5 avril 2009

Dessine moi (avec) un mouton

On connaissait le génie des alpages et ses moutons délriants mais ça ce sont des bergers brillants


Trouvé chez Naked Capitalism

4 avril 2009

Rapaillages d'un samedi

Juste avant d'écrire ce billet j'étais allé fumer une cigarette sur la galerie, histoire de profiter du temps doux et de voir si les fleurs se pointent. C'est alors que j'ai fais oups !

Le muret du coté est finalement tombé. Depuis quelques semaines il était bombé et probablement que les pluies d'hier ont en quelque sorte crevé l'abcès. Ce n'est pas une surprise, il était tombé déjà juste avant que j'emménage ici et disons que sa reconstruction s'est faite à l'abri de toutes les règles de l'art. On ne doit pas empiler plus que quatre de ces horribles blocs de béton, il y en a six ou sept. Comme en plus le très chaouin propriétaire précédent a mal posé les tuyaux de drainage, le limon sableux du mort-terrain se sature d'eau, devient visqueux et en coulant fait s'écrouler le muret.

Résultat final: je vais rescaper les bulbes de tulipes déterrés brutalement et voir si au fond ce muret sert à quelque chose. La pente plus au fond tient bien sans blocs et comme ils sont horriblement laids...

On rebloguera plus tard.

Petite annonce. À donner: blocs de bétons parfaits pour murets de mauvais goût dans banlieues cheap.

28 mars 2009

Premières fleurs

Il a fait un temps superbe aujourd'hui. Et voici mes premières fleurs
Des crocus évidemment. Souvent faux signal du printemps réel, il neigera encore, mais il y a un certitude: le cycle des fleurs est en marche.

Et on est deux semaines en avance sur l'an dernier ;-)

27 mars 2009

Limites techno

Je me rends compte que j’ai des limites aux technologies. Je crois que c’est sain. Je ne m’en vante pas tellement. Elles viennent souvent d’une simple paresse. Ainsi Twitter. Suis bien trop lâche pour faire rapport de ce que je fais. D’autant que je pense que ça n’a strictement aucun intérêt pour qui que ce soit.

De même, je n’ai pas de téléphone portable. Si je ne suis pas chez moi, c’est que je suis occupé à autre chose, alors je ne vois pas l’urgence. Suis ailleurs. Sans compter que cela évite cette question ridicule : Té où ? Question oiseuse que la ligne «terrestre» évite. (La métaphore est intéressante: peut-il y avoir une liaison autre que terrestre ?)

Il arrive de temps en temps que le cell d’un étudiant sonne en classe. Ils en sont toujours très gênés et la classe ridiculise souvent le coupable. C’est agaçant, mais j’en profite souvent pour faire remarquer à l'ensemble des étudiants à quel point ils sont esclaves, communicables à merci et obligés de rendre des comptes tout le temps et toujours. Je les rassure ensuite un peu en me traitant de vieux croûton qui n'en a pas besoin.

Leurs réactions perplexes me suffisent.

24 mars 2009

Elis Regina

Pas le temps d'écrire alors...



Voici la seule version brésilienne: Au studio. Parce que toute chanson contemporaine est souvent trichée.


Grande chanteuse.

15 mars 2009

Alleluia !

Ça commence à sentir le printemps.



John Cale chante de Hallelujah de Leonard Cohen, une de mes chansons fétiches que je viens de retrouver. Comme le plaisir de marcher en souliers et sans manteau d'hiver.

7 mars 2009

Ces gens là

Curieux, mais j'ai fais un lien entre cette chanson là et la crise.

Jacqes Brel - Ces Gens La

Faut vous dire, monsieur, que chez ces gens là, on ne pense pas,
on compte.

4 mars 2009

Relâche

Quelle belle invention que la semaine de relâche. Une ville comme Sherbrooke redevient provinciale faute d'étudiants. J'avais prévu la passer à corriger mais comme j'ai du retarder mes examens, me voici avec plus de temps que prévu. Pris enfin cette photo de la rivière Saint-François au parapluie magrittien perdu dans les glaces.Du temps aussi pour décrocher et lire. J'ai mis la main sur une des rares choses de Jacques Ferron que je n'avais pas lues, ses lettres à John Grube. Je pense parfois que c'est dans ses lettres et entretiens qu'on saisit bien la profondeur de Ferron, sur cet étrange pays qu'il sentait, comme un psychanaliste s'identifie à son patient. Il me reste cette phrase parmi tant:

Le Québec est comme une bête vivante ; il n'est pas facile à comprendre. Il ne se serait pas choisi pour héros tant d'hommes forts s'il n'était pas peureux

Tout le problème étant qu'il les choisit louseurs, ce qui lui permet de demeurer dans les limbes. Par peur d'exister.

***
Je ne savais pas trop quoi penser de cette histoire de reconstitution de la bataille des Plaines d'Abraham. Autant il est bizarre de vouloir célébrer une défaite, autant je ne vois pas tellement de problème à laisser jouer aux soldats des adultes déguisés en costumes d'époque. Grâce au site de l'ONF j'ai vu le film de Jaques Godbout sur la question. J'ai un vague souvenir que Le sort de l'Amérique n'avait pas été tellement bien accueilli à l'époque.

Au fond, j'aime bien le point de vue qui ressort du film: les Plaines d'Abraham sont une défaite de la France, pas celle des Canadiens du temps. D'ailleurs la nation canadienne-française n'existait pas encore à l'époque. Là dessus, je suis du même avis que Ferron ou Fernand Dumont: ce qui sera la nation québécoise commence à poindre vers 1840. C'est à dire au moment où Lord Durham saisit la teinte nationaliste des troubles de 1837 au Bas-Canada. alors que la même révolte dans le Haut-Canada n'était que sociale et anti-coloniale. Que ces événements soient suivis par la parution première histoire nationale du Québec, celle de Garneau en est un symptôme évident.

***
Une seule chose m'a un peu agacée dans le film de Godbout: ce vieux cliché de l'histoire qui n'est plus enseignée au Québec et que c'est donc dommage. C'est faux. Le problème est plutôt qu'à force de se chercher une légimité scientifique l'histoire n'est plus un récit. Le voudrait-elle qu'elle serait mise en pièces par la post-modernité ambiante. Sans compter qu'elle oblige à penser qu'on a pu vivre autrement, ce qui nuit à la consommation des ménages, seule clef la relance économique.

Et je ne parle pas des obstacles au commerce.

26 février 2009

À la santé de ma nièce

Depuis quelques années j'héberge ma nièce qui aime bien la danse et la chorégraphie. Ce n'est pas ma spécialité. Mais luii ai montré celle là. Elle a été surprise. Et comme c'est sa fête, cadeau.



You're gotta be be cool for the world's that's commin' ahead

24 février 2009

Indécrottables.

On lit sur Cyberpresse une excellente suggestion de deux doctorants en économie et en sciences politiques : confier la gestion des avoirs de la Caisse de Dépôt au secteur privé qui serait plus efficace que le public.

Que voilà une bonne idée! Je suggère des noms: Citigroup, AIG assurances, Lehman Brothers Goldmann Sachs et autres grands noms de Wall Street. Toutes des entreprises en si bonne santé financière qu'on aurait ainsi accès à l'argent du gouvernement américain pour renflouer la Caisse.

En plus, on économiserait énormément en frais de gestion: Le PDG de la Caisse de Dépot reçoit un salaire de base de 450,000$ plus disons un million en bonis divers. Arrondissons à 1,5 millions de dollars. Pour gérer des actifs un peu moindres, le PDG de la Banque Nationale du Canada encaisse 4,7 millions. On imagine les salaires des cadres à l'avenant.

***
Si j'avais ces deux zozos comme étudiants, je crois que je leur suggèrerais une carrière dans la soudure ou l'entretien ménager.

20 février 2009

Un peu de botanique

Marie-Victorin est un de mes héros intellectuels. Je ne m'étendrai pas ici sur ses qualités scientifiques ou littéraires, mais la Flore Laurentienne est un des grands livres québécois; il m'a d'ailleurs permis de passer à travers le seul Réjean Ducharme que j'aie lu, l'Hiver de force (que j'ai adoré). Il avait également un curieux sens de l'humour: voici un extrait des notes d'un cours d'été qu'il donnait début 1940:


Trouvé sur le site Flore Laurentienne *

Mais voilà, dans sa clef d'identification, Marie-Victorin a oublié de définir au long les congrégations des espèces de Cornettacées. Sauras-tu, lecteur, m'aider à les identifier ? Je n'en connais que trois. (C.N.D, C.S.A et S. SS NN J.-M.)

Étant de sexe masculin, je suis plus familier avec la famille des Romanocollinacés.


*Et chapeau à la dame qui s'en occupe, c'est un grand, noble et beau travail.

17 février 2009

Les oligarques

Je vous gâte aujourd'hui. Deux topos en un jour. Et toujours sur le front économique. Promis, je reviens à d'autre chose en fin de semaine.

C'est une entrevue de Simon Johnson, ancien économiste au FMI maintenant universitaire, qui parle avec Bill Moyers dans son Journal sur PBS.



C'est que au fond les grands banquiers étant les seuls à comprendre (et encore) ce qu'ils ont fait ces dernières années. Ils sont aussi les seuls experts en mesure d'en évaluer les dégâts. Tout le problème vient de ce qu'ils se sentent tellement au dessus du monde qu'ils se croient encore les sauveurs du monde qu'il ont détruit eux-mêmes.

Et savourez ce deuxième extrait. On y voit mon sénateur vermontois préféré Bernard Sanders carrément excédé ne pas comprendre pourquoi ces mêmes banquiers sont toujours là, à bouffer les milliards de l'état, à en demander d'autres alors que leurs banques sont insolvables.



C'est ce capitalisme rentier, nageant dans les fictions financières qui coule actuellement. S'il croit encore à ses chimères il est bien seul.

L'iceberg de la réalité a frappé.

* Fin de l'entretien ici.

Simon Johnson est un des contributeurs d'un autre excellent blogue de crise: The baseline scenario.

Récessions comparées

Un autre intéressant petit graphique:
Désolé pour la mise en page.

C'est une comparaison d'indices boursiers en crise.Pour les non-initiés, bear market est de l'argot financier pour un marché baissier (1) . La courbe indique la baisse en % des indices depuis le pic pré- récession . Ma prédiction ? On accote 1929 cet été.

Trouvé chez dshort via Calculated risk

(1) Et non pas le surnom d'un bar bien connu du village gai, au coin de Sainte-Catherine Est et Papineau.

14 février 2009

Saint -Valentin

La Saint-Valentin a été inventée pour vendre des cartes.
Pour les couples. Je ne suis pas en couple.
En voici un, légendaire.
Ginger Rodgers et Fred Astaire dans Swing Time.
Comme dans ce temps là, ça distrait des dépressions ambiantes

Essayez de faire pareil avec votre chum ou votre blonde.

8 février 2009

Encore plus chaouin

Comme vous le voyez j'ai ravaudé un peu ce blogue. Du vieux bois, ça fait plus chaouin. Malheureusement dans l'opération j'ai perdu ma liste de liens, j'en ai remis quelques-uns mais c'est longuet comme opération, alors ne vous gênez pas pour réparer les oublis que j'ai fait en me laissant un commentaire. Et ne le prenez pas personnel.

Un chaouin ça travaille chaouinement

3 février 2009

Un beau graphique


Que j'ai trouvé chez Some Assembly Required qui l'a trouvé dans The Oil Drum

Heureusement que les patrons doivent travailler moins longtemps pour payer l'essence. Ils peuvent se consacrer à bummer quelques milliards aux gouvernements.

2 février 2009

Parlez, parlez...

Un ami m'envoie le discours de poodle en chef légionnaire honoraire. Soyons franc, il a un bon rédacteur.

Soixante-dix ans plus tard, lors de son voyage initiatique aux
Etats-Unis, Alexis de Tocqueville passera 15 jours au Canada. Il sera
marqué par le Québec.

A son correspondant, l'Abbé Le Sueur, il écrira ceci dans une lettre
datée du 7 septembre 1831 :

«Ce qui nous a intéressés le plus vivement au Canada, ce sont ses
habitants. Je m'étonne que ce pays soit si inconnu en France. Il
n'y a pas six mois, je croyais comme tout le monde que le Canada
était devenu complètement anglais. (...)

Aujourd'hui, il y a dans la seule province du Bas-Canada 600 000
descendants de Français. (...) Ils sont aussi Français que vous et
moi. (...) Comme nous, ils sont vifs, alertes, intelligents,
railleurs, emportés, grands parleurs et fort difficiles à conduire
quand leurs passions sont allumées.»


Il me semble voir Jean Charest à sa maison de North Hatley ou de Westmount lisant la correspondance de M. de Tocqueville. Ben sûr.

***

Ce texte contient même ceci:
Aujourd'hui, la relation entre la France et le Québec met en scène deux peuples adultes et libres, séparés par un océan, mais réunis par l'histoire, par le sang et par le coeur.
Ah bon. Le Québec est libre ? Faudrait prévenir le fédéral. Ou la vice-reine. Voire notre souveraine. Et quand on lit que le tout ça se passe sous l'oeil attendri du co-légionnaire plus ancien qu'est Paul Desmarais, mentor et ami du président de la République Française, on comprend qu'il en a remis une couche sur l'unité canadienne.
Puis, Nicolas Sarkozy a repris à peu de choses près les termes qu'il avait utilisés l'automne dernier à Québec pour manifester son appui à l'unité canadienne. «Croyez-vous que le monde avec la crise sans précédent qu'il traverse a besoin de division? A besoin de détestation?» a-t-il dit.

«Est-ce que pour prouver qu'on aime les autres, on a besoin de détester leurs voisins? Quelle étrange idée! Est-ce que le message de la Francophonie ne doit pas être un message de rassemblement, d'union, un message d'entente, d'ouverture, de tolérance», a ajouté M. Sarkozy
Ça aurait pu être dit par Jean Charest (ou Jean Chrétien) un certain automne 1995. On l'invitera sans doute la prochaine fois. Dans un rallye d'amour financé illégalement avec l'argent des contribuables. Avec des odes à la diversité. À l'identité. À la différence. Dans la mesure où elles ne nuisent pas au commerce.

À Power Corporation, on a essuyé une larme. De joie.

Les pions sont bien placés.

28 janvier 2009

Blogueurs de crise

Il fait mauvais ce soir. Pour les automobilistes s'entend. Le 14 février hante Sherbrooke. Ce n'est pas qu'on soit obsédé de la Saint-Valentin, c'est plutôt qu'on se souvient de celle il y a deux ans où la ville avait bloqué. Tantôt la côte King était fermée. Ça semble moins pire ce soir. Je suis au chaud, j'écoute Dylan, en buvant un bon petit rouge ramassé à la Régie tantôt.

***

Depuis les derniers mois, je suis attentivement l'actualité économique et comme j'ai l'intention de ravauder mon blogue dans les prochains jours, pourquoi ne pas y inaugurer une liste de blogueurs de crise que je suis régulièrement. Of course la plupart de ces sites sont en anglais (suis ouvert aux suggestions). Anyway money talks. In english ouite parfois ze frenche accentte. Et pour se mettre dans l'ambiance, quelques chansons de circonstance.


David Byrne, The sound of buisness (Music for the Knee play)


Leonard Cohen, the Future, the future.

Et si tout cela vous déprime, un peu de rock indépendant français :
Pigalle, Renaitre, Regards affligés...


Le plus classique est Paul Krugman. Il écrit dans le New York Times. Il est prix Nobel. Il a son blogue. Dans les quasi institutionnels, par le sérieux et parce qu'ils ne sont pas inféodés, il y a Calculated Risk blogue immobilier mais qui déborde sur l'économie, ses graphiques sont légendaires. Naked Capitalism (titre prophétique, le roi est effectivenet nu) reprend les textes du jour et les déconstruit soigneusement. Un dernier, Jesse, réfugié en Suisse évidemment, où il tient un Café Américain parfois amer mais toujours lucide. Je serais malhonnête de dire que je comprends toujours ces experts, mais à force de les fréquenter ils me donnent l'intelligence de choses que je ne comprends pas.

***

Dans ce monde, il y a des piétons astucieux. Tropical bear est le genre d'amateur français comme on les aime. De l'île de la Réunion cet amateur serait riche à Wall Street mais voilà, c'est un bricoleur astucieux et lucide comme on en voit dans les films de Tati, mettons. Comme c'est un prof, il a le souci d'expliquer, aussi ses archives sont riches. Dans le genre britannique, tongue in cheek, j'adore Some assembly required, parce que il a inventé une forme de bloggage qui est un exercice de style, une forme, mais aussi un fond qui n'oublie jamais la dimension bêtement écologique de cette crise.

***

Dernier groupe, que j'appellerais les résistants. De ceux là il y en a plein de québécois qui sont déjà la et d'autres que je devrais ajouter. Ils auront leur note à eux seuls. Signalons pour ce soir quelques américains. C'est qu'il y en a qui ne croient plus aux USA. Qui pensent que tout va s'effondrer. C'est une idéologie à laquelle je n'adhère pas trop, celle des survivialistes, de ceux qui se préparent en amassant des réserves de nourriture et des gros guns, préparés qu'ils seraient à la catastrophe à venir. Mais est-ce une idéologie si différente de celle des granos des années 1970 ? Et pour avoir habité à la campagne il est utile de se faire des réserves, au cas où.

De ces très noirs prophètes, j'ai dit comme j'aimais Clusteredfuck Nation, critique des banlieues infinies dans lesquelles ont vit en général. J'aime bien aussi les cris de ce très vermontois Ashes to Ashes, lui aussi préoccupé de ce que les USA soint aux abonnés absents. Et si il y a beaucoup de merdes paranoiaques beauf dans ce mouvement de survie (ceux qui amassent les fusils plus que les grains ou les fêves) mais Dégringolade me semble plus critique, plus humain. Parce que entre une recette de bière maison ou de fêves de survie, il n'a pas oublié qu'on a besoin de livres.

En ce sens, c'est un sage.

26 janvier 2009

Muray le disque



Ceux qui lisent ce bloque depuis un certain temps savent le plaisir que j'ai à fréquenter ce grand auteur qu'était Philippe Muray. C'est sans doute un des meilleurs critiques de cet étrange monde dans lequel on vit. Son ironie brillante et râleuse, son verbe abondant, quelque part entre Céline et San Antonio, avait le don de gratter le bobo parisien ou québécois là où ça fait mal, c'est à dire dans la conscience.

Il s'était amusé à écrire Minimum respect, un recueil de poèmes, des vers de mirliton disait-il. Non sans avoir assassiné la poésie au préalable:

«Ce qu'il y avait d'inqualifiable, jusqu'à moi, dans la poésie, c'était la poésie. Celle ci évacuée, on remarquera qu'il ne reste que de l'excellent : rimes se situant très en dessous du seuil de pauvreté, alexandrins utilitaires, strophes de circonstance aggravante, rythmes contraints à la plus sourcilleuse efficacité, refrains contagieusement drôles, cadences infernales, comptines mémorables, vers enfin, vers luisants de bonheur de ne plus avoir de troubadours sur le dos comme par le passé.
(...)
Ce qui handicapait la poésie, jusqu'à moi, c'était le lyrisme, c'est à dire la poésie»

Philippe Murray, Minimum respect, Éditions Les Belles Lettres
Belle intro non ?

***

Sur une idée de Benoît Duteurtre, Muray avait eu le temps d'enregistrer quelques-uns de ses poèmes, accompagnés de musiciens étonnants. Cela donne un des disques les plus jouissifs que j'aie entendu depuis longtemps. Surprenant. Je se me serais pas attendu à ce qu'un néo-réactionnaire, honni aux Inrocks soit si près du slam. Écoutez plutôt:




Celle-ci est surprenante d'actualité:



Et une dernière pour la route, dans un genre différent:



Curieux comme ça fait penser à un certain poème fameux.

Le disque de Murray est disponible sur son site
. Plein de ses textes traînent sur internet, amusez vous.

Pendant que l'histoire s'arrête.