2 février 2009

Parlez, parlez...

Un ami m'envoie le discours de poodle en chef légionnaire honoraire. Soyons franc, il a un bon rédacteur.

Soixante-dix ans plus tard, lors de son voyage initiatique aux
Etats-Unis, Alexis de Tocqueville passera 15 jours au Canada. Il sera
marqué par le Québec.

A son correspondant, l'Abbé Le Sueur, il écrira ceci dans une lettre
datée du 7 septembre 1831 :

«Ce qui nous a intéressés le plus vivement au Canada, ce sont ses
habitants. Je m'étonne que ce pays soit si inconnu en France. Il
n'y a pas six mois, je croyais comme tout le monde que le Canada
était devenu complètement anglais. (...)

Aujourd'hui, il y a dans la seule province du Bas-Canada 600 000
descendants de Français. (...) Ils sont aussi Français que vous et
moi. (...) Comme nous, ils sont vifs, alertes, intelligents,
railleurs, emportés, grands parleurs et fort difficiles à conduire
quand leurs passions sont allumées.»


Il me semble voir Jean Charest à sa maison de North Hatley ou de Westmount lisant la correspondance de M. de Tocqueville. Ben sûr.

***

Ce texte contient même ceci:
Aujourd'hui, la relation entre la France et le Québec met en scène deux peuples adultes et libres, séparés par un océan, mais réunis par l'histoire, par le sang et par le coeur.
Ah bon. Le Québec est libre ? Faudrait prévenir le fédéral. Ou la vice-reine. Voire notre souveraine. Et quand on lit que le tout ça se passe sous l'oeil attendri du co-légionnaire plus ancien qu'est Paul Desmarais, mentor et ami du président de la République Française, on comprend qu'il en a remis une couche sur l'unité canadienne.
Puis, Nicolas Sarkozy a repris à peu de choses près les termes qu'il avait utilisés l'automne dernier à Québec pour manifester son appui à l'unité canadienne. «Croyez-vous que le monde avec la crise sans précédent qu'il traverse a besoin de division? A besoin de détestation?» a-t-il dit.

«Est-ce que pour prouver qu'on aime les autres, on a besoin de détester leurs voisins? Quelle étrange idée! Est-ce que le message de la Francophonie ne doit pas être un message de rassemblement, d'union, un message d'entente, d'ouverture, de tolérance», a ajouté M. Sarkozy
Ça aurait pu être dit par Jean Charest (ou Jean Chrétien) un certain automne 1995. On l'invitera sans doute la prochaine fois. Dans un rallye d'amour financé illégalement avec l'argent des contribuables. Avec des odes à la diversité. À l'identité. À la différence. Dans la mesure où elles ne nuisent pas au commerce.

À Power Corporation, on a essuyé une larme. De joie.

Les pions sont bien placés.

4 commentaires:

Inukshuk a dit...

Wow!

Je vais reproduire ton billet dans le forum Francophonie 24/24 avec ta permission anticipée.

T'en rappelles-tu? Tu t'y étais inscrit dans un moment d'égarement... ;)

http://politiclub.forumpro.fr/index.htm

Anonyme a dit...

Merci c'est gentil, j'aime bien ce texte. D'autant que j'ai lu aujourd'hui que M. Desmarais est deux crans au dessus de Charest dans la légionarité.

En passant je te lis toujours avec plaisir même si je ne laisse pas de commentaires. Quand on a rien à ajouter c'est qu'on aime bien :)

É. a dit...

Popaul en mène large, depuis quelques mois…

Écrit par le magoua (qui n'est pas un) a dit...

Il a besoin de tous ses tits amis, parce que même si son gros bateau est en relative bonne santé il y a pas mal de maelstroms autour.