire me dit que plus personne ne le lit, qu'il fait partie de ces auteurs trop 20e siècle qu'on oublie. C'est dommage. J'ai passé une agréable semaine à lire son journal des années 1981 à 1984. C'est fascinant de comparer le regard de ce vieux monsieur octogénaire, académicien, gai et catholique sur une période que j'ai vécue dans la jeune vingtaine.
Le quotidien de Green est à des années lumières du mien à cette époque, ses journées se passent en écriture, en lectures, à écouter du classique à voyager et à visiter des musées. contenu je dirais presque classique et convenu des journaux écrivains de sa génération. Pour ma part, je survivais entre les études, les boulots précaires, les récessions, la déprime post-référendaire mais aussi la grosse coop d'habitation, les soirées en ville avec les copains théâtreux, mes premières plates-bandes...
C'était aussi le temps les derniers soubresauts de la guerre froide, qui inquiétaient Green et le renforçaient dans son pacifisme inquiet. Le même que moi. Le temps du better red than dead, de la bêtise reaganienne, du début de la déconstruction de l'état-providence et de la mondialisation concomitante.
Et pendant que Green écoutait Schumann, j'écoutais ceci:
Restent les nouvelles inquiétudes.
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